
En Grèce, plusieurs propriétaires de supercars pensaient pouvoir éviter les taxes locales en conservant des immatriculations étrangères. L’idée pouvait paraître simple : circuler avec des plaques venues d’un autre pays et rester sous les radars administratifs. Mais depuis fin 2025, les autorités grecques croisent les données des péages avec les fichiers fiscaux et douaniers, transformant les caméras de route en outil de contrôle redoutablement efficace.
Des péages devenus outils de surveillance fiscale
Les caméras installées aux péages ne se contentent plus d’enregistrer les passages. Elles permettent désormais d’identifier les véhicules, puis de comparer leurs données avec les informations disponibles auprès des services fiscaux et douaniers.
Ce dispositif a permis de repérer 229 voitures de prestige qui auraient dépassé leur durée légale de circulation sur le territoire grec. Une voiture immatriculée à l’étranger ne peut en effet pas rouler indéfiniment dans un autre pays sans respecter les obligations locales.
Ferrari, Porsche et Bentley dans le viseur
La liste des véhicules saisis donne le ton. On y retrouve des modèles signés Ferrari, Porsche ou Bentley, avec certains exemplaires valorisés jusqu’à 750 000 €. Au total, la valeur des voitures concernées dépasse les 10 millions d’euros. Ce qui pouvait passer pour une astuce administrative devient donc une affaire très coûteuse pour leurs propriétaires.
Une unité spéciale envoyée sur le terrain
Les informations collectées par les systèmes de péage ont ensuite permis à l’unité spéciale DEOS d’agir de manière ciblée. Des descentes ont été menées dans des garages et des concessions afin de localiser et saisir les voitures concernées.
L’enquête ne s’est pas arrêtée à la fraude fiscale. Les forces de l’ordre ont aussi découvert des véhicules aux numéros de série modifiés, certains pouvant être volés. De la drogue a également été retrouvée lors des opérations, donnant à l’affaire une dimension bien plus grave que le simple contournement de taxes.
Une méthode qui pourrait faire école
Cette opération grecque rappelle une règle souvent oubliée : une voiture immatriculée à l’étranger reste soumise à des limites de circulation lorsqu’elle séjourne durablement dans un autre pays.
Avec l’usage combiné des caméras, des bases douanières, des fichiers fiscaux et de l’intelligence artificielle, les contrôles deviennent plus précis. Il ne serait donc pas surprenant que d’autres pays s’inspirent de cette méthode pour traquer les abus similaires.
En Grèce, les plaques étrangères ont cessé d’être un passe droit : elles sont devenues le point de départ d’une saisie à plus de 10 millions d’euros.