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Fiat 124 Sport Coupé : le petit coupé mal aimé

Maxime Mouliney - 4 août 2022

Peut-être l’avez-vous remarqué, l’essence de cette rubrique Autokultur est de faire découvrir des autos ou des histoires peu connues, mais aussi de parler des oubliées et mal-aimées. Si une marque cristallise bien cet aspect de mal-aimée, surtout en collection, il s’agit bien de Fiat. Pourtant, la firme italienne a sorti bon nombre de coupés, cabriolets et petites sportives.

 Parmi les modèles les plus prisés de Fiat en collection, la 124 Spider tient une bonne place. Certainement liée à son passé en compétition. Mais elle n’est pas la seule 124 sportive et désirable. La version coupé a de beaux atouts à faire valoir, évoquant, surtout dans ses deux premières versions, des dessins en provenance des grandes maisons de style italiennes. Comme souvent, me direz-vous, avec ces designers qui adaptent sans vergogne leur propre projet à plusieurs sauces ? Eh bien non ! Le coupé, contrairement au spider, est le résultat du centre de style maison. Il singe les proportions d’auto plus huppées, mais en y regardant de plus près, son style lui est propre, nous y reviendrons plus tard.

L’histoire du modèle débute en 1966 quand Fiat remplace sa 1500, modèle médian de la gamme, joignant les populaires citadines aux luxueuses berlines. La descendante se nomme 124 berline et se pare d’une ligne moderne pour l’époque, c’est-à-dire carrée ! Pour le reste, l’auto fait appel aux solutions éprouvées (moteur avant et propulsion à pont rigide), accompagnées d’une motorisation aux 60ch latins, lui permettant de belles performances. La berline connaît le succès et se voit même élue voiture de l’année 1967. Comme à son habitude, Fiat va rentabiliser son modèle en sortant une gamme complétée par trois dérivés : la Familiare (le break), la Spider et celle qui fait l’objet de notre attention ici, la Sport Coupé. Pour le coupé, le dessin de Fiat mêle élégance et sportivité, mais reste malgré tout consensuel. L’avant reprend les gimmicks des GT de Maranello avec une calandre fine et étirée, bordée de phares ronds et de petits clignotants. Le reste est plus original, notamment avec la grande surface vitrée, signe qu’à l’époque, les coupés faisaient rêver les pères de famille. Certains y retrouveront un peu de Maserati Mexico. En tout cas, si elle rentre un peu dans le rang comparée à son aînée, la sublime Fiat 1500 Coupé (une Ferrari 250 GT Coupé échelle ½), elle présente l’avantage de garder un prix compétitif lui permettant de rencontrer le succès : 14 000 F en prix d’accès, comparés aux 18 500 F d’une Giula GT Junior 1300 aux performances similaires).

Au premier plan, une 124 berline. Elle vous dit quelque chose ? C’est normal, cette boîte à chaussures sera reprise par de nombreux constructeurs, dont Lada.



La 124 Sport Coupé première série, dites AC.

Au style et au prix contenu s’ajoute une dernière pièce de choix, le moteur ! Exit le 1.2 L à arbre à cames latéral de la berline et bienvenue au bloc musical du spider, dessiné par Lampredi (un ancien de chez Ferrari, moteur que l’on retrouvera dans les Delta Integrale). Ce bloc de 1.4 L est équipé de 2 arbres à cames en tête et peut être accouplé à une optionnelle boîte 5 vitesses. L’ensemble promet un alléchant 170 km/h grâce à ses 90 ch. Les dessous sont moins excitants car ils reprennent ceux de la berline, avec cependant des voies élargies pour des soucis de style. On y retrouve quand même quatre freins à disques, communs à toute la famille, ainsi que des amortisseurs et suspensions coaxiaux aux quatre coins de l’auto. Deux barres anti-roulis et une barre Panhard à partir de 1968 complètent un ensemble relativement simple mais moderne et éprouvé, offrant un comportement neutre. L’habitacle est accueillant avec des places arrière suffisamment logeables pour convaincre la belle-mère d’y loger, d’autant que les sièges semblent particulièrement enveloppants. Pour le pilote, l’ambiance est à la fête grâce à une batterie de compteurs et un volant à trou-trou qui flattent l’égo. En bonne Italienne qui se respecte, elle ne manque pas de charme !

L’élégant intérieur des 124 Sport, bien équipé : rétro jour/nuit, aérateurs centraux…


Dès 1969, cependant, et malgré le succès de la première phase, la 124 coupé reçoit un profond restylage (BC). Chose assez rare, c’est cette version qui est souvent la préférée des amateurs. Force est de constater que la nouvelle calandre, comprenant deux optiques sur fond de grille courant sur la largeur complète de l’auto, se virilise telle une américaine. Cela se remarque d’autant plus avec le capot plongeant qui fronce le regard sportif de la nouvelle 124 Sport et la rapproche de sa glorieuse sœur Dino Coupé. L’arrière reçoit des feux plus larges qui, une fois n’est pas coutume, donnent un peu plus de personnalité à l’ensemble. Mais l’évolution ne s’arrête pas là, puisqu’un 1.6 L vient épauler le 1.4 L, promettant 110 ch et une vitesse de pointe de 180 km/h ! Fiat semble par contre définitivement se tourner vers les familles puisque l’auto évolue vers plus de confort, voyant sa tenue de route dégradée. Cela dit, aujourd’hui, cette évolution ne fera pas perdre d’intérêt pour qui cherche un joli coupé 4 places pour de belles balades en famille.

L’avant est nettement plus agressif que celui de la première phase, et se rapproche de la Fiat Dino Coupé


En 1972, la 124 évolue une nouvelle fois pour prendre la dénomination CC. Les moteurs suivent la cadence, Fiat reprenant les moteurs de la 132, avec en tête de file un 1.8 L de presque 120 ch. Le look devient plus disco avec une surprenante calandre, façon bouche de carpe affamée. On aime ou pas, elle donne néanmoins une nouvelle personnalité. L’arrière voit les feux migrer en bord de malle et devenir verticaux, autorisant une malle plus basse pour améliorer le seuil de chargement. La découpe des fenêtres change un peu et continue de donner un aspect plus sportif. Ce qu’elle perd en charme, elle le gagne en modernité, sans devenir désagréable à l’œil pour autant. L’intérieur se voit paré d’un revêtement style alu (en imitation bois sur les AC puis plastique sur les BC), et change enfin son volant en faux bois, dorénavant has-been !

Le second restylage est peut-être plus discutable… mais ne manque pas de personnalité !


Notez la migration des feux pour permettre une meilleure ouverture du coffre. À se fier au sourire de la demoiselle, le style semble toujours plaire !

Alors, laquelle je préfère ? Difficile à dire. Les trois sont les mêmes et pourtant différentes, mais chacune donne l’impression de posséder un objet exclusif, ancré dans son époque, bien qu’assez bon marché. À l’AC le style pur et fluet, à la BC le look sportif, et à la CC le look disco. Dans tous les cas, elles proposeront un habitacle vaste, un ensemble motopropulseur permettant une insertion aisée dans la circulation actuelle et un confort acceptable pour vous permettre de rouler longtemps sur le réseau secondaire. Sans compter qu’elle s’offre à des prix raisonnables (surtout la phase CC). Car, comme beaucoup de modèles Fiat, la 124 Sport Coupé bénéficie d’une histoire limpide, avec une production sur dix ans, et a même connu un beau succès : près de 114 000 exemplaires pour l’AC, 98 000 pour la BC et 75 000 pour la CC. Sans compter les 23 600 dérivés Seat !


 


Pourtant, aujourd’hui, il est rare d’en croiser, la faute à la corrosion ? Bien que certaines pièces soient difficiles à trouver (surtout d’un point de vue carrosserie), elle est, pour moi, un des modèles de production transalpine à réhabiliter pour son style, ses performances et sa cote assez attrayante. D’autant que, même si elle ne dispose pas de l’aura de sa sœur 124 spider, elle est aussi éligible dans de nombreuses compétitions historiques prestigieuses comme le Monte-Carlo historique et le Tour Auto. Alors, soyez plus malin que les autres et profitez de cette alternative aux classiques Alfa et Lancia.

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