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SPORTS CARS

Ferrari 550 Maranello : un V12 nommé Squale !

PAUL CLÉMENT-COLLIN - 12 nov. 2018

Si la tradition d’une 2+2 à moteur V12 à l’avant avait perduré, à Maranello, grâce à la Ferrari 365/400/412 jusqu’en 1989, puis à la 456 GT à partir de 1992, celle d’une sportive stricte 2 places sur la même architecture avait disparu avec la fin de la 365 GTB/4 Daytona en 1973. Chez Ferrari, le sport avait été porté alors par des supercars type BB 512 ou Testarossa au moteur 12 cylindres à plat en position centrale arrière. En juillet 1996, la marque italienne présentait donc la 550 Maranello, en digne héritière de la Daytona.

Dans les années 90, la gamme commençait à être complète et organisée : en entrée de gamme, la F355, version modernisée en 1994 de la 348 offrait sportivité et moteur V8 en position centrale. Pour une clientèle plus bourgeoise, et sans doute plus huppée, la 456 GT proposait un peu plus d’espace avec 2 places à l’arrière. En haut de la gamme, la F512 M issue de la Testarossa commençait à vieillir, tandis que la F50, lancée en 1995 occupait le terrain de la supercar, du sport pur et dur. Manquait donc un intermédiaire entre sport et luxe pour remplacer la 512. Ce sera le rôle de la 550 Maranello.

Pour réaliser cette nouvelle voiture, Ferrari allait se servir d’une base existante et réussie : celle de la 456 GT. Pour le moteur, il s’agit du même V12 de 5.5 litres que sa sœur à 4 places, mais sous le capot avant de la Maranello, celui-ci développait 43 chevaux de plus (485 contre 442) et encore plus de couple. Destiné à une utilisation plus sportive, il était inconcevable que le moteur puisse rester au même niveau de puissance. De même, le châssis tubulaire dérivé de la 456 se voyait raccourcir de quelques centimètres (18 de moins en longueur) : adieu les places arrière donc, mais préservant un petit espace bagage dans l’habitacle ! Grâce à cela, la 550 (dont le nom dérivait directement de la cylindrée, et non de la puissance unitaire) devenait une vraie sportive, avec un 0 à 100 km/h en 4,4 secondes, rien que cela.

Côté style, ce fut Pininfarina (enfin, Lorenzo Ramaciotti) qui s’y colla de façon assez habile : on perçoit une certaine parenté entre la 456 et la 550 sans qu’on puisse parler de gémellité ! Chacune dispose de sa personnalité propre, la 550 récupérant même son petit surnom, le « Squale » (rien à voir avec le capitaine Philippe Boulier), notamment à cause de ses ouïes latérales. La Ferrari 550 Maranello respirait physiquement le sport, avec des ailes plus bodybuildées, et surtout une face avant plus agressive. L’abandon des phares rétractables pour des phares fixes, à la manière des 512 TR et M, lui enlevait un peu d’un charme désuet que possédait encore la 456, mais renforçait visuellement son statut de sportive. Et puis, au final, cela lui allait plutôt bien, ces yeux toujours ouverts au-dessus d’un sourire affirmé (le pare-chocs avant) et sous une entrée d’air très nasale destinée à refroidir le V12 sur le capot moteur en aluminium. En regardant de face la 550, on ne peut pas nier l’expressivité de la voiture. L’arrière se contentait de sobres doubles optiques rondes, en symétrie avec les double-sorties d’échappement, ainsi qu’un léger becquet intégré à la carrosserie. L’ensemble respirait le sport, certes, mais tout en sobriété, sans exagération. Un dessin qui restera d’actualité dix années de suite, quasiment inchangé sur la 575 M qui lui succédera en 2002.

Lors de sa présentation au Nurburgring en juillet 1996, Ferrari avait mis le paquet avec les 2 pilotes de l’écurie de F1 à la parade, Michael Schumacher et Eddie Irvine. Le choix du lieu n’était pas anodin, car il s’agissait d’inscrire véritablement la voiture dans l’imaginaire sportif, et quoi de mieux que l’enfer vert pour démontrer les capacités de la 550 Maranello ? A un peu plus de 1,2 millions de francs de l’époque, on était en droit d’attendre le meilleur, et il fallait le démontrer. Son nom, celui de la commune « historique » de Ferrari, prouvait bien la fierté de ses concepteurs et la noblesse du véhicule.

Au Salon de Paris 2000, Ferrari présentait à l’occasion des 70 ans de Pininfarina une version décapsulée de sa 550, la Barchetta. Il ne s’agissait pas d’offrir une version cabriolet pour juste frimer cheveux au vent, non ! Au contraire, cette Barchetta se voulait vraiment sportive : ici pas de toit ni de capote, juste une petite toile de protection inutilisable à haute vitesse. Pour la sécurité, deux arceaux derrière les sièges gâchaient un peu la superbe ligne de la 550, mais étrangement, on finit par s’y habituer à force de la regarder. Cette version spécifique devait à l’origine être limitée à 444 exemplaires pour finalement atteindre les 448 unités produites entre 2001 et 2002.

La 550 Barchetta est une série exclusive, limitée à 448 exemplaires, et sans réelle capote !

Au total, il y aura 3 083 Ferrari 550 Maranello vendues avant son remplacement par l’évolution 575 M. Il faut bien se rappeler qu’il y à 15 ou 20 ans, les chiffres de production de Ferrari n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui, et on peut considérer que la 550 fut un véritable succès dans la catégorie des voitures coûtant plus de 1 million de francs ! Surtout si l’on considère aussi les 575 M (2 056 ex supplémentaires).

Michael Schumacher fut à nouveau réquisitionné pour la présentation de la Barchetta en 2000, après celle de la 550 Maranello au Nurburgring en 1996

Aujourd’hui, la 550 Maranello se négocie au-delà des 100 000 euros, comme beaucoup de Ferrari exceptées les mal-aimées (du genre de la Mondial par exemple). C’est cher, mais elle conserve une efficacité tout à fait dans le coup, sa grille typique en métal (l’une des dernières Ferrari en boîte manuelle à conserver un style intemporel), et une ligne encore pure par rapport au style des sportives au cheval cabré des années 2000…


CARACTERISTIQUES TECHNIQUES FERRARI 550 MARANELLO

Motorisation

Moteur V12 à 65°, 48 soupapes
Cylindrée 5474 cc
Alimentation Injection Bosch Motronic M5.2
Puissance 485 ch à 7000 trs/min
Couple 568 Nm à 5000 trs/min

Transmission

Roues motrices Arrière
Boîte de vitesses BVM 6 vitesses

Dimensions

Longueur 4550 mm
Largeur 1935 mm
Hauteur 1277 mm
Poids à vide 1690 kg

Performances

Vitesse maxi 320 km/h
Production 3 083 exemplaires (1996-2002)

Tarif

Cote moyenne 2018 130 000 euros (2018)

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