Audi Cabriolet 8G/B4 : une occasion à saisir
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Audi Cabriolet 8G/B4 : une occasion à saisir

Par Paul Clément-Collin - 12/11/2025

Il est étonnant comme la perception des marques peut changer (en bien ou en mal, et parfois de façon irrationnelle) en à peine quelques années. Pour beaucoup, Audi est sorti des limbes pour se positionner comme une marque premium, alors que pour moi, en perdant son côté challenger et (un peu) iconoclaste, elle a perdu beaucoup de ses attraits. Au début des années 90, je l’avoue, j’étais très fan d’Audi car elle représentait « l’alternative » aux BMW et Mercedes, tout en restant encore peu connue du grand public : c’était à mon sens une excellente façon de rouler original tout en tutoyant de très près le premium ou la performance. Aujourd’hui, tout le monde roule en Audi. Tant mieux pour la marque et pour ses finances, mais à mes yeux, elle a perdu tout intérêt (enfin presque hein, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit).

Parfois, je regrette cette époque où je pouvais dire que j’aimais les Audi. Aussi, aujourd’hui, j’ai décidé de revenir en 1991, pour vous parler d’un modèle que j’ai aimé surtout pour sa ligne : la Cabriolet 8G/B4. Cette voiture est souvent appelée Audi 80 Cabriolet, mais sachez qu’elle n’a jamais officiellement porté le patronyme de la berline compacte 80, tout comme le Coupé dont elle dérive étroitement.

Présentée au Salon de Genève 1991, le Cabriolet sera commercialisé en mai de la même année. C’est là que les appellations prêtent à confusion. Au même moment, la berline 80 passe de la version 89/B3 à la version 89/B4. Le Coupé lui, continue de s’appeler 8B/B3, tandis que ce nouveau cabriolet prend le nom de 8G/B4. Pourtant, les filiations sont un peu plus compliquées. Tout commence avec le Coupé, qui reçoit un châssis de B3 mais raccourci, renforcé, et doté de suspensions arrières modifiées et d’un nouveau système de suspension avant. Ce châssis inspirera celui de la berline 80 « 89/B4 », mais sera utilisé tel quel par le Cabriolet qui donc utilise un châssis B3 malgré son nom B4 : vous suivez toujours ?

Peu importe : le châssis du Coupé B3 est idéal, car son renforcement initial permet d’assurer une grande rigidité au Cabriolet. Cette rigidité lui permet de se passer d’arceau, et de gagner en pureté. De toute façon, il n’y pas photo : la ligne du Cabriolet est la plus réussie des dérivés de l’Audi 80. Bénéficiant du restylage des 80 B4, elle gagne en élégance grâce à sa capote en toile, perdant au passage le côté fastback un peu malheureux du Coupé. D’une certaine manière, elle préfigure le style très fluide de l’Audi A8 qui sortira d’ici peu (lire aussi : Audi A8).

L’Audi Cabriolet, c’est une autre façon de voir la route, assez proche de ce que pouvait proposer à l’époque Saab avec sa 900 Cabriolet (lire aussi : Saab 900 Cabriolet), orientée vers le plaisir de rouler cheveux au vent, à 4, de façon originale et décalée, sans recherche de sportivité. Une vision très américaine du cabriolet en quelque sorte. D’ailleurs, le Cabriolet 8G/B4 ne recevra jamais la transmission intégrale ni de version S2 : c’était pas son truc le sport.

Niveau motorisation, l’Audi Cabriolet offrira pourtant un joli panel. D’abord lancée en version 5 cylindres 2.3E à la musicalité si particulière et 133 ch, elle recevra rapidement un V6 de 2.8 litres et 174 chevaux, puis en 1993 un second V6 de 2.6 litres et 150 chevaux. Conscients que ces moteurs sont peut-être un peu trop élitistes, les ingénieurs d’Audi vont aussi proposer un 4 cylindres à partir de 1993 (un 2 litres de 116 ch), puis un deuxième en 1995 (2 litres 16v de 140 ch). Entre temps, adieu le 5 cylindres qui disparaît en 1994. Un troisième 4 cylindres apparaîtra en 1997 (un 1.8 litre de 125 ch), condamnant le 2 litres de 116ch.

Mais en 1995 les ingénieurs et marketeurs ont surtout une idée incongrue : « et pourquoi pas foutre un diesel dans un cabriolet ». Moi je dis que la réunion devait être arrosée ce jour là, à coup de Schnaps ou de Wiessbier, je sais pas ! Toujours est-il que c’est très fièrement que la marque aux anneaux glisse un mazout de… 90 ch sous le capot de l’Audi Cabriolet. Une décision déjà prise chez VW avec la Golf Cabriolet, et reprise par d’autres pas la suite…

La carrière de l’Audi Cabriolet survivra à l’Audi 80, cohabitant avec la nouvelle Audi A4 jusqu’en 2000. Cependant, les volumes de production relativement faible la feront quitter les chaînes d’Audi pour celle de Karmann dès 1997. Aujourd’hui, c’est une occasion de s’offrir des 5 cylindres, voire des V6 (après, vous pouvez toujours opter pour le mazout, hein), 4 places, une ligne superbe, une finition déjà aux standards (surtout au fil des années), le tout pour des tarifs relativement abordables. Et oui, le Cabriolet est relativement oublié, et c’est tant mieux, cela laisse la possibilité de faire un achat malin !

Paul Clément-Collin

Paul Clément-Collin

Paul Clément-Collin est une figure reconnue du journalisme automobile français. Fondateur du site culte Boîtier Rouge, sacré meilleur blog auto aux Golden Blog Awards 2014 et cité parmi les médias auto les plus influents par Teads/eBuzzing et l’étude Scanblog Advent, il a ensuite été rédacteur en chef de CarJager et collaborateur de Top Gear Magazine France. Journaliste indépendant, spécialiste des voitures oubliées, rares, iconiques ou mal-aimées, il cultive une écriture passionnée et documentée, mêlant culture auto, design, histoire et anecdotes authentiques, et intervient également sur des événements majeurs comme le Mondial de l’Auto.

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