
Comment cette Ferrari de 1962 a grimpé jusqu’à 70 millions ?
Une voiture de plus de 60 ans vendue presque 40 millions de dollars alors que des hypercars flambant neuves perdent de la valeur dès l’immatriculation. Le paradoxe Ferrari 250 GTO est intact. En ce début d’année 2026, la châssis 3729GT, unique exemplaire livré neuf en blanc, a été adjugée 38,5 millions de dollars en Floride. Et pourtant, ce n’est pas un record absolu.
Une GT conçue comme une voiture de course
La 250 GTO naît en février 1962 à Maranello pour répondre au règlement FIA GT. Ce n’est pas une supercar de salon. C’est une machine d’homologation. Sous la carrosserie façonnée par Sergio Scaglietti, on retrouve un châssis tubulaire léger et le V12 Colombo de 3 litres alimenté par six carburateurs Weber. Environ 300 chevaux, mais surtout une endurance et une stabilité qui font la différence sur 12 ou 24 heures. Les résultats parlent d’eux-mêmes : succès de catégorie à Sebring, victoires à la Targa Florio, au Tour de France Automobile, au Nürburgring 1000 km, podiums au Mans et trois titres FIA consécutifs en GT. La GTO n’est pas devenue chère par hasard. Elle a d’abord été victorieuse.
36 voitures, une rareté irréversible
Le chiffre est connu mais il mérite d’être rappelé : 36 exemplaires seulement entre 1962 et 1964. Chaque châssis est identifié, documenté, suivi. On ne parle pas d’un modèle rare. On parle d’un micro-univers fermé. La 3729GT ajoute une singularité supplémentaire : seule GTO livrée neuve en blanc, restée très proche de son état d’origine. À ce niveau, la moindre nuance historique compte.
De 18 000 dollars à plusieurs dizaines de millions
Au début des années 1960, une 250 GTO se négocie autour de 18 000 dollars. Une somme importante, d’autant qu’Enzo Ferrari sélectionne personnellement ses clients. La rareté est donc organisée dès l’origine. Depuis, les enchères publiques ont franchi les 40 puis les 50 millions de dollars. En privé, des montants proches de 70 millions sont évoqués. Cette progression n’est pas qu’un effet de mode. Elle repose sur quatre piliers : palmarès sportif, production ultra limitée, esthétique intemporelle et traçabilité parfaite.
Un symbole plus qu’un objet
Posséder une 250 GTO, ce n’est pas seulement acheter une voiture. C’est intégrer un cercle extrêmement restreint où l’automobile devient patrimoine culturel. Pebble Beach, Monterey ou Goodwood ne sont plus des sorties, mais des scènes. La GTO agit comme un passeport vers un club que l’argent seul ne suffit pas toujours à ouvrir. Dans un monde où tout s’accélère et où les hypercars se succèdent à un rythme effréné, la Ferrari 250 GTO rappelle une vérité simple : certaines légendes ne prennent pas de valeur parce qu’elles sont anciennes, mais parce qu’elles sont impossibles à reproduire.