
Un panier de pique-nique à 40 000 € dans une Rolls-Royce : l’option la plus folle jamais vue ?
Chez Rolls Royce, une option peut coûter plus cher qu’une citadine neuve. Sur cette Phantom Drophead de 2009, la surprise ne se cache pas sous le capot. Qui aurait imaginé qu’un simple panier de pique nique puisse valoir 40 000 euros ? Avec 500 heures de travail annoncées, l’accessoire devient presque une voiture dans la voiture.
Chez Rolls Royce, la personnalisation fait partie du mythe autant que le silence de marche ou la moquette épaisse. Cette Phantom Drophead actuellement proposée en Allemagne en donne une belle démonstration. De l’extérieur, le grand cabriolet semble presque raisonnable dans sa configuration noire, avec un intérieur en cuir beige brun et des boiseries élégantes. Mais son coffre renferme une option beaucoup moins discrète qu’elle n’en a l’air : un nécessaire de pique nique facturé 40 000 euros lors de l’achat neuf.
Une Phantom Drophead sobre en apparence
Les Rolls Royce aux configurations extravagantes ne manquent pas, tant la marque anglaise accepte les demandes les plus personnelles de ses clients. Couleurs très voyantes, matériaux précieux, accessoires inhabituels, presque tout devient envisageable lorsque le budget suit. Ici, pourtant, cette Phantom Drophead ne cherche pas l’effet spectaculaire au premier regard. Le cabriolet de 2009 se présente avec une carrosserie noire, un habitacle clair tirant vers le brun et une ambiance très classique. Rien de tapageur, rien de provocant, seulement le luxe massif et feutré que l’on attend d’une grande Rolls.
Un coffre modeste, mais un contenu exceptionnel
La surprise apparaît en ouvrant le coffre. Sa capacité de 315 litres n’impressionne pas vraiment pour une voiture de ce gabarit. À titre de comparaison, une nouvelle Renault Twingo peut presque faire aussi bien lorsque sa banquette est avancée, malgré une longueur inférieure d’environ deux mètres. Mais ce coffre accueille surtout un accessoire rarissime : le kit de pique nique Rolls Royce. À l’époque, cette option coûtait 40 000 euros, soit plus que de nombreuses voitures neuves. Le prix paraît fou, mais il s’explique par le soin apporté à chaque élément.
Hermès, David Mellor et Wedgwood au menu
Le panier ne se contente pas de quelques assiettes rangées dans un coffret. Les deux tabourets, réalisés en bois et en cuir, portent la signature Hermès. Les couverts viennent de David Mellor, maison anglaise dont certains ensembles peuvent atteindre plusieurs milliers de livres sterling. Les assiettes sont en porcelaine Wedgwood, avec une valeur qui se chiffre déjà en centaines d’euros. Les verres et les carafes sont fabriqués en Hongrie selon une méthode traditionnelle remontant à plusieurs siècles. Autant dire qu’un geste maladroit pourrait transformer une pause champêtre en moment très coûteux.
Une option presque artisanale
Rolls Royce estime qu’environ 50 voitures seulement auraient reçu ce nécessaire de pique nique. Chaque panier demanderait 500 heures de travail, ce qui explique en partie son prix délirant. L’accessoire raconte aussi une certaine idée du luxe britannique. Il ne s’agit pas seulement d’ajouter un objet pratique, mais de prolonger l’univers de la voiture jusque dans le décor d’un déjeuner en plein air. Avec une telle mise en scène, on imagine davantage du caviar que des sandwichs sous plastique.
Une voiture déjà hors norme
Ce panier à 40 000 euros reste pourtant inférieur à 10 % du prix total de la voiture neuve. En 2009, une Phantom Drophead affichait déjà un tarif de base de 440 000 euros. Avec cette option et le reste de la configuration, le premier propriétaire a probablement dépassé le demi-million d’euros. Aujourd’hui, l’exemplaire est proposé à 244 900 euros. Rapporté à son prix d’origine, il pourrait presque passer pour une opportunité, du moins dans le monde très particulier des grandes Rolls d’occasion.
Un yacht roulant de 5,60 mètres
La Phantom Drophead mesure 5,60 mètres de long et reprend tout ce que Rolls Royce savait offrir de plus fastueux à cette époque. Sous son capot, le V12 6,75 litres développe 460 ch et emmène les quelque 2,6 tonnes de l’ensemble avec la souplesse attendue. Ce poids paraît énorme, mais il choque presque moins aujourd’hui, à l’heure où les modèles électriques et hybrides rechargeables repoussent eux aussi les limites de la balance. La Rolls conserve surtout cette présence de yacht roulant, pensée moins pour attaquer une route que pour la traverser dans un calme souverain.
Dix sept ans et seulement 18 000 km
Le compteur affiche seulement 18 000 km en 17 ans. Les sorties cheveux au vent ont donc été rares. Les pique niques avec le fameux kit l’ont sans doute été encore davantage. Le détail le plus amusant reste peut-être sa capacité d’accueil. La Phantom Drophead peut transporter quatre occupants dans un confort princier, mais son nécessaire de pique nique n’est prévu que pour deux personnes. Une manière assez radicale de rappeler que, même chez Rolls Royce, tout le monde n’est pas forcément invité à table.
Cette Phantom Drophead prouve qu’à Goodwood, le luxe ne se mesure pas seulement en chevaux ou en cuir pleine fleur, mais aussi dans l’art de transformer une pause en plein air en privilège à 40 000 euros.