On l'appelait la voiture la plus moche du monde, sa silhouette revient en 2026
Souvent moquée depuis sa présentation en 1998 à cause de son allure singulière, la Fiat Multipla n'a jamais vraiment quitté l'esprit des amateurs d'automobile. S'il semblait inimaginable de voir ressurgir son ADN si particulier, c'est pourtant un modèle chinois inédit qui fait revivre l'héritage de la « voiture la plus moche du monde » sous la forme d'un SUV électrique, réveillant la curiosité et l'intérêt autour d'une philosophie du design oubliée.
Un ovni du passé, revisité façon électrique
Impossible d'oublier la Multipla : pare-brise plongeant, toit démesurément haut, allure trapue et cette double rangée de phares qui lui valait son surnom d'extraterrestre. Jacob Oliva, journaliste chez Autoblog, rappelle d'ailleurs que cette étrangeté a fini par transformer le modèle en légende auprès des initiés et sur internet. Devenue un mème pour les passionnés, la familiale italienne s'est imposée comme le symbole d'un courage stylistique dont le grand public se moquait volontiers. Mais voilà que cette audace mal aimée refait surface, adaptée à l'ère électrique.
Wuling Cloud EV, héritière inattendue sur roues indonésiennes
La surprise prend la forme de la Wuling Cloud EV, également appelée Baojun Yunduo sur le marché chinois, aujourd'hui déjà visible en Indonésie. Ce modèle compact réveille immédiatement la mémoire de la Multipla à quiconque la croise. Jacob Oliva la décrit même comme la cousine de la Fiat, modernisée et électrifiée. Son profil ovoïde, largement vitré, avec un empattement ramassé et un capot réduit, évoque plus une navette familiale qu’un SUV imposant, renouant ainsi avec la philosophie des monospaces compacts d’autrefois.
Un design "one-box" assumé et modernisé
Vue de côté, la Cloud EV accentue encore ce lien familial avec la Multipla : carrosserie arrondie, hayon presque vertical, surfaces lisses et lignes noires élégantes allègent la silhouette. Les poignées de porte affleurantes et des jantes pensées pour l'aérodynamique ajoutent une touche contemporaine, tout en restant fidèles à l'esprit monospace spacieux. Si les constructeurs traditionnels se sont écartés de ces volumes, la Cloud EV restaure le genre avec plus de soin et de détails actuels. Une attitude singulière, qui la distingue sans équivoque sur route.
Ambitions familiales et performances électriques
Sous son allure particulière, la Cloud EV se positionne en électrique sérieuse pour les familles. Son empattement de 2,70 mètres contenu dans 4,29 mètres de longueur garantit espace et habitabilité. Placé à l'avant, son moteur électrique développe 134 chevaux pour un couple de 200 Nm environ, alimenté par une batterie LFP de 50,6 kWh (Lithium-Fer-Phosphate, un choix reconnu pour sa stabilité et son coût maîtrisé). Selon le cycle chinois CLTC, le constructeur annonce jusqu'à 460 kilomètres par charge, les essais indonésiens tablant entre 390 et 400 kilomètres en urbain, et de 260 à 280 kilomètres sur autoroute. Côté recharge, 30 à 80 % de batterie en environ trente minutes grâce à la charge rapide en courant continu permettent de limiter l’attente lors d’une pause.
Un intérieur moderne pensé pour le confort familial
L’habitacle mise sur l’agrément de vie à bord : écran tactile central de 15,6 pouces, affichage numérique pour les instruments de conduite et banquette arrière inclinable jusqu'à 135 degrés pour proposer un espace lounge lors des déplacements. Cette proposition replace la Cloud EV face à des véhicules familiaux réputés sur le segment, à l'image des Peugeot e-2008, Volvo EX30 ou Kia EV3. En Indonésie, elle débute à 448 millions de roupies, autour de 26 000 €, montant susceptible de baisser jusqu’à 23 500 € avec les aides locales, un positionnement attractif au vu de l'équipement proposé.
Une success story industrielle à la chinoise
À l'origine de la Cloud EV se trouve la coentreprise SAIC-GM-Wuling, regroupant SAIC Motor, General Motors et Liuzhou Wuling. Cette entité produit également des modèles rebadgés comme la Chevrolet Spark EUV (dérivée du Baojun Yep Plus au Brésil). La Cloud EV, pour l’instant, ne porte pas de badge Chevrolet et aucune information n’a filtré sur une éventuelle commercialisation européenne. Dans un marché indonésien où Wuling revendique déjà 52 % des ventes d'électriques grâce à une production locale, ce renouveau du monospace atypique marque le retour inattendu des familiales anticonformistes, désormais branchées sur secteur.
Il semblerait donc que les silhouettes insolites n’aient pas dit leur dernier mot, s’offrant une seconde vie électrisante pour surprendre une nouvelle génération d'automobilistes.
