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Lynx Eventer designed by Paolo Gucci : one shot de luxe

PAUL CLÉMENT-COLLIN - 9 juin 2017

Depuis que j’ai découvert l’Aston Martin Vantage Shooting Brake alors que j’étais adolescent (lire aussi : Vantage Shooting Brake), je suis devenu un inconditionnel du break de chasse. Il n’y a pas plus inutile (donc indispensable) et chaque Shooting Brake dégage une élégance toute britannique (normal, la plupart sont dérivés de modèles anglais). Peu de temps après, j’ai aussi découvert la Lynx Eventer, une superbe réalisation sur la base d’une Jaguar XJS (lire aussi : Lynx Eventer). Et c’est l’une d’elle qui m’intéresse aujourd’hui : la fameuse Lynx Eventer designed by Paolo Gucci (c’était du moins son nom officiel avant que… mais j’anticipe).

Mais qui était donc ce Paolo Gucci ? Tout simplement le petit-fils du fondateur de l’Empire du luxe Gucci, Guccio Gucci. Durant les années 70 et début 80, il sera le designer vedette de l’entreprise familiale, s’estimant responsable de 80 % de la production de Gucci durant cette époque. Cependant, la vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille, surtout quand il y a pouvoir et pognon à la clé, si bien qu’inévitablement, la discorde familiale s’installera dès 1982. Dès lors, Paulo entrera en lutte contre ces frères, son cousin, et son oncle. Un beau foutoir !

Après des années de lutte notamment judiciaire, il obtient en 1987 le droit de créer sa propre ligne, Paulo Gucci. Et comme notre ami a les idées large, il se voit bien fricoter avec l’industrie automobile pour proposer un engin luxueux, chic et design. Et pour arriver à ses fins, quoi de mieux que de s’associer à un petit constructeur british à la production confidentielle mais reconnue des amateurs du genre : Lynx.

Le deal se fait justement en 1987. L’idée : lancer un modèle d’Eventer en série limitée à 20 exemplaires, avec des logos designed by Paolo Gucci, dans une teinte bleue de toute beauté, et un intérieur retravaillé par Paolo himself. Il faudra cependant un peu de temps pour concrétiser l’affaire et ce n’est qu’en 1990, au Salon de Genève, qu’est présenté le premier modèle, censé attiré le riche chaland (quoi de mieux que Genève pour ce genre de sport).

Le premier jour du salon, la voiture est exposée sur le stand de Lynx. Mais ce qui devait arriver arriva. Le deal permettant d’exploiter la marque « Paolo Gucci » dépendait d’une clause : que Paolo reste au capital du groupe. Or, en vendant ses parts en 1987 pour 45 millions de $, Paolo perdait aussi ses droits. Il le savait sans doute pertinemment mais tenta le tout pour le tout, espérant jouer sur le fait accompli. Mais les avocats de la marque Gucci ne l’entendent pas de cette oreille. Dès le deuxième jour, ils imposent à Lynx de retirer toute mention à Paolo Gucci, au prétexte qu’il ne détient aucun droit sur la marque.

Dès le lendemain, la voiture n’est plus qu’une Lynx au design spécifique, sans aucune référence à son designer. Mais le message est clair pour la petite marque : il n’est plus question d’espérer produire 20 exemplaires de ce modèle à 100 000 $ sans référence à la marque de luxe. L’affaire en restera là, et Paolo restera avec son Eventer sur les bras.

Malgré la vente de ses parts en 87 et l’argent considérable reçu en échange, Paolo est un flambeur, et rapidement, les besoins d’argent se font sentir. Il doit rapidement se séparer de « son » Eventer, et la revend à un certain David Andrew Richards. La voiture sera à nouveau vendue par la suite (en 2014) à un collectionneur, Ian Berg, qui la remettra totalement en état, avant de la remettre en vente en 2016 (vente Bonhams). Elle se vendra, ce jour là, à 97 262 euros.

Mais revenons à Paolo. Après avoir vainement tenté de racheter son Eventer, il passera l’arme à gauche en 1995, sans raison prouvée de son décès. Il laissait derrière lui 95 millions de $ de dettes. Peu de temps avant, son cousin avec lequel il s’était bien embrouillé dans les années 80 mourrait assassiné. Les 20 exemplaires de l’Eventer, et les ambitions de ligne à son nom restèrent lettre morte. Ne reste donc que cet unique exemplaire, qui devrait un jour ressortir dans les ventes aux enchères, encore et toujours plus cher.

Images: Bonhams

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