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Maserati Bellagio Fastback Touring : break d'exception

PAUL CLÉMENT-COLLIN - 1 oct. 2017

Il ne s’agit pas du plus beau break du monde, mais sa calandre au trident fait tout de même rêver. Présentée lors d’un concours d’élégance (Villa d’Este), réalisée par Touring (qui signait là son retour aux affaires), luxueuse à souhait, et exclusive au possible, voilà une voiture très Boîtier Rouge : la Maserati Bellagio Fastback Touring sur base Quattroporte V.

Après avoir frapper les esprits avec une Maserati A8GCS de toute beauté, Touring, relancée sous le nom de Carrozzeria Touring Superleggera avec Louis de Fabribeckers aux manettes du design (lire aussi : Turbot 2 Turbotraction) présente en 2008 une réalisation plus « commerciale », la Bellagio. Si l’A8GCS avait vocation à rester un concept-car (et c’est bien dommage d’ailleurs), la Quattroporte V transformée en shooting brake (bien que l’appellation soit un peu usurpée pour une 5 portes) cherche, elle, à trouver des clients.

L’hécatombe en cours ou prévisible, à l’époque, des carrossiers dans la fabrication de petites séries pour le compte de constructeurs a poussé Touring, lors de sa renaissance, à s’orienter vers une autre niche : la création de véhicules sur mesure, demandant moins d’investissements industriels, et permettant de se forger une réputation « à l’ancienne » en revenant au cœur du métier de carrossier, comme à la grande époque.

La Bellagio est de cette veine là. Certes, on est loin de l’habillage de châssis nus comme avant-guerre, puisque Touring va conserver une grande partie de la Quattroporte d’origine, mais Fabribeckers va s’occuper de redessiner l’arrière afin d’offrir un côté exclusif et pratique à la grande berline de Modène. Etrangement, le profil n’est pas fondamentalement changée, et on peut presque regretter une trop grande sagesse dans le dessin. Cependant, on reste dans la tradition des « modificateurs » anglais, comme Jankel et sa Val d’Isère (lire aussi : Bentley Val d’Isère).

Finalement, c’est presque à l’intérieur qu’il y aura le plus de changement. Dès lors que la fabrication est lancée, le client peut choisir à peu près tout ce qu’il est possible de faire : sièges séparés, mini-bar, tablettes, cuirs de toutes les couleurs, aménagements du coffre (pour des fusils, des verres à champagne, ou que sais-je encore) : l’avantage de la production à l’unité et d’un portefeuille illimité.

Sous le capot, rien de très nouveau : la Bellagio conserve son V8 4.2 issu de la 4200 GT, et repris sur la Quattroporte V, 400 chevaux pour une vitesse de pointe de 275 km/h malgré un poids plus lourd que la voiture d’origine. Largement suffisant cependant pour rouler « différent ». Il y aura en tout cas 4 clients qui s’offriront ce break pas comme les autres entre 2008 et 2009.

En 2011, on retrouvera un des 4 exemplaires de la Bellagio à la vente, via un spécialiste néerlandais, et proposé à 165 000 euros pour seulement 1546 km au compteur : un tarif plutôt attractif alors que la transformation (cumulée au prix de la voiture d’origine) devait à elle seule dépasser cette somme. Il y aura donc des affaires à faire prochainement, surveillez donc les petites annonces au cas où !

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