Il avait acheté les bonnes Ferrari au bon moment, personne ne l'avait prévenu pour le prix des batteries
Dans une vidéo récente publiée sur YouTube par Daily Driven Exotics, l’équipe part au Japon rencontrer M. Mera, un collectionneur dont le garage privé ressemble à un musée de l’hypercar. Ferrari F50, Enzo, LaFerrari, F40 LM jaune, Lamborghini très rares : l’homme a réuni des modèles devenus mythiques, souvent achetés bien avant que leurs valeurs n’explosent. Mais au milieu de ce trésor automobile, c’est surtout sa LaFerrari qui retient l’attention, non seulement pour son prix d’achat annoncé, mais aussi pour le coût vertigineux de son entretien hybride.
1Une collection bâtie avec un vrai flair
M. Mera ne possède pas seulement des voitures rares. Il les connaît, les conserve et les documente avec une rigueur impressionnante. Dans son showroom, certaines autos affichent très peu de kilomètres, d’autres sont encore accompagnées de leurs accessoires d’origine, de leurs bagages ou même d’éléments jamais sortis de leur emballage. Cette manière de collectionner raconte une époque. Plusieurs de ces modèles ont été achetés il y a des décennies, à des tarifs qui paraissent aujourd’hui presque irréels. Ce qui semblait déjà cher hier ressemble parfois à une opportunité évidente avec le recul.
2Une LaFerrari achetée au moment idéal
Parmi ces machines, la LaFerrari occupe une place particulière. Présentée en 2013 et limitée à 499 exemplaires, elle reste l’une des Ferrari modernes les plus recherchées. Elle associe un V12 atmosphérique de 6,3 litres à un système hybride Hy KERS inspiré de la Formule 1, pour une puissance totale de 963 ch. Ce modèle marque aussi une bascule importante chez Ferrari. Avec elle, la marque entre pleinement dans l’ère de l’hybridation appliquée à la performance extrême. La LaFerrari n’est donc pas seulement une supercar rare, elle est aussi un jalon technique dans l’histoire de Maranello.
Dans la vidéo, un chiffre surprend pourtant davantage que sa fiche technique : M. Mera aurait payé sa LaFerrari seulement 1,5 million de dollars. Le montant paraît très bas pour ce modèle, même en tenant compte de son époque. Il peut s’agir d’une conversion approximative, d’une ancienne estimation ou d’une confusion dans l’échange. À titre de repère, les exemplaires les plus abordables vendus entre 2019 et 2022 tournaient plutôt autour de 2,5 à 3 millions de dollars.
3Une batterie à 32 millions de yens
L’histoire prend une autre dimension lorsque le propriétaire évoque l’entretien de sa Ferrari. M. Mera explique avoir récemment remplacé les batteries de sa LaFerrari. La facture annoncée atteint 32 millions de yens, soit environ 200 000 dollars au cours actuel. Même dans le monde des Ferrari de collection, une telle somme impressionne. Le collectionneur montre d’ailleurs ses documents d’entretien, soigneusement classés, avec la facture liée à cette opération. Ce détail confirme aussi le sérieux avec lequel il suit ses voitures.
4Le revers technique des hypercars hybrides
Cette facture rappelle que les premières hypercars hybrides entrent désormais dans une phase sensible de leur vie. Leur technologie, fascinante au lancement, peut devenir un poste d’entretien énorme dix ans plus tard. Une autre LaFerrari avait déjà illustré ce problème en Croatie. Après seulement 1 440 km, la voiture était tombée en panne. Ferrari aurait proposé de remplacer entièrement le pack batterie pour environ 180 000 €. Le propriétaire avait finalement échappé à cette solution grâce à EV Clinic, un spécialiste qui avait réparé la batterie cellule par cellule. La batterie de la LaFerrari pèse environ 60kg et comprend 120 cellules. Dans le cas croate, le souci venait de cellules défectueuses et d’un problème d’assemblage. Le pack n’était donc pas totalement hors service, mais la réponse officielle consistait tout de même à tout remplacer.
5Une passion qui dépasse la spéculation
Pour la LaFerrari de M. Mera, la vidéo ne dit pas si la batterie pouvait être réparée ou si le remplacement complet était vraiment inévitable. En revanche, le montant annoncé suffit à rappeler une réalité : posséder une hypercar hybride de ce niveau implique des frais capables de donner le vertige. Cette dépense raconte aussi deux choses à la fois. D’un côté, elle montre que la technologie hybride haute performance peut coûter plus cher à entretenir que certains imaginent. De l’autre, elle souligne le parcours d’un collectionneur qui a su acheter les bonnes voitures au bon moment, non par pur calcul, mais par passion et par instinct.
La LaFerrari de M. Mera prouve qu’une bonne affaire peut devenir un mythe, mais que même les mythes doivent parfois passer à la caisse.
