“On ne l’avait jamais vu” : tous les moteurs concernés par un mystérieux souci à Spa
Alors que la réputation de fiabilité des moteurs Mercedes semblait acquise, la course de Spa-Francorchamps a bouleversé les certitudes : chaque voiture équipée du bloc allemand a connu une défaillance de déploiement d’énergie électrique juste après le départ, perturbant profondément le déroulement des premiers virages pour nombre d’écuries phares et relançant les débats sur la fiabilité du propulseur.
Un incident collectif d’une ampleur inédite
Le paddock a été pris de court lorsque Toto Wolff, directeur de Mercedes, a confirmé que toutes les équipes motorisées par la marque — de Mercedes elle-même à McLaren, Alpine et Williams — avaient été frappées par un manque de puissance électrique en sortie de La Source, juste dès le début de la grande boucle ardennaise. Cette défaillance du système d’énergie, selon Wolff, n’a épargné aucun des moteurs allemands lors de cette séquence critique. Une investigation interne doit désormais être menée rapidement pour en déterminer la cause précise.
George Russell, principal malchanceux du bug
Parmi ceux qui en ont particulièrement pâti, George Russell a connu un revers spectaculaire. Parti en troisième position, le Britannique a vu ses chances de bon résultat s’évaporer dès la remontée de Kemmel, son bloc électrique ne délivrant pas la puissance attendue depuis la sortie d’Eau Rouge. Ce déficit d’énergie, apparu dès le premier virage, a empêché la batterie de restaurer une charge optimale. Sous la pression immédiate des Ferrari de Charles Leclerc et de Lewis Hamilton, Russell n’a pas pu défendre sa position et a finalement été victime d’un accrochage avec Hamilton dans les Combes, terminant sa course dans les graviers et devant abandonner.
Des effets variables sur la grille Mercedes
Bien que tous aient subi le problème, Wolff a souligné que Russell avait été plus touché que Kimi Antonelli, ce dernier ayant également souffert d’un départ laborieux. Antonelli, qui a perdu d’emblée la tête au profit de Max Verstappen, a cependant réussi à reprendre rapidement l’avantage grâce à l’aspiration dans la ligne droite, décrivant sa phase de lancement comme “complètement folle”. Il a confié n’avoir d’abord rien compris à la situation, voyant Verstappen le dépasser à grande vitesse avant Eau Rouge, puis se retrouvant sous la menace de Charles Leclerc, tout en essayant de garder le contrôle parmi un flot de voitures déboulant dans ses rétroviseurs. Malgré la confusion, Antonelli a pu éviter tout dommage.
Pierre Gasly, autre victime notable
Pierre Gasly n’a pas été épargné non plus. Parti dixième sur la grille avec sa monoplace Alpine, le Français s’est retrouvé immédiatement dépassé à répétition, en particulier lors de la descente vers Eau Rouge. Il a exprimé sa frustration de ne pas disposer de la puissance requise pour rester dans le rythme, déclarant avoir subi un envol médiocre sans comprendre l’origine du manque de vitesse lors de l’accélération initiale. Ce coup du sort lui a fait perdre de nombreuses places dès le lancement de la course.
Des conséquences disparates dans le peloton
Certaines voitures propulsées par Mercedes ont été moins affectées par ce souci mystérieux. Alexander Albon, par exemple, a pris un bon départ avec sa Williams mais n’a pas pu contenir la perte de performance sur la durée. À l’inverse, Carlos Sainz a vu ses difficultés augmenter surtout à cause d’un contact au premier virage, qui a nécessité le remplacement de son aileron avant, masquant l’impact du problème moteur sur sa stratégie de course.
Fiabilité, performance et enjeu du championnat
Au terme de cette journée imprévisible, Toto Wolff a mis en avant la nécessité de surmonter cet obstacle technique. Il estime que si la combinaison moteur et monoplaces Mercedes reste performante sur le plan purement mécanique, l’ensemble manque encore d’une fiabilité fondamentale. Pour le patron de l’écurie, il est crucial de résoudre ces faiblesses qui, selon lui, coûtent de précieux points dans la lutte au championnat des constructeurs.
À Spa, la performance pure ne fait parfois pas le poids face à la fragilité d'un composant invisible mais décisif.


