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Aston Martin AM V8 : construite pour durer

Paul Clément-Collin - 1 août 2022

Chez Aston Martin, on savait faire des voitures qui durent, du moins à l’époque. Imaginez : la DBS sortie en 1967 avec le 6 cylindres en ligne de la DB5 puis DB6 deviendra DBS V8 en 1969 en récupérant un nouveau moteur. Avec la fin du L6, la voiture recevra un gros restylage en 1972 pour devenir — tout simplement — V8 (nom de code AM V8) et continuer sa carrière jusqu’en 1989 ! Qui dit mieux pour une GT ? Vingt ans de carrière tout de même. Cela méritait bien de se pencher sur son cas, non ?

Une Aston Martin DBS dans sa version V8

C’est donc en 1967 que commence l’histoire de l’AM V8. En ce temps-là, elle ne porte pas encore ce nom puisque le moteur V8 tout alu qui doit lui permettre de conserver la suprématie sur le marché des GT n’est pas encore prêt ! La DBS possède des lignes modernes et tendues, signées William Towns et déjà très typées “années 70” quand la DB6 qu’elle remplace conservait des rondeurs so sixties ! Si elle perd le chiffre traditionnel des Aston de l’ère David Brown, elle en garde les initiales. Il faudra attendre 1969 pour que le fameux V8 développé par Tadek Marek cube 5,4 litres et offre à la GT britannique pas moins de 320 chevaux.

L’Aston Martin V8 Série I dans sa version Vantage

De la DBS V8 à l’AM V8

Petit à petit, le V8 prend le dessus sur le L6 qui, même dans sa version Vantage aussi puissante, n’en a pas l’agrément ni le couple. En outre, la situation change chez Aston Martin. Le charismatique (et emblématique) patron, David Brown, n’a plus les moyens d’entretenir sa danseuse et le conseil d’administration de David Brown Corporation le somme de se séparer aussi bien des tracteurs David Brown que d’Aston Martin-Lagonda. Le petit constructeur britannique passe alors aux mains d’investisseurs américains réunis sous la bannière de Company Developments Ltd en 1972.

C’est sans doute pour matérialiser cette passation de pouvoir que tout change sans vraiment changer… La DBS 6 cylindres disparaît, y compris sa version Vantage quelques semaines plus tard, tandis que la DBS V8 devient V8 tout court (le fameux nom de code AM V8 qui permet aujourd’hui de la différencier de sa lointaine descendante V8 Vantage de 2005). Pour faire passer la pilule, la gracile DBS se transforme en muscle car très américaine grâce à quelques changements : optiques ronds, galbe plus marqué, et musculature un peu plus saillante. Si David Brown en avait supervisé le développement, toute référence à l’ancien patron est ensuite gommée !

Une AM V8 Série II Vantage

Séduire l’Amérique

L’objectif n’est pas neutre : aller séduire la clientèle ricaine avec un peu plus de brutalité et un V8 à l’européenne, puissant mais aussi sportif. Ce moteur d’ailleurs gagne temporairement l’injection qu’il finira par abandonner dès 1973, revenant à 4 carburateurs. Il se murmure en effet que l’injection Bosch n’était pas facile à régler. Avec désormais 310 chevaux, l’AM V8 conserve assez de punch pour tracer sur les longues lignes droites américaines. Cependant, avec plus de 1 800 kg sur la balance, elle ne peut prétendre à l’agilité et il faut la considérer pour ce qu’elle est : une grosse GT confortable, luxueuse et puissante. Parlons-en, de puissance, justement : celle-ci dégringole en 1976 à 288 chevaux à cause des réglementations américaines sur les émissions. Heureusement, en 1977, apparaît la version Vantage récupérant un peu de retard, avec 305 chevaux sous son capot gonflé.

De versions en versions

En 1978, l’AM V8 reçoit un lifting histoire de la faire rentrer dans les années 80 qui s’annoncent. Elle prend la dénomination officieuse d’Oscar India (l’indicatif de October Introduction puisqu’elle est présentée au British Motor Show en octobre). Au menu, un V8 dont la puissance est désormais cachée (mais on sait maintenant qu’elle tourne aux alentours de 305 chevaux). Depuis juin, une version cabriolet dénommée Volante a fait son apparition, mais elle portait déjà les traces du restylage à venir sur sa face avant. Cette Série 4 Oscar India sera produite jusqu’en 1986, remplacée par une Série 5 dotée à nouveau de l’injection (Magneti-Marelli) et développant une puissance estimée à 315 chevaux.

En 1989, l’AM V8 tire sa révérence pour laisser sa place à une Virage plus moderne, après 4 021 exemplaires produits. Sachez qu’il existe aussi deux variantes dérivées de l’AM V8 : la Lagonda Série 1, une rarissime berline (7 unités seulement entre 1974 et 1976) et la V8 Zagato (coupé ou Volante) produite à 89 exemplaires entre 1986 et 1990. Comme vous le voyez, l’AM V8 aura beaucoup varié (5 séries tout de même) au cours de sa longue vie, offrant un panel de carrosseries et de versions permettant de combler tout amateur de la marque.

Dire qu’une V8 est accessible serait excessif, mais il faut bien le reconnaître : c’est sans doute l’une des Aston Martin “de collection” les moins chères. Construite à la main, parée de cuir, de bois et de moquette épaisse comme un salon anglais, mue par un puissant V8, elle saura vous satisfaire et satisfaire votre ego. Attention toutefois : toutes n’ont pas toujours été bien traitées, et l’entretien ou la restauration d’une telle bête peut vite devenir un cauchemar. Quel look cependant, et quel bruit ! C’est certes moins pur qu’une DB4DB5 ou DB6, mais il faut bien admettre que cette Aston ne laisse pas indifférent !

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