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BMW Z1 : retour vers le futur

- 25 janv. 2019

On connaît tous la division Motorsport de BMW, moins celle appelée Forschung und Technik créée en 1985 pour imaginer le futur. Pour marquer le coup, les ingénieurs voués à la recherche et au développement allaient lancer une nouvelle voiture, totalement décalée par rapport au reste de la gamme, inaugurant le Z pour Zukunft (futur en allemand) avec l’étonnante Z1.

Le prototype de la Z1, en 1985

Il faut remettre cette Z1 dans son contexte : à sa présentation en 1987 au Salon de Francfort, rappelez-vous que la gamme BMW compte 4 modèles dans sa gamme : la Série 3 (E30), la série 5 (E28), la série 6 (E24) et la grande série 7 (E32), une gamme séduisante, souvent puissante, mais plutôt sage. Tout l’inverse de la Z1 qui, bien que sage dans sa motorisation (le fameux 6 en ligne de 2.5 litres de 170 chevaux de l’E30 notamment) se voulait ostensiblement dévergondée, avec son look de roadster, sa calandre surbaissée, et ses portes disparaissant dans les flancs.

Zukunft : prévoir l’avenir

Zukunft : tout un programme. Train arrière multibras en Z, intérieur inspiré de l’autre filiale, Motorrad, Cx de 0,36, arceau intégré aux montants de pare-brise, châssis en acier galvanisé, la BMW Z1 est particulièrement moderne pour une voiture des années 80. A l’origine du projet, on trouve le Docteur Ulrich Bez (qu’on retrouvera plus tard à la tête d’un Aston Martin en plein renouveau) et pour le design Harm Laagay (qui avait fait ses preuves en participant au design de la Porsche 924).

Après avoir passé la validation du board de BMW en 1986, puis celle du public en 1987, les commandes furent enregistrées dès 1988 et la production commença au début de l’année 1989 : pour l’acheteur, il fallait donc patienter presqu’un an pour prendre livraison de sa Z1. Bien que vendue 375 000 francs à l’époque, elle n’eut aucun mal à trouver les 5 000 clients requis dans l’objectif de la direction. Mieux, on en fabriqua 3 000 de plus histoire de satisfaire les amateurs.

Un design moderne pour une Z1 iconoclaste

Pourtant, malgré son design épatant et son modernisme affiché, la Z1 restait une voiture paisible. Pouvoir conduire portes ouvertes offrait des sensations fortes, certes, mais avec seulement 170 chevaux, un poids relativement élevé de 1 250 kg et une boîte de vitesses manuelle à 5 rapports étrangement longue comme une nuit d’hiver, on ne pouvait pas parler de sportive.

Mais comme d’autres avant elle ou après elle (je pense notamment à l’Alfa Romeo SZ/RZ), l’attrait d’une telle voiture n’était pas là : l’exclusivité d’un tel modèle faisait (et fait encore) de vous un homme (ou une femme bien sûr !) à part ; son design faisait (et fait encore) de vous quelqu’un de moderne. Encore aujourd’hui, ces portes disparaissant comme par magie semblent futuristes, tandis que son nez n’a pas pris une ride : mieux, alors que BMW se perd aujourd’hui avec des naseaux disproportionnés, la Z1 reprenait subtilement la calandre de la désormais mythique BMW M1 et prouve que la sobriété est bel et bien une qualité en matière de design.

La première BMW siglée du Z

Il n’empêche, conduire une Z1 aujourd’hui fait toujours son petit effet : les regards se tournent, reconnaissant au premier coup d’oeil une “béhème” grâce à ces petits haricots, mais laissant perplexe sur le nom du modèle. Cette impression de conduire un concept-car est l’apanage de cette drôle de BMW, ce qu’aucun modèle de la marque ne provoquera par la suite (à part peut-être l’i8). La production fut stoppée en 1991, restant sans descendance directe. Il faudra attendre la Z3 en septembre 1995 pour revoir un Z dans la gamme. Et encore, avec son look néo-rétro et sa structure assez traditionnelle, cette dernière usurpait un peu cette dernière lettre. Durant les années 90, BMW Forschung und Technik se concentra sur des études de styles, telles que la fameuse Z13 ou la Z21.

S’offrir de nos jours une Z1 coûtera tout de même plus cher qu’une 325i E30 dotée du même moteur ou qu’une Z3 conceptuellement proche (le roadster 2 places). Selon LVA (2018), il faudra s’acquitter d’un chèque d’environ 85 000 euros (mais parfois plus tant il y a de la spéculation sur les véhicules en série limitée) pour repartir… vers le futur !

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