Triumph TR3A : destination USA
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Triumph TR3A : destination USA

Par Paul Clément-Collin - 03/08/2018

Dans les années 50, l’industrie automobile anglaise institutionnalisa le roadster à l’anglaise. Pendant plus de 20 ans, Triumph, MG ou bien Austin Healey feront le bonheur des amateurs de vitesse cheveux au vent et « cul au sol ». Une tradition qui tombera en désuétude au début des années 80 avec la dernière TR7 (lire aussi : Triumph TR7). La mode semblait être passée, et l’industrie automobile britannique en difficulté tenta surtout de survivre. Le créneau n’était pourtant pas épuisé, et c’est un japonais, Mazda, qui ressuscita le concept en 1989 avec la fameuse MX5 (lire aussi : Mazda MX5). Parmi les roadsters anglais qui comptèrent dans cette période de gloire (des 50’s aux 70’s), on trouve la TR3, et particulèrement la TR3A partie avec succès à la conquête de l’Amérique.

La TR3A dérivait de la TR3 : elle en est en fait la « phase 2 »

Soyons clairs dès le départ : la TR3A n’existe pas (pas plus que la TR3B), du moins pas officiellement sous cette appellation, mais afin de distinguer les différentes phases de la TR3, les amateurs de la marques finirent par y ajouter ce A à la première évolution du modèle en 1957. Ce A n’était pas anodin puisqu’il faisait référence à l’Amérique, marché quasiment exclusif de cette nouvelle version. Mais revenons plutôt au commencement.

La TR3A se distingue visuellement de la TR3 par sa calandre plus large et ses chromes supplémentaires

Au commencement, donc, fut la TR2, produite de 1953 à 1955. Elle inaugurait chez Triumph le concept de petite sportive légère à 2 places et dotée d’un moteur puissant (à l’époque, 90 chevaux pour 935 kg offraient des sensations, que l’absence de toit et la position basse accentuaient), le tout pour un prix contenu (moins de 500 £). Cette première de la série TR (la TR1 n’en était que le prototype) rencontra un succès suffisamment convaincant (8 636 exemplaires) pour que Sir John Black, le patron de la marque, décide de la faire évoluer.

C’est ainsi qu’en 1955 naquit la TR3. Malgré un changement de chiffre, la TR3 n’est finalement qu’une évolution de la TR2, mais les modifications esthétiques justifiaient à elles seules une nouvelle appellation. Son moteur Standard Vanguard gagnait 5 chevaux par rapport à la TR2 grâce à des carburateurs plus gros (S.U. HS6) tout en perdant un peu de poids (904 kg). Dès la TR2, l’objectif de Sir Black était de conquérir l’Amérique, mais c’est avec la TR3 « phase 1 » que ce rêve deviendra plus tangible : sur les 13 377 exemplaires produits entre 1955 et 1957, moins de 1 500 exemplaires furent vendus sur le sol britannique. Dès lors, il fut décidé de faire évoluer la TR3 pour séduire encore plus le marché américain, bien plus grand et source de devises fortes (le dollars roi en cet après-guerre).

La TR3A est donc une TR3 « phase 2 » destinée spécifiquement à l’Amérique. La modification la plus visible concerne la calandre qui désormais s’étale sur quasiment toute la largeur avant de la voiture afin de séduire les acheteurs américains friands de chromes et d’ostentatoire. Les joncs noirs deviennent eux aussi chromés, tandis que la technique évolue : la TR3A reçoit des freins à disques lui procurant un freinage largement supérieur à la concurrence, et son 4 cylindres 2 litres passe à 100 chevaux (mais avec un poids en hausse à 948 kg). Comme la TR3, elle s’équipait d’une boîte manuelle à 4 vitesses ainsi qu’un overdrive.

Destinée à l’Amérique, elle le fut particulièrement dans les faits, puisqu’il faudra attendre 1958 pour que des clients américains puissent commander une TR3A, alors que la production avait commencé en septembre 1957. Aux USA, la TR3A fait un tabac : c’est le dernier chic de rouler dans un petit roadster anglais, et particulièrement une Triumph, d’autant qu’elle reste très abordable. Loin des « sportives » européennes puissantes et luxueuses que s’offrent les grandes fortunes, la TR3A est une alternative originale pour la classe moyenne supérieure ou les professions libérales désireuses de se faire plaisir et de marquer leur différence.

En 1957, Vignale envisage déjà l’avenir avec un look plus américain. Elle préfigure (un peu) la TR4 (ci dessous)

Dès 1957, Michelotti chez Vignale va travailler sur une nouvelle évolution stylistique sur la base de la TR3A : plus « américanisée », elle inspirera le modèle suivant, la TR4 qui signera en 1961 l’arrêt de la TR3, après 58 236 exemplaires exportés à 90 % vers les Etats-Unis. L’arrêt de mort ? Pas tout à fait : Triumph avait un peu surestimé le marché américain sur la fin de vie de la TR3A, et restait avec un certain nombre d’exemplaires sur les bras. Or le distributeur de Triumph aux Etats-Unis semblait dubitatif sur les chances de succès de la nouvelle TR4. Il lança donc une première série de 530 exemplaires (dont 29 exemplaires seront appelées « Italia », nous y reviendrons) améliorée en termes qualitatifs et dotés d’une nouvelle boîte de vitesse. Une deuxième série sera ensuite produite, reprenant le moteur 2.1 et la boîte de la nouvelle TR4 produite en parallèle. Après 2 804 exemplaires produits en 1962, la TR3 rendait définitivement son tablier, tandis que la TR4 prenait son envol, séduisant enfin le marché américain.

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES

Motorisation

Moteur4 cylindres en lignes, 8 soupapesCylindrée1991 cm3Alimentation2 carburateurs S.U. HS6Puissance100 chevaux à 5000 tours / minutesCouple159 Nm à 3000 tours minutes

Transmission

Roues motricesPropulsionBoîte de vitessesManuelle à 4 rapports + overdrive

Freinage

Freins avantDisquesFreins arrièresTambours

Roues / Pneus

Jantes15 poucesPneumatiques5.50-15

Dimensions

Longueur3835 mmLargeur1422 mmHauteur1270 mmPoids à vide948 kg

Performances

Vitesse maxi170 km/hProduction58236 exemplaires, 1957-1961

Tarif

Cote moyenne 201830 000 euros

Paul Clément-Collin

Paul Clément-Collin

Paul Clément-Collin est une figure reconnue du journalisme automobile français. Fondateur du site culte Boîtier Rouge, sacré meilleur blog auto aux Golden Blog Awards 2014 et cité parmi les médias auto les plus influents par Teads/eBuzzing et l’étude Scanblog Advent, il a ensuite été rédacteur en chef de CarJager et collaborateur de Top Gear Magazine France. Journaliste indépendant, spécialiste des voitures oubliées, rares, iconiques ou mal-aimées, il cultive une écriture passionnée et documentée, mêlant culture auto, design, histoire et anecdotes authentiques, et intervient également sur des événements majeurs comme le Mondial de l’Auto.

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