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Packard Twelve Concept : la dernière Packard

PAUL CLÉMENT-COLLIN - 23 août 2016

Vous aimez les grosses américaines, vous rêvez d’un V12, d’une exclusivité à toute épreuve (1 seul exemplaire), d’un nom connu et reconnu sur le capot, et vous n’avez pas peur du ridicule ? Alors partez à la recherche du propriétaire de la Packard Twelve Concept, qui l’a acheté aux enchères en 2014 pour la modique somme de 143 000 $. Et si vous trouvez l’addition un peu salée, rappelez-vous que ce prototype a coûté pas moins de 1 500 000 $ au promoteur du « retour » de Packard à la fin des années 90.

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Packard, après une fusion un peu ratée avec Studebaker, avait cessé toute production en 1956. Certes, un petit malin avait racheté les droits de la célèbre marque pour lancer Packard Bayliff Coach dans l’Ohio, une officine rebadgeant de vulgaires Cadillac avec une nouvelle calandre et le logo Packard, mais de là à dire que Packard existait toujour hein ?

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Roy Gullickson a fait fortune en vendant du matériel agricole, et a touché un petit pactole en revendant les parts de sa société au début des années 90. Beaucoup auraient profité de l’argent pour vivre une retraite heureuse et sans soucis. Mais Roy est un passionné de l’antique marque américaine, et se dit qu’avec le pognon, il pourrait bien la relancer.

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Pour 50 000 $, notre ami un peu fou rachète les droits de la marque Packard, et avec 5 ingénieurs et techniciens, ainsi que l’aide d’un designer, Arunas Olaspus (un ancien de chez Zimmer notamment, ce qui explique sans doute le côté baroque du prototype), il se lance dans la réalisation de son projet, la Packard Twelve, à partir de 1994.

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La future Packard sera prête à la mi 1998 et présentée en Octobre de la même année à Tucson. Sous le capot, un V12 de 525ci, développant 440 ch, conçu par Falconer Industries, spécialisé dans les moteurs de voitures de course. Elle atteint le 0 à 60 mph (un peu moins de 100 km/h) en 4,8 secondes. Il faut dire que malgré son look pachydermique, la Twelve ne pèse « que » 1700 kg. Bref, la Twelve veut jouer dans la cour des grands… Et mine de rien, elle a quand même 4 roues motrices !

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C’est sans doute la ligne de la Twelve qui dérange le plus, hésitant entre passé et futur. On retrouve un peu toutes les inspirations, ici du Packard d’antan, là du Tucker. Le profil général semble un peu mou (certains diront qu’elle a fondu au soleil), et la calandre biscornue n’arrange rien à l’affaire. Drôle d’engin esthétiquement en vérité : une chose est sûre, c’est qu’elle ne plaît pas à tout le monde.

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Gullickson est d’apparence mesuré : il pense produire 10 à 12 Packard Twelve la première année, au prix de 160 000 $, et 75 sur les 3 prochaines années… Mais ses ambitions pour 2010 sont ahurissantes : 2000 véhicules par an ! Rien que cela. En réalité, notre ami n’a plus beaucoup d’argent en caisse, et n’a pas vraiment les moyens de produire ne serait-ce que les 10 premières, malgré 70 bons de commande signés (selon lui hein, car rien n’est moins sûr).

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En fait, Gullickson le sait : il lui faut au moins 10 millions de $ pour lancer la production, puis investir encore 20 millions pour des plus grandes séries. Et quand bien même il aurait eu l’argent, la partie n’aurait pas été gagnée. Son concurrent désigné, Bentley, se moquera d’ailleurs du projet par la voix de son porte parole John Crawford qui précisera qu’il faut au moins 70 millions de $ pour développer une nouvelle Bentley. Bref, l’affaire tournera vite au fiasco, et la Twelve ne rentrera jamais en production.

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Pendant des années, Gullickson va tenter de revendre le package marque + prototype au prix de 1,5 millions de $, histoire de rentrer dans ses frais. Sans succès. Finalement, il se résoudra en 2014 à vendre seulement le prototype aux enchères, via RM Auctions. La voiture se vendra donc… 143 000 dollars, laissant un goût amer et une perte sèche à Roy Gullickson.

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Si vous êtes tombé amoureux de cette drôle de berline (on sait jamais hein, certains aiment le bizarre), vous savez ce qu’il vous reste à faire : retrouver l’heureux acheteur et lui faire une offre ! Avec un peu de chance, vous pourriez repartir au volant de ce proto déjanté, moche à souhait mais exclusif au possible, et surtout la dernière Packard jamais construite !

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