PGO : ça sent le sapin !
par Paul Clément-Collin le 12 novembre 2025Voyez donc : dans un article de l’Obs fin mars, on notait un chiffre d’affaires de 396 000 euros pour cette année-là (pour 8 véhicules vendus, source: rapport des comptes PGO 2014). Ce qui n’empêchait pas le flamboyant patron algérien de la marque, Zouhir Boudemagh, de dépenser 670 000 euros en publicités (on se demande bien où est passée cette campagne d’ailleurs), 308 000 euros en voyages et 104 000 euros en frais de réception, sans compter 245 000 euros de dépenses « non identifiées » (lire l’article de l’Obs ici : Les mauvais comptes du mécène de Mme Valls). L’affaire prend même une tournure politique puisque le patron était aussi le mécène de la violoniste Anne Gravoin, femme du premier Ministre Manuel Valls, qui finira par démissionner de l’orchestre Alma Chamber Orchestra, sans doute pour éviter le scandale !
En attendant l’assemblée générale des actionnaires qui aura lieu le 30 juin prochain, les financiers koweitiens qui remettent au pot depuis plus de dix ans ont décidé que l’affaire avait assez durée, et ont fermé les vannes des pétrodollars, laissant PGO dans une situation de quasi faillite : sur les 57 salariés, n’en restent plus que 12 aujourd’hui encore en activté, selon l’Obs, les 45 autres se retrouvant au chômage technique !
Malgré la qualité des voitures produites par PGO, et leur originalité (Cévennes C, Speedster, Hemera), malgré la confiance de BMW qui lui fournit ses moteurs et l’appui financier de riches pétroliers, rien n’y fait, la marque ne veut pas décoller. La faute sans doute à une trop grande discrétion, tant en publicité (malgré les fameux 670 000 euros dépensés), qu’en relation presse (obtenir une voiture relève de la gageure, et il aura fallu l’enthousiasme et l’intelligence de Thibault Girost, distributeur PGO à Troyes, pour remettre en avant les modèles). Les modèles aussi commencent à dater, malgré des remises à niveau (passage de PSA à BMW) et des évolutions stylistiques. Le réseau de distribution quant à lui reste embryonnaire, et rien ne semble fait pour y remédier. Dans ces conditions, comment oser croire vendre des voitures en nombre suffisant pour rentabiliser une masse salariale de cette ampleur, et une usine ?
En attendant, il se pourrait que PGO ne passe pas l’été, du moins sous cette forme ! L’assemblée générale permettra d’y voir plus clair, mais la situation semble indiquer une faillite prochaine, sauf retournement de situation ! A moins que la marque soit mise en vente, mais qui voudra alors miser un kopeck vue la situation ? Affaire à suivre donc !

Paul Clément-Collin
