Certaines cases cochées dans le catalogue valent le prix d'une supercar entière
S’il est courant d’associer les options automobiles à des sièges chauffants, à une teinte métallisée ou à un équipement audio élaboré, le monde des hypercars et des grands fauves de la route joue dans une tout autre catégorie. Sur certains modèles, une simple personnalisation peut alourdir le prix final de plusieurs centaines de milliers d’euros, dépassant sans peine le coût d’une Lamborghini toute neuve. Cette escalade des équipements optionnels, devenue terrain de chasse réservé à une poignée d’initiés, révèle une nouvelle forme de démesure dans l’univers du haut de gamme automobile.
Des options qui rivalisent avec le prix d’une supercar
Oubliez les surcoûts classiques comme la navigation embarquée ou la sellerie rehaussée. Chez Bugatti, Bentley ou Pagani, le moindre ajout sur la fiche d’options peut rapidement transformer la voiture en pièce unique à la valeur astronomique. Il n’est aujourd’hui pas rare, comme le relève Supercar Blondie, que certaines configurations d’options dépassent à elles seules le tarif d’une Ferrari, d’une Porsche ou même d’une Lamborghini neuve.
Personnalisation extrême : sport de luxe réservé à quelques-uns
L’adaptabilité technique n’a plus de limite pour les constructeurs les plus élitistes. Certains clients n’hésitent pas à demander une transformation du monocoque, un nouveau type de transmission ou des matériaux fabriqués à la main. Résultat, la voiture devient une œuvre quasiment sur mesure, accumulant des coûts à six chiffres qui la positionnent bien au-delà d’un simple modèle de série, jusqu’à faire se demander si chaque option ne constitue pas, à elle seule, un véhicule à part entière.
Le règne de la fibre de carbone nue et ses tarifs vertigineux
La Bugatti Divo incarne cette folie des grandeurs, notamment avec sa carrosserie transparente qui met en valeur la fibre de carbone. Accepter de laisser ce matériau à nu revient à débourser près de 500 000 dollars, soit environ 460 000 euros pour cette seule distinction. Supercar Blondie évoque même une fonctionnalité à plusieurs millions de dollars, signalant que les quelques exemplaires ainsi configurés sur les quarante produits affichent à la revente une cote en nette hausse, parfois multipliée par deux. La Bugatti Veyron Super Sport, elle aussi, offre une finition carbone non peinte à environ 300 000 dollars, l’équivalent de 276 000 euros. La Koenigsegg Jesko propose quant à elle sa version naked carbon à 443 400 dollars, soit 408 000 euros pour une « simple » apparence, mais le processus industriel comme le retrait soigneux de la résine nécessitent des méthodes d’une extrême finesse.
Ingéniosité technique et travail artisanal d’exception
La valorisation de ces options ne se réduit évidemment pas à un supplément de matériaux coûteux ou à de simples touches esthétiques. Pour chaque pièce en carbone apparent, le processus implique moulage, contrôle, ponçage et vernissage minutieux. Le moindre défaut dans l’alignement des fibres peut impliquer de repartir de zéro, chaque étape étant réalisée à la main par des spécialistes hautement qualifiés. Chez Koenigsegg, l’ultime phase de préparation, notamment le retrait de la dernière couche de résine, exige une attention toute particulière qui justifie l’addition finale.
Des demandes uniques chez McLaren et Pagani
Sur la McLaren Speedtail, une prise d’air de toit composée de carbone 1K, destinée uniquement à cent six exemplaires, se monnaie entre 112 000 et 155 000 dollars, soit 103 000 à 143 000 euros, pour canaliser l’air jusqu’au V8 biturbo positionné à l’arrière. Pagani, de son côté, répond à des commandes exclusives comme la transformation d’une Zonda pour y intégrer une boîte manuelle, nécessitant la modification du châssis et l’ajout d’une pédale dédiée, pour un coût de 295 000 dollars (271 000 euros).
Le secteur du luxe s’invite aussi chez Bentley et Porsche
La personnalisation extrême ne concerne pas seulement les supercars mais touche également les berlines d’exception. La Bentley Flying Spur peut recevoir une peinture appliquée intégralement à la main, nécessitant quelque soixante heures de travail. Le seul supplément pour cette opération équivaut déjà au prix d’une Mercedes Classe E neuve, uniquement pour une nuance inédite. Chez Porsche, la 918 Spyder accepte une teinte spéciale facturée jusqu’à 63 000 dollars (58 000 euros), montant rapidement franchi lorsque l’on ajoute jantes en magnésium et valises assorties pour atteindre plus de 100 000 dollars (92 000 euros) de suppléments. A contrario, certaines Lamborghini proposent même le porte-gobelet à près de 1 000 dollars, soit environ 920 euros.
L’option comme investissement ou affirmation de style
Au-delà de l’excentricité, ces choix relèvent d’une volonté de distinction. Opter pour une Divo en carbone à nu ou commander une Zonda en boîte mécanique permet de posséder un modèle qui se démarque nettement, y compris au sein d’un cercle d’amateurs de supercars. Les acquéreurs légitiment souvent ces dépassements tarifaires par l’anticipation d’une plus-value à la revente, confiants dans l’attrait suscité par les configurations les plus rares. Cette course aux options inédites alimente par ailleurs la rentabilité des constructeurs, toujours prompts à satisfaire les désirs de personnalisation de leur clientèle.
La montée en puissance des équipements personnalisés interroge désormais sur les limites d’une passion automobile où chaque détail peut valoir – parfois littéralement – une nouvelle voiture.
