
Rétromobile 2026 vient de refermer ses portes après cinq jours d'une intensité rare. Pour sa 50ᵉ édition, le salon a accueilli 181 500 visiteurs, un record absolu et confirmé un basculement que nous pressentions depuis plusieurs mois chez CarJager. Entre échanges avec des collectionneurs venus de toute l'Europe et observation des résultats d'enchères, cette édition nous offre une photographie précise de l'état du marché. Voici notre lecture terrain, sans filtre.
Rétromobile 2026 : CarJager au cœur du salon
Notre présence sur le salon
Pour cette édition anniversaire, nous avons choisi d'exposer des modèles représentatifs de plusieurs époques et segments, un reflet fidèle de ce que nous proposons toute l'année chez CarJager et une manière de tester en conditions réelles les appétits du marché. Sur notre stand figuraient notamment :
- Une Lamborghini Countach LP400 S (évidemment en blanc, celle qui fait rêver depuis les posters des années 80)
- Une Porsche 911 997.2 GT3 RS 3.8
- Une Porsche 911 996.1 GT3
- Une Ferrari 488 Pista
- Une Bizzarini 5300 GT Strada
- Une Citroën DS Grand Palais
Le contraste était volontaire : du mythe italien des seventies à la sportive moderne, avec entre les deux, l'élégance française telle qu'on l'aime.

3 ventes en 3 jours et de nombreux prospects
Les transactions parlent d'elles-mêmes. Dès le premier jour, la Porsche 911 997.2 GT3 RS a trouvé preneur. Quelques jours plus tard, c'était au tour de la Porsche 996.1 GT3. Entre les deux, une Ferrari 430 Scuderia de notre catalogue s'est aussi vendue sur le stand.
Ces trois ventes confirment une tendance que nous observons depuis plusieurs mois : les Modern Classics représentent aujourd'hui 50 % des demandes d'achat que nous recevons. Des autos des années 1990 à 2010, sportives, avec un historique limpide et des configurations soignées.
Le cas de la 996 GT3 est particulièrement révélateur. Un visiteur, connaisseur Porsche, devait initialement en essayer une autre la semaine suivante. Séduit par la qualité du dossier que nous avions constitué : carnet complet, factures d'entretien, cohérence kilométrique, il a signé sur le stand, réglé le lendemain, et s'est fait livrer l'auto chez lui trois jours après, avant même la fin du salon. C'est exactement ce que nous entendons par accompagnement : du sourcing à la livraison, chaque étape est sécurisée.

L'ambiance générale : un salon dynamique, sélectif, international
Record de fréquentation, qualité des visiteurs
Avec 181 500 entrées (contre 146 000 l'an passé), Rétromobile 2026 pulvérise tous les records. Le samedi seul a attiré près de 60 000 personnes dans les allées. Mais au-delà des chiffres, c'est la qualité des profils qui nous a frappés. Beaucoup de passionnés, certes, mais aussi un nombre impressionnant de marchands internationaux : Espagnols, Anglais, Allemands, Hollandais, et même des Américains. Des projets concrets, des budgets identifiés allant de 50 000 € à plusieurs millions d'euros, et surtout une vraie maturité dans les demandes.
Une jeunesse très présente
Fait marquant de cette édition : la présence massive de jeunes passionnés. Téléphone en main, ils photographiaient les Ferrari P4, les Lamborghini Countach, les voitures de course historiques, ces autos qu'on ne croise jamais ailleurs. Dans un contexte parfois morose où l'on annonce la mort de l'automobile plaisir au nom d'une écologie punitive, cette ferveur rassure. L'automobile passion a de beaux jours devant elle. Elle se transmet, elle évolue, elle change de génération : mais elle ne s'éteint pas.

Ce que révèle le marché : le grand basculement générationnel
Modern Classics et Youngtimers : le segment roi
Les échanges sur notre stand n'ont fait que confirmer ce que nos chiffres internes montraient déjà : le marché bascule vers les Modern Classics. Les autos des années 1990 à 2010 concentrent aujourd'hui l'essentiel de la demande. Pourquoi ? Plusieurs facteurs convergent :
- La génération qui a grandi avec ces voitures en poster a aujourd'hui les moyens de se les offrir. Ils ont 35, 40, 50 ans, une situation établie, et un désir précis.
- Ces autos sont utilisables au quotidien. Climatisation, direction assistée, fiabilité relative. On peut les conduire sans avoir besoin d'un mécanicien attitré à chaque sortie.
- Elles représentent le sommet d'une ère. Des moteurs atmosphériques au caractère affirmé, des boîtes manuelles, des aides à la conduite présentes mais non intrusives. Avant que tout ne devienne trop lourd, trop assisté, trop déconnecté.
Les anciennes : une phase d'éducation achevée
À l'inverse, nous observons un ralentissement net sur les autos des années 1950 à 1970, à quelques exceptions près, notamment les autos très rares ou avec palmarès. Le point positif ? La phase d'éducation du marché semble terminée. Les propriétaires de Jaguar XK150, de Jaguar Type E, d'Austin-Healey 3000 ont compris que leurs autos ne valent plus ce qu'elles valaient il y a cinq ou dix ans. Ils viennent désormais nous voir avec des attentes ajustées, ce qui rend les transactions plus fluides. Il y a clairement un marché de vendeurs sur les anciennes, et un marché d'acheteurs sur les Modern Classics. D'où l'importance cruciale du sourcing, et c'est précisément là qu'intervient notre réseau de contacts hors marché.

Top 5 : les modèles qui montent en 2026
Voici les modèles que nos experts identifient comme particulièrement porteurs cette année. Des autos pour lesquelles la demande est forte, les prix en progression, et les beaux exemplaires de plus en plus rares.
1. Ferrari F430 (et 430 Scuderia)
La F430, en version coupé avec boîte F1, dans de belles configurations (couleurs spécifiques, options recherchées, faible kilométrage) connaît un regain d'intérêt significatif. La 430 Scuderia, développée avec Michael Schumacher, incarne l'ADN Ferrari dans sa forme la plus pure : légèreté, V8 atmosphérique, châssis affûté. Produite à environ 2 000 exemplaires, elle fait partie des Ferrari V8 orientées piste les plus recherchées.
2. Ferrari 550 Maranello / Ferrari 599 GTB
La Ferrari 550 Maranello continue sa progression. Son dessin n'a pas pris une ride, son V12 atmosphérique dérivé des moteurs F1 offre une expérience unique, et son positionnement prix reste intéressant par rapport aux modèles plus récents. La Ferrari 599 GTB Fiorano suit la même trajectoire : GT ultime, puissance maîtrisée, élégance intemporelle. Une opportunité évidente tant pour le plaisir de conduite que pour le potentiel de valorisation.
3. Porsche 911 996 (Carrera 2 et GT3)
La 996 Carrera 2, longtemps boudée pour ses optiques « œufs au plat », connaît une réhabilitation spectaculaire. En boîte manuelle, dans de belles teintes (le Bleu Lapis par exemple), elle représente l'une des entrées les plus intelligentes dans l'univers Porsche. Plus légère et plus vivante à conduire qu'une Carrera 4S, pour un tarif qui en fait une vraie opportunité. Quant aux 996 GT3 Phase 1 et Phase 2, leurs cotes évoluent rapidement. Les exemplaires avec dossier complet et kilométrage cohérent se raréfient.
4. Porsche 911 997 (GT3 RS Phase 2, GTS, S/4S boîte manuelle)
La génération 997 est considérée par beaucoup comme la meilleure Porsche moderne. La 997.2 GT3 RS 3.8 l'une des dernières à recevoir le légendaire moteur Mezger et une boîte manuelle, séduit face à la très exclusive 4.0L désormais hors de portée. Produite à moins de 1 700 exemplaires, elle s'impose comme un collector à privilégier — idéalement en teinte Paint to Sample. Les 997 GTS et même les S ou 4S avec peu de kilomètres et boîte manuelle suivent la même dynamique.
5. BMW Série 5 E39 et M3 E36
Les BMW E39 (Série 5 de la fin des années 90) poursuivent leur ascension. Ces berlines représentent un certain idéal de l'automobile : équilibre parfait entre luxe, sportivité et fiabilité. La M3 E36, pour des tarifs encore accessibles, reste l'une des M les plus attachantes à posséder. Un châssis précis, un six-cylindres atmosphérique envoûtant, un style emblématique. Dans des couleurs originales comme le Dakar, elle dégage une vraie personnalité. Vivante, communicative, capable d'enthousiasmer au quotidien comme sur petite route.

Quelques segments qui patinent
Anciennes britanniques
Les Jaguar XK150, Jaguar Type E, Austin-Healey 3000 peinent à trouver acquéreurs aux prix espérés. Le marché s'est contracté, et les propriétaires qui avaient investi massivement en restauration découvrent parfois que la valeur de leur auto a été divisée par deux.
Aston Martin (hors DB5)
À l'exception de l'iconique Aston Martin DB5, portée par l'imaginaire James Bond, le reste de la gamme (DB2, DB4, DB6) connaît des difficultés. Beaucoup d'argent a été investi dans des restaurations coûteuses, pour des résultats de revente décevants.
Ferrari fermées des années 1950
Hors voitures à palmarès exceptionnel ou exemplaires vraiment rares (750 Monza et consorts), les Ferrari anciennes en configuration fermée (berlinettes sans histoire notable) carburent difficilement.
Porsche 356
Les Porsche 356 sont également à la peine. Les plus beaux exemplaires résistent, mais le gros du marché stagne.

Supercars modernes : un marché à part
L'explosion du Top 5 Ferrari
Nous avons observé une surprise majeure : l'explosion en prix des grandes Ferrari modernes, ce que certains appellent le « Top 5 » — Ferrari 288 GTO, F40, F50, Enzo, LaFerrari. Ces voitures ont parfois doublé leur valeur en moins de deux ans. Lors de la vente Gooding Christie's, une Ferrari 288 GTO de 1984 s'est adjugée à 9,117 millions d'euros — dépassant largement son estimation haute de 7 millions. Une Ferrari FXX K Evo a atteint près de 7 millions d'euros. À l'inverse, certaines Ferrari anciennes très attendues, comme la **250 GT SWB Berlinetta **estimée entre 8 et 9 millions, n'ont pas trouvé preneur.
L'effet Instagram
Un phénomène intéressant : les configurations « Instagramables » prennent une prime significative. Une même auto grise intérieur noir peut se vendre 30 % moins cher qu'un exemplaire vert intérieur beige. L'image, les réseaux sociaux, la désirabilité visuelle jouent désormais un rôle dans la formation des prix.
Les modèles à éviter
Sur le segment GT moderne, nous conseillons la prudence sur les Ferrari hybrides récentes. Le marché est saturé : trop de modèles ont été achetés dans l'espoir d'obtenir des allocations sur des supercars réservées, et la technologie évolue trop vite. L'offre dépasse la demande, les prix corrigent.
Les résultats des ventes aux enchères : miroir du marché ? Pas toujours.
Lors des quatre principales ventes aux enchères organisées durant l’événement, 65 % des lots ont trouvé preneur. Ce taux est en baisse par rapport aux années précédentes. On observe par ailleurs un contraste de plus en plus marqué entre le très haut de gamme caractérisé par un faible volume de transactions mais des montants très élevés et le marché plus traditionnel (entre 50 000 et 500 000 euros), qui connaît une transformation profonde.
Radar malin : le modèle sous-côté à surveiller
Porsche Boxster 986 S
Pour moins de 30 000 €, un Boxster 986 S très bien configuré avec peu de kilomètres représente une entrée prometteuse dans l'univers Porsche. Le moteur est fiable (attention aux fameux IMS), le châssis excellent, ce qui en fait un candidat collector malin pour ceux qui cherchent le plaisir pour un petit budget.

La checklist CarJager pour acheter en 2026
Avant de vous engager sur un Modern Classic ou un Youngtimer, voici les points essentiels à vérifier :
- Historique documenté : carnet d'entretien, factures, cohérence kilométrique
- Configuration désirable : teintes rares, options recherchées, intérieur d'origine
- État mécanique : étanchéité moteur/transmission, trains roulants, faisceaux électriques
- Absence de corrosion structurelle : longerons, planchers, points de cric
- Originalité : première peinture, jamais accidentée, matching numbers
- Cohérence globale : l'état correspond-il au discours du vendeur ? Un kilométrage élevé mais parfaitement documenté sera toujours préférable à un faible kilométrage flou. Une auto qui roule régulièrement vieillit mieux qu'une auto immobilisée.
FAQ — Vos questions sur l'édition Rétromobile 2026 et sur le marché
Rétromobile 2026 a-t-il battu des records ?
Oui, avec 181 500 visiteurs contre 146 000 l'an passé, cette 50ᵉ édition établit un record historique de fréquentation, en hausse de 24 %. Les ventes aux enchères ont totalisé plus de 50 millions d'euros pour Gooding Christie's seul.
Quels modèles ont le plus progressé ces derniers mois ?
Les Porsche 996 GT3, 997 GT3 RS, Ferrari F430 Scuderia, Ferrari 550 Maranello et 599 GTB affichent les progressions les plus marquées. Les BMW M3 E36 et Série 5 E39 suivent également une courbe ascendante.
Les voitures anciennes sont-elles toujours un bon investissement ?
Le marché est devenu très sélectif. Les modèles iconiques avec palmarès ou rareté exceptionnelle conservent leur valeur. En revanche, les voitures britanniques des années 60-70 (Jaguar Type E, Austin-Healey, Aston Martin hors DB5) connaissent une correction significative.
Faut-il acheter une Porsche 996 en 2026 ?
Oui, si vous choisissez le bon exemplaire. Les 996 Carrera 2 en boîte manuelle avec beau dossier représentent l'une des meilleures portes d'entrée dans l'univers Porsche. Les GT3 sont en forte hausse et les beaux exemplaires se raréfient.
Quels modèles faut-il éviter ?
Prudence sur les Ferrari hybrides récentes (marché saturé), les supercars produites en trop grand nombre, et les anciennes sans historique clair ni configuration désirable.
Quels sont les records de vente aux enchères de Rétromobile 2026 ?
La vente Gooding Christie's a totalisé 50,41 millions d'euros avec 83 lots. Les adjudications marquantes :
- Ferrari 288 GTO (1984) — 9 117 500 € : record mondial du modèle, alors que l'estimation haute ne dépassait pas 7 millions. C'est la star incontestée de cette édition.
- Ferrari FXX K Evo (2018) — 6 980 000 € : record mondial pour ce modèle track-only, preuve de l'appétit pour les Ferrari modernes d'exception.
- Talbot-Lago T150-C-SS "Goutte d'Eau" (1938) — 6 755 000 € : l'une des plus belles carrosseries pré-guerre, mais dépassée par des modèles plus récents.
- Ferrari FXX Evo (2008) — 4 448 750 € : mono-propriétaire, configuration Nero sur Nero.
- Lamborghini Miura P400 SV (1971) — 3 380 000 € : dans son estimation, confirmant la solidité des icônes italiennes bien documentées.
Chez Artcurial (hors salon, à l'hôtel Peninsula) : la Mercedes-Benz 300 SL Gullwing de 1956, sortie de grange non restaurée, s'est adjugée à 4 407 800 € — record mondial pour le modèle.
Les invendus notables : la Ferrari 250 GT SWB Berlinetta estimée 8-9 M€ et la Ferrari 250 GT California Spider n'ont pas trouvé preneur. Le marché sanctionne les anciennes affichées trop haut.

La vision CarJager
Rétromobile 2026 confirme ce que nous observons depuis plusieurs saisons : le marché des voitures de collection traverse une profonde mutation. Les Modern Classics et Youngtimers s'imposent comme le segment moteur, portés par une génération de passionnés arrivés à maturité financière et émotionnelle. Ce n'est plus le moment d'acheter « n'importe quoi » en espérant une hausse automatique. Il faut raisonner comme un connaisseur : historique limpide, configuration soignée, état mécanique irréprochable.
Chez CarJager, nous nous appuyons sur nos données de transaction réelles, notre présence sur le terrain lors des grands rendez-vous internationaux, et notre réseau de plus de 80 000 contacts pour vous accompagner dans vos projets d'achat comme de vente.
Une bonne auto, c'est avant tout une mécanique saine, un historique transparent, une belle configuration et surtout, un modèle qui vous fait vibrer.
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