
Cette Rolls-Royce d’Elizabeth Taylor s’est vendue 520 000 $… grâce à son incroyable histoire
En août 2019, au Pierre Hotel de New York, une Silver Cloud II cabriolet change de mains pour 520 000 dollars. À première vue, une Rolls-Royce des années 1960 rare et élégante. En réalité, bien plus que cela. Cette voiture a accompagné Elizabeth Taylor pendant près de vingt ans, de son mariage avec Eddie Fisher aux années Richard Burton. Et c’est cette histoire qui fait presque doubler sa valeur. Pourquoi cette Silver Cloud II vaut-elle bien plus qu’un exemplaire comparable ?
Une base déjà exceptionnelle
La Silver Cloud II apparaît en 1959. Elle abandonne le six cylindres pour un nouveau V8 en aluminium de 6,2 litres, plus souple et plus puissant. À l’époque, Rolls-Royce ne communique pas officiellement la puissance. On parle simplement de “suffisante”. La version Drophead Coupé carrossée par H.J. Mulliner est la plus exclusive. Production très limitée, conduite à gauche rarissime, finition sur mesure. Même sans célébrité à bord, une Silver Cloud II Mulliner figure déjà dans le haut du panier des Rolls classiques. Sur le marché, un bel exemplaire se situe généralement entre 150 000 et 320 000 dollars selon l’état, l’authenticité et la configuration.
La naissance de la “Green Goddess”
En 1959, Elizabeth Taylor épouse Eddie Fisher. Pour célébrer l’événement, le couple commande cette Rolls livrée au Pierre Hotel. La teinte “Smoke Green” est choisie pour s’accorder à la robe portée lors du mariage. Intérieur vert assorti, boiseries en orme de Carpathes, plaques personnalisées. L’auto devient une extension du style de l’actrice. Elle ne reste pas cantonnée à New York. On la retrouve à Rome pendant le tournage de Cleopatra, période où débute sa relation avec Richard Burton. La voiture apparaît sur des photos, devant des hôtels, sur des plateaux. Elle devient un témoin roulant d’une époque mythique.
Dix-huit ans de fidélité
Ce qui frappe, c’est la durée. Elizabeth Taylor conserve la Silver Cloud II environ dix-huit ans. Plus longtemps que la plupart de ses mariages. Elle traverse avec elle divorces, remariage avec Burton, déménagements entre New York, Rome et Beverly Hills. Ce lien long donne du poids à l’histoire. On n’est pas face à une voiture brièvement utilisée par une star. On parle d’une compagne de route sur près de deux décennies.
Restauration et respect de l’origine
Après la période Taylor, la voiture est acquise en Californie par un passionné qui la conserve plus de quarante ans. Restauration complète, moteur refait, intérieur remis en état, travail méticuleux pour retrouver la nuance exacte du Smoke Green. À la vente en 2019, elle affiche environ 40 600 miles, soit près de 65 000 kilomètres, avec une continuité historique documentée. L’authenticité n’est pas sacrifiée.
520 000 dollars, logique ou folie ?
Comparée à la fourchette habituelle de 150 000 à 320 000 dollars pour un modèle similaire sans provenance, la prime est spectaculaire. On approche presque du double. Mais dans le monde des voitures de célébrités, la provenance peut surpasser la mécanique. La Green Goddess n’est pas seulement une Rolls-Royce rare. C’est un fragment d’Hollywood sur roues. À ce niveau, l’acheteur ne paie pas seulement un V8 britannique et une carrosserie Mulliner. Il paie une histoire, une image, un symbole. Et face à une Phantom moderne au tarif comparable, cette Silver Cloud II rappelle qu’en collection, l’aura peut valoir autant que l’ingénierie.