Dacia 2000 : roulez en toute "Securitate" !
par Paul Clément-Collin le 12 novembre 2025
C’est à cette époque que j’ai commencé à m’intéresser aux Dacia, et j’ai arrêté de trouver un intérêt historique à cette marque avec l’apparition de la Logan (lire aussi : Dacia Nova). Ce que fait Dacia aujourd’hui est très bien, mais n’a plus vraiment de rapport avec son histoire peuplée de R12 à la sauce roumaine, malgré son attachement à Renault depuis ses débuts.

Si la R12 (appelée sous de multiples appellations en Roumanie, la plus commune étant la Dacia 1300) colle à l’histoire de Dacia (et j’aurais aimé une version « moderne »), je ne vais pas vous en parler aujourd’hui, mais plutôt d’une autre Dacia, beaucoup plus rare : la Dacia 2000. Si Honecker rechignait à rouler est-allemand (lire aussi : La Stasi roulait en Citroën), Ceaucescu lui roulait roumain, mais pas comme le pékin de Bucarest en 1300. Non en 2000, une version des carpates de la R20 TS.

Produite en CKD grâce aux liens de Dacia et Renault, la Dacia 2000 n’est pourtant pas destinée à la masse. Produite en 1981 à quelques exemplaires, elle se destine au dictacteur lui même (en version 2,2 litres de 115 ch) et à la Securitate (mais en version 1,6 litres de 96 ch, faut pas déconner, « on n’a pas les mêmes valeurs »). En tout, 5 à 6 exemplaires de 2,2 litres, et environ 250 en 1,6 litres : on ne peut pas parler de production de masse.

Leur particularité : une boîte auto 3 vitesses, et souvent des équipements « spécifiques » d’état, comme des radios de communication. Pour le reste, ne cherchez pas de cuir, ou d’un luxe tapageur, conduire une Dacia 2000 suffisait à vous classer parmi les privilégiés, ou pire, parmi les gens à fuir au plus vite !

Vu le buzz autour du rachat d’une de ces Dacia 2000 ayant appartenu à Ceaucescu en mai dernier, il est clair que cette voiture est ultra rare. Mais sa valeur est historique. Alors si vous en voyez passer une, sautez sur l’occase, quel qu’en soit l’état. A bon entendeur !
Images : promotor.ro (essentiellement)
Lire aussi: Dacia Lastun et Dacia 1100

Paul Clément-Collin

