Sa Ferrari volée, il piège les voleurs en désactivant tout à distance
Une affaire survenue récemment en région parisienne montre jusqu’où peuvent aller les fonctions connectées proposées par certaines automobiles modernes. Après avoir constaté la disparition de sa voiture haut de gamme, son propriétaire a découvert qu’il pouvait encore suivre ses déplacements depuis son smartphone. La technologie embarquée lui a ensuite permis d’intervenir à distance, tandis que les forces de l’ordre recevaient les informations nécessaires pour retrouver le véhicule et interpeller les suspects.
Le voleur apparaît sur la carte
En constatant que son véhicule avait disparu, l’automobiliste aurait pu penser qu’il était déjà trop tard. Sa voiture étant connectée à son téléphone, il lui restait pourtant un moyen de savoir où elle se trouvait. En ouvrant l’application associée au véhicule, le propriétaire a constaté que celui ci apparaissait toujours sur la carte. Sa position évoluait au fil des rues, signe que les personnes parties avec la voiture étaient encore en mouvement.
Il a alors suivi son trajet en temps réel tout en communiquant les différentes positions aux forces de l’ordre. Une fonction de géolocalisation qui allait rapidement devenir beaucoup plus qu’un simple moyen de savoir où se trouvait l’automobile.
Une intervention directement depuis le smartphone
Le système embarqué permettait également d’agir à distance sur la voiture. Le propriétaire a utilisé cette possibilité pour désactiver son moteur.
Selon le récit de l’affaire, l’intervention a entraîné une immobilisation progressive du véhicule alors que les suspects se trouvaient encore à bord. La voiture a ralenti avant de s’arrêter, permettant aux forces de l’ordre d’intervenir.
Les personnes soupçonnées d’avoir participé au vol ont été interpellées peu après. Dans cette affaire, c’est donc l’association entre géolocalisation et intervention à distance qui a permis de reprendre rapidement le contrôle de la situation.
Les voitures connectées multiplient les possibilités
Cette technologie ne se limite pas nécessairement à la localisation. Certains modèles récents permettent depuis l’application du constructeur d’actionner les feux ou le klaxon et proposent parfois une mise en relation avec un centre spécialisé lorsqu’un vol est signalé.
Pour les voitures qui ne disposent pas nativement de telles fonctions, il existe également des traceurs GPS indépendants. Leur tarif se situe généralement entre 50 et 300 euros, auxquels peut s’ajouter un abonnement mensuel permettant d’accéder au suivi en direct.
Les dispositifs les plus complets disposent d’une fonction de coupure. Selon leur conception, celle ci peut intervenir sur le démarreur ou l’alimentation afin d’empêcher le moteur d’être remis en route. Des équipements plus sophistiqués, notamment destinés aux flottes professionnelles ou aux automobiles haut de gamme, sont même capables de diminuer progressivement la puissance afin d’obtenir un ralentissement contrôlé.
Couper un moteur en mouvement n’est pas anodin
Une telle possibilité pose évidemment une question de sécurité. Immobiliser brutalement une automobile alors qu’elle circule pourrait provoquer un accident.
La réglementation française ne permet donc pas d’immobiliser à distance un véhicule encore en mouvement. Les systèmes les plus évolués sont conçus pour tenir compte de cette contrainte. L’ordre peut ainsi ne devenir effectif qu’une fois la voiture complètement arrêtée ou simplement empêcher son redémarrage.
Les spécialistes de la télématique préconisent également de n’utiliser une commande de coupure qu’à très faible vitesse, par exemple lorsque le véhicule se trouve arrêté à un feu ou stationné. Surtout, le conducteur doit éviter de se lancer lui même à la poursuite de sa voiture. La démarche recommandée consiste à prévenir immédiatement les forces de l’ordre, à leur communiquer les positions obtenues grâce au système de suivi et à coordonner avec elles toute éventuelle fonction de blocage.
Plus de 140 000 voitures volées chaque année
L’intérêt pour ces équipements s’explique aussi par l'ampleur du phénomène. Plus de 140 000 véhicules sont dérobés chaque année en France et une proportion croissante de ces vols ferait appel au piratage électronique.
Face à des voleurs eux mêmes de plus en plus familiers des technologies automobiles, les voitures connectées et les traceurs GPS ajoutent ainsi une nouvelle couche de protection aux dispositifs antivol traditionnels.
Dans cette affaire parisienne, le smartphone n’a donc pas seulement servi à retrouver une voiture volée : il est devenu le lien permettant à son propriétaire et aux forces de l’ordre de reprendre la main sur un véhicule qui semblait déjà perdu.


