« Cette voiture ne devrait même pas exister » : le cadre de Mercedes qui parle de la nouvelle AMG électrique
Le secteur automobile vit une véritable mue, et certains choix stratégiques pèsent lourdement sur l’orientation des marques, à l’image de Mercedes qui s’est lancée à corps perdu dans l’électrification totale. L’arrivée de la Mercedes-AMG GT 4 portes tout électrique symbolise ce virage audacieux, mais soulève simultanément de profondes dissensions internes et des doutes sur sa pertinence alors que ventes et confiance du public s’effritent.
Mercedes face à l’obstacle du tout-électrique
L’industrie semblait naguère convaincue que les batteries étaient la solution ultime pour transformer l’automobile avant la prochaine décennie. Emportée par cet élan, Mercedes a choisi de délaisser ses motorisations historiques pour tenter de calquer le succès de Tesla, investissant massivement dans l’électrique. Cette stratégie n’a pourtant pas séduit la clientèle, les résultats commerciaux s’en ressentent et l’atmosphère s’alourdit parmi les équipes, de plus en plus nombreuses à exprimer leur désarroi quant à la direction prise.
Une stratégie influencée par Elon Musk
Dès son arrivée à la tête du groupe, Ola Källenius a clairement affiché l’objectif de transformer la marque, tablant sur une gamme exclusivement électrique à l’horizon 2030. Séduit par les performances boursières de Tesla sous la houlette d’Elon Musk, il investit des sommes colossales dans des modèles comme l’EQS et l’EQE, de grandes berlines censées symboliser le luxe automobile du futur. Cependant, le public freine des quatre fers, particulièrement aux États-Unis, où la nouvelle orientation ne rencontre pas l’adhésion attendue. Au sein du conseil d’administration, certains n’hésitent plus à qualifier ces modèles d’échecs monumentaux, révélant le malaise qui couve. Les pertes cumulées ne se comptent plus : cinq milliards d’euros engloutis dans la conception de la plateforme et ses variantes, sans compter la fabrication ni la communication. Face à ce déficit, la marque n’a d’autre choix à court terme que de procéder à des réductions d’effectifs.
BMW, l’approche du pragmatisme
Pendant que Mercedes s’entête dans une électrification intégrale, BMW a préféré la prudence en optant pour des plateformes adaptables, compatibles aussi bien avec du thermique que de l’hybride ou du full électrique. L’effet se fait sentir : cette année, la part de voitures électriques chez BMW atteint 17,7 %, contre seulement 11,6 % pour Mercedes, qui peine à suivre le rythme. À Munich, ce succès discret contraste avec les déboires de Stuttgart, et les sourires se dessinent dans les rangs bavarois.
La Mercedes-AMG GT 4 portes électrique : un boulet à traîner ?
Le contexte ne pouvait être plus tendu pour l’introduction de la Mercedes-AMG GT 4 portes à batterie. Lancée lors d’un événement à Los Angeles, cette version sportive accumule déjà les controverses. Des investigations menées par la presse allemande soulignent le malaise interne : un cadre, sous couvert d’anonymat, a même affirmé que ce modèle « ne devrait même pas exister ». La raison est simple : les sommes investies dans la plateforme sont si conséquentes qu’abandonner le projet aurait coûté davantage que de mener la commercialisation à terme. À elle seule, la mise au point technique dédiée à la sportivité a dépassé le milliard de dollars.
Simuler l’émotion, masquer le silence
Pour convaincre les passionnés autrefois séduits par le grondement des V8, Mercedes n’a d’autre choix que de recourir à des artifices : générateurs de sons synthétiques et boîtes de vitesses factices viennent pallier le manque de sensations sonores naturellement présentes dans les anciens modèles thermiques. Pendant que d’autres constructeurs, tels que General Motors, réajustent discrètement leur stratégie en ralentissant l’électrification au profit de l’hybride ou du thermique, Mercedes se retrouve piégée par ses engagements passés, contrainte de continuer à avancer sans retour possible.
Dans cette course à l’innovation, et alors que les concurrents s’adaptent à la réalité du marché, le pari audacieux de Mercedes pourrait bien se transformer en épreuve de force.


