Turbot 2 Turbotraction : du rêve à la réalité !
par Paul Clément-Collin le 12 novembre 2025
La Turbotraction telle qu’on la voit dans Spirou !
Comme on peut le découvrir sur cet excellent site dédié au petit groom et à son ami photographe/journaliste (lire aussi : http://spirou.perso.free.fr/Sp_Dossiers/VOITURES/Turbot.html), la marque des Automobiles Turbot apparaît pour la première fois en 1951 dans l’Album « Spirou et les héritiers ». On y apprend que son premier modèle, surnommé le Tandem, est sorti en 1908. Entre temps, Turbot a bien évoluée, défendant les couleurs de la Belgique en Formule 1, et développant de superbes voitures : la Rhino 1 d’abord (en 1953) puis la Turbotraction 2 ensuite (en 1958, fortement inspirée de la Ford FX-Atmos).
Les travaux préparatoires de Louis de Fabribeckers Si la marque est belge, il est clair que Franquin s’inspire clairement de la marque française Talbot, dirigée jusqu’à sa revente à Simca en 1958 par Anthony Lago (lire aussi : Henri Pigozzi, l’âme de Simca). Il y a aussi un lien fort avec Citroën, vu l’attachement viscéral de la marque belge pour la traction avant. On notera l’utilisation avant-gardiste du Turbo !
La fabrication de la Turbot 2 Les deux modèles apparaîtront successivement dans plusieurs albums des aventures de Spirou, devenant emblématiques de la série, et faisant rêver des milliers de bambins déjà accros à la chose automobile. Ces doux rêveurs de l’époque seront parfois à l’origine du passage du papier à la réalité de ces modèles de rêve. La première de ces voitures de bandes dessinées à voir le jour sera la Vaillante Grand Défi, sur une base Hommel, et qui sera produite en petite série (lire aussi : Vaillante Grand Défi).
La Turbotraction enfin prête ! La marque Turbot ne pouvait rester à l’écart de ces « revivals », et pour l’occasion d’une exposition sur le Monde de Franquin à Paris en décembre 2004, le suisse Sbarro présenta sa vision de la Turbot Rhino 1 de 1953, sur une base de Citroën Xantia Activa V6 ! Si Sbarro tente de rester fidèle à sa sœur de papier, le résultat n’est pas à la hauteur des attentes.
L’arrière travaillé fait rêver ! C’est en 2006 qu’un autre designer, belge celui-là, mais oeuvrant pour le carrossier italien Touring, va s’attaquer à la Turbotraction. Plus futuriste encore que la Rhino 1, la tâche s’annonçait ardue. Louis de Fabribekers (belge lui aussi, à qui l’on devra plus tard la superbe Maserati/Touring A8GCS) va pourtant s’en sortir bien mieux que le designer suisse, en restant fidèle à son modèle dessiné et en proposant une version tout à fait crédible de cette voiture incroyable. Sous le capot, on trouve un moteur de Porsche 924, situé à l’avant. La Turbotraction est évidemment une… traction ! Ce qui fait qu’il s’agit sans doute de la seule traction avant à moteur avant dotée d’un moteur Porsche.[EDIT: comme me le signale Christian, lecteur avisé, il s’agit bien d’un châssis de Porsche 924: la Turbotraction est donc… une propulsion !]
L’intérieur luxueux et vintage ! En revanche, si l’on sait qu’il s’agit d’un moteur de 924 que Fabribeckers a choisit, quid du modèle exact ? S’agit-il d’un 2 litres atmosphérique de 125 ch, comme indiqué parfois ? Ou bien d’un 2 litres turbo de 170 ou 177 ch issu d’une 931 ? Cette deuxième option n’est jamais indiquée, alors qu’elle semblerait la plus crédible pour « respecter » l’idée de Franquin d’un moteur Turbo !

Si cette Turbotraction fabriquée par Touring sera exposée à Bruxelles en octobre 2006 pour une autre exposition dédiée au monde de Franquin, il s’agit pourtant d’une commande d’un riche collectionneur d’automobile et passionné par Spirou : cette voiture existe donc toujours, et surtout, roule encore ! Il est donc aujourd’hui possible de résoudre le mystère de son moteur : alors turbo ou atmo ?
Images : Corriere dela Sera

Paul Clément-Collin
