<p>Pour allier l’utile à l’agréable, les équipes de Motorsport s’attelèrent donc à la tâche, sans doute fin 1986 ou début 1987. Pour réaliser leur petit <strong>pick-up vitaminé</strong>, ils ne prirent pourtant pas une véritable M3 comme base, mais un simple <strong>cabriolet E30</strong> alors à disposition dans les ateliers de Gaching (à cette époque, le cabriolet M3 n’est pas encore commercialisé). A cela trois avantages : une <strong>disponibilité immédiate</strong>, une configuration déjà “décapsulée” favorisant la transformation et surtout un <strong>renforcement de la caisse</strong> déjà effectué pour conserver la rigidité.</p>
<p>L’utilisation d’un <strong>cabriolet classique</strong> explique donc l’absence d’extension d’ailes que les techniciens ou ouvriers de chez M ne jugèrent pas utiles de rajouter. En revanche, cet étonnant pick-up évoquant la Chevrolet El Camino ou les puissants Holden Ute recevra tous les autres attributs de la M3 coupé. Enfin, pas tout à fait : pour des raisons obscures, cette <strong>M3 bricolée</strong> ne reçut pas le <strong>4 cylindres 2.3 de 200 ch</strong> mais sa déclinaison 2 litres conçue pour la 320iS. Cette version sportive de la Série 3 était réservée aux marchés italien et portugais taxant fortement les cylindrées de plus de 2 litres. Pourquoi ce moteur là fut-il choisi plutôt que l’original ? Mystère, mais on peut imaginer que les hommes de Motorsport durent faire avec les moyens du bord et que c’était le <strong>seul bloc disponible</strong> à ce moment-là dans les ateliers.</p>
<p>Pour l’anecdote, cette <strong>M3 Pick-up</strong> fut en partie construite par les apprentis, stagiaires ou jeunes diplômés novices, encadrés par de vieux briscards du département : une expérience permettant de se faire la main et d’acquérir de l’expérience sur un <strong>projet enthousiasmant et utile</strong>.</p>
<p>Le <strong>S14 revisité développait 192 chevaux</strong>, soit 8 petits chevaux de moins que la “vraie” M3. Largement suffisant pour circuler au sein de l’usine, d’ateliers en ateliers, le plateau arrière chargé de <strong>pièces détachées, d’outillages</strong> ou autres pièces de carrosserie. On imagine bien les ouvriers se disputant pour accomplir ce qui ressemblait pourtant à une corvée peu de temps auparavant.</p>
<p>La voiture était renforcée par une sorte d’arceau vitré permettant en outre la pose d’une toile isolant la cabine du froid et de la pluie. La benne, recouverte d’un <strong>inox du plus bel effet</strong>, ne bénéficiait malheureusement pas d’un volet ouvrant à l’arrière, obligeant à soulever les objets lourds plus haut : il fallait bien que le préposé à cette tâche souffre un peu pour apprécier la conduite qui suivait.</p>
<p>Cette voiture n’était pas un concept, mais un <strong>outil de travail</strong> qui resta en service au sein de Motorsport puis BMW M Division jusqu’en <strong>2012</strong>, date à laquelle elle fut mise à la retraite et transférée dans les réserves de BMW. A cette occasion, elle eut droit à une <strong>restauration complète</strong> et un nouveau moteur, le fameux <strong>2.3 litres issu de la vraie M3</strong>. Cependant, il fallait bien lui trouver une remplaçante. C’est pour ça que dès le début de l’année <strong>2011</strong>, le même processus que 25 ans avant fut mené sur la base d’une Série 3 E93 (une version cabriolet donc). </p>
<p>Les travaux commencèrent sur le même principe que sa devancière, mais cette fois-ci en lui greffant dès le départ le moteur de la M3 E90/E92, un <strong>V8 4 litres de 420 chevaux</strong>. Alors que la voiture approchait de sa configuration définitive, un esprit pervers au service marketing ou au service com’ (allez savoir ?) eût l’idée de se servir de cette <strong>M3 Pick-up E93</strong> comme d’un poisson d’avril tout trouvé. Pour les derniers essais de la voiture, on l’emmena donc au Nürburgring en sachant très bien que des images fuiteraient rapidement. Enfin, le <strong>1er avril</strong>, un communiqué de presse annonçait le pick-up comme la <strong>4ème variante de la M3</strong>, après la berline, le coupé et le cabriolet (seul le dernier paragraphe précisait qu’il s’agissait d’un exemplaire unique). </p>
<p>Résultat, de nombreux journalistes ou passionnés tombèrent dans le panneau, à la grande joie des hommes de Garching, tous heureux de leur blague mais surtout de récupérer un <strong>pick-up “de travail” puissant et sexy</strong>. Aux dernières nouvelles, la <strong>M3 E93 Pick-up</strong> est toujours en service et si elle atteint la longévité de sa devancière, elle rendra service jusqu’en <strong>2038</strong>.</p>
<p><b>CARACTERISTIQUES TECHNIQUES BMW M3 E30 Pick-up (1987)</b></p>
<p><b>Motorisation</b></p>
Moteur<strong>4 cylindres, 16 soupapes</strong>Cylindrée<strong>2 302 cc</strong>Alimentationinjection électronique Bosch MotronicPuissance<strong>200 ch</strong> à 6 750 trs/minCouple<strong>240 Nm</strong> à 4 750 trs/min
<p><b>Transmission</b></p>
Roues motricesArrièreBoîte de vitessesBVM à <strong>5 rapports</strong>
<p><b>Dimensions</b></p>
Longueur<strong>4 345 mm</strong>Largeur<strong>1 680 mm</strong>Hauteur<strong>1 370 mm</strong>Poidsnc
<p><b>Performances</b></p>
Vitesse maxi <strong>235 km/h</strong>Production totale<strong>exemplaire unique</strong>
<p><b>Tarif</b></p>
Cote moyenne 2018 nc <br>