
Avant de devenir un géant, Geely a lancé une première voiture pour le moins surprenante
Avant de devenir un géant mondial, Geely bricolait des copies improbables. Dans les années 90, son fondateur rêve d’une Mercedes… sans en avoir les moyens. Résultat : une première voiture aussi audacieuse que maladroite. Et pourtant, c’est de là que tout a commencé.
Aujourd’hui, Geely s’apprête à s’implanter en France avec des ambitions sérieuses. Mais derrière cette montée en puissance se cache une histoire bien différente, presque artisanale. Dans les années 90, la marque chinoise n’était encore qu’un fabricant de réfrigérateurs, porté par la vision d’un entrepreneur décidé à entrer dans l’automobile coûte que coûte.
D’un fabricant de frigos à un rêve automobile
À cette époque, Geely est installée dans la province du Zhejiang et ne produit que des appareils électroménagers. Son fondateur, Li Shufu, nourrit pourtant une ambition bien plus grande. Passionné par Mercedes-Benz, il regrette l’absence de véritable voiture haut de gamme chinoise. Face à ce constat, il décide de changer de cap. Sans expérience dans l’automobile et avec peu de ressources spécialisées, il lance un projet ambitieux : concevoir une berline capable de rivaliser avec les standards allemands.
Une Mercedes… version chinoise
Le cahier des charges est clair. La future voiture devra s’inspirer directement de la Mercedes Classe E W210, alors en production entre 1995 et 2002. Mais concevoir un modèle de zéro est impossible dans ces conditions. Geely opte donc pour une solution pragmatique. Trouver une base existante. À cette période, le choix est limité en Chine, mais une opportunité se présente avec la Hongqi, dérivée localement de l’Audi 100 sous licence. Une voiture est achetée, puis envoyée à l’usine pour servir de point de départ.
Un assemblage improvisé
Les équipes démontent entièrement le véhicule avant de lui greffer une nouvelle carrosserie inspirée de la Mercedes. Les matériaux varient selon les possibilités, mêlant acier et fibre de verre. Mais un problème majeur apparaît rapidement. L’empattement de l’Audi 100 diffère de celui de la Classe E, avec un écart de 14,5 centimètres. Résultat, les proportions deviennent incohérentes, donnant à la voiture une silhouette déséquilibrée. À l’intérieur, faute de moyens, l’habitacle d’origine est conservé.
Un prototype unique et symbolique
Après des semaines de travail intensif, souvent au prix de nuits très courtes pour Li Shufu, la voiture est finalement présentée en 1996. Sa plaque indique clairement son statut expérimental. Le résultat prête à sourire. L’ensemble manque d’harmonie, et le modèle ne dépassera jamais le stade de prototype. Pourtant, cette création marque un tournant. Elle constitue la première pierre d’un constructeur qui, quelques décennies plus tard, deviendra l’un des plus puissants au monde.
Une revanche spectaculaire
L’histoire prend une dimension particulière lorsque l’on observe la suite. Quelques années après ces débuts hésitants, Geely entre au capital de Daimler, maison mère de Mercedes-Benz. En 2025, le groupe revendique plus de 4,12 millions de véhicules vendus. Une trajectoire impressionnante, loin des bricolages des années 90.
Des débuts modestes, une ambition intacte
Ce premier prototype, aussi imparfait soit-il, illustre parfaitement l’état d’esprit de Geely à ses débuts. Une volonté d’apprendre, de copier, puis de progresser. Aujourd’hui, la marque arrive sur de nouveaux marchés avec une tout autre crédibilité.
Comme quoi, même les géants de l’automobile peuvent naître d’un simple… bricolage.
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