
Peut-on encore sauver Maserati ? Ces chiffres laissent très peu d'espoir
Une marque mythique peut-elle vraiment perdre son aura ? En quelques années, Maserati passe de 51 500 ventes à seulement 7 800 unités. Une gamme récente, des modèles séduisants… et pourtant un désintérêt croissant. Alors, comment expliquer une telle chute pour le constructeur au trident ?
Il y a encore moins d’une décennie, Maserati nourrissait de grandes ambitions sur le marché du luxe automobile. Aujourd’hui, la réalité est tout autre : la marque italienne, désormais intégrée au groupe Stellantis, traverse une période critique marquée par une chute brutale de ses ventes. Malgré une gamme renouvelée et des modèles techniquement compétitifs, la clientèle semble se détourner, sans qu’une solution immédiate ne se dessine.
Une descente rapide et préoccupante
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Après une année 2024 déjà fragile avec 11 300 voitures écoulées, Maserati enregistre en 2025 un recul encore plus marqué, tombant à seulement 7 800 unités vendues dans le monde. Le contraste est saisissant lorsqu’on regarde en arrière. En 2017, la marque atteignait 51 500 ventes globales, un niveau déjà jugé insuffisant à l’époque face aux ambitions du groupe FCA, qui visait un positionnement proche de Porsche. Aujourd’hui, l’écart avec des concurrents comme Ferrari s’est considérablement creusé.
Une gamme pourtant bien positionnée
Sur le papier, Maserati ne manque pas d’arguments. La GranTurismo incarne le grand tourisme à l’italienne face à une Bentley Continental GT. La MCPura s’inscrit dans l’univers très fermé des supercars, face à des références comme les McLaren 750S ou les Lamborghini modernes. Quant au SUV Grecale, il vise directement le Porsche Macan, tout en conservant des motorisations thermiques. Des produits récents, cohérents et globalement attractifs. Pourtant, l’engouement n’est pas au rendez-vous.
Une stratégie qui interroge
L’une des explications réside dans les choix stratégiques opérés ces dernières années. L’électrification, avec les versions Folgore du Grecale et de la GranTurismo, ainsi que le projet abandonné de MC20 électrique, a pesé sur les résultats. Mais le problème semble plus profond. Même en dehors de ces orientations, les modèles actuels peinent à séduire. Le positionnement, l’image de marque et peut-être une perte d’identité jouent un rôle clé dans ce désamour progressif.
Un avenir sans solution immédiate
À court terme, la situation ne devrait pas s’améliorer. Aucun lancement majeur n’est prévu dans les prochaines années, ce qui limite fortement les possibilités de rebond rapide. La nouvelle direction de Stellantis se retrouve face à un défi complexe : relancer une marque prestigieuse dont les fondamentaux produits restent solides, mais dont l’attractivité s’érode. Réinventer Maserati ne passera sans doute pas uniquement par de nouveaux modèles, mais par une redéfinition claire de son positionnement face à une concurrence toujours plus affûtée.
Maserati n’a pas perdu son savoir-faire, mais elle semble aujourd’hui chercher ce qui faisait autrefois battre le cœur de ses clients.