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Goliath/Hansa 1100 : "l'entry-level" de Borgward

PAUL CLÉMENT-COLLIN - 20 août 2017

Villa Constitucion, Etat de Santa Fe, Argentine, un 15 septembre de l’année 1960

Voilà quelques temps que la Hansa 1100, née Goliath 1100, essaie tant bien que mal de représenter l’entrée de gamme du groupe Borgward en Allemagne (lire aussi : Borgward Isabelle). Mais en Argentine, on sait qu’une clientèle allemande existe (ah bon?) et la famille Taubenfeld y voit une façon de faire du business en lançant la société Goliath-Hansa Argentina sous licence : c’est tout de même plus facile de convaincre un groupe en péril que des gloires montantes comme Mercedes ou BMW (même si à l’époque, l’affaire n’était pas gagnée pour la marque à l’hélice, lire aussi : BMW 1500).

Bref, en Argentine, on voit l’intérêt de proposer une allemande sympatoche produite sur place. Oui parce que bon, je vous fais pas un dessin, mais y’a un certain nombre de mecs qui se sont installé là-bas : il paraît que l’air de Buenos Aires est meilleurs que sur les rives de la Baltique… Et puis, là-bas, on est assez germanophile, du moins la junte au pouvoir. Ca aide.

Donc en Argentine, entre l’année 1960 et l’année 1961, on va fabriquer des Goliath/Hansa 1100 dans une usine de 19 000 m2 prévue à cet effet. Mais bon, c’est quoi cette affaire de 1100 allemande. Voici sa (petite) histoire.

En fait, la marque Goliath est une « sous-marque » du groupe Borgward, et ce depuis les années 30 (en fait, Goliah est rachetée en 1929 par le tycoon allemand Carl Borgward). On appelerait ça une marque « entry-level » aujourd’hui, façon Dacia pour Renault, Datsun pour Nissan ou… Fiat pour Fiat. De son côté, Borgward s’occupe du haut de gamme et tente de rivaliser avec Mercedes, avec plus ou moins de succès. En fait, le groupe est le fruit de l’accumulation de plusieurs marques : Hansa-LLoyd devenue Hansa, Goliath puis Borgward créée pour faire plaisir au patron (c’est chouette d’avoir une marque à son nom, non?).

Bref, en 1957, la marque Goliath sort une petite voiture, disponible en 2 portes « saloon », 2 portes « coupé », 3 portes « break » et 3 portes « panel van » (une commerciale quoi!). A Genève, en mars de cette année là, on va pas dire que tout le monde s’exclame, mais bon, on croit encore qu’il suffit de moderniser la GP700/GP900 de 1950 pour proposer une nouvelle voiture. Hop, une carrosserie un poil plus moderne, et roule ma poule !

Un 4 cylindres boxer sous le capot, 1100 cm3 (on va pas chercher loin pour lui trouver un nom, vous avez vu?), 41 chevaux tout mouillés, voilà donc la Goliath 1100. En octobre 1958, pour être sûr que tout le monde suive, banco, on la rebaptise en Hansa 1100, il faut croire que la marque Hansa exhumée faisait plus chic que Goliath (un peu trop biblique et plus tellement vrai, tant elle ressemblait plus à David). Comment foutre le bordel sans raison et en deux temps trois mouvements.

Malgré la signature du contrat de licence en Argentine, la 1100 ne fera jamais un carton. Malgré une ligne alléchante (notamment, ou plutôt surtout, en coupé), il ne s’en vendra que 43 000 exemplaires toutes carrosseries confondues. Ca vaut pas tripette, mais bon, tout le monde sort des produits modernes à l’époque, surtout en Allemagne..

Et puis, il faut bien dire que le manque de moyen de Carl Borgward et sa faillite retentissante en 1961 ne permettra jamais à la 1100 de s’imposer vraiment. Même si la marque perdurera un peu au Mexique après la faillite (lire aussi : Borgward 230), la 1100 ne sera pas de la partie. En Argentine, l’aventure ne durera pas au delà de 1961, faute de vente là aussi. Quand on est maudite, on l’est pour de bon !

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