Volkswagen Brasilia : pour en finir avec la Fusca
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Volkswagen Brasilia : pour en finir avec la Fusca

Par Paul Clément-Collin - 27/03/2017

Malgré ses origines on ne peut plus allemandes, et ses liens capitalistiques avec la firme de Wolfsburg (lire aussi : Wolfsburg), Volkswagen do Brasil est considérée par les brésiliens comme une véritable marque nationale, et la Fusca sera sans conteste l’une des voitures les plus populaires du pays (lire aussi : VW Fusca). Aussi, il n’est pas étonnant de trouver dans sa gamme des modèles spécifiquement dédiés à la clientèle locale, telle cette VW Brasilia dont je vais vous parler aujourd’hui.

Rien que son nom, reprenant celui de la capitale brésilienne, prouve l’attachement qui lie Volskwagen au Brésil (et vice versa). C’est en septembre 1970 que le dynamique patron de la filiale brésilienne, Rudolf Leiding (sa capacité à augmenter de 50 % les ventes de VW au Brésil lui permettra d’atteindre en 1971 le poste suprême de PDG de Volkswagen, dont il assurera le redressement), décide de lancer un modèle spécifique au Brésil, et capable de remplacer la Fusca (le petit nom de la Cox là-bas) dans le cœurs des cariocas et des paulistes.

Cette Brasilia se doit donc d’être plus grande, plus pratique et plus moderne que la Fusca, tout en reprenant de nombreux éléments déjà existant : ainsi, le châssis sera celui de la Cox, tandis que le moteur sera le 1600 boxer refroidi par air de la 1600 Variant, à simple carburateur et 60 ch (en 1976, elle recevra deux carbus pour atteindre 65 ch, et en 1980, un modèle 1.3 litre fonctionnant à l’alcool de 49 ch sera aussi proposé). Pour la ligne, la Brasilia sera une sorte de croisement entre une 411/412 (lire aussi : VW 411/412) et une SP2, spécialité brésilienne sortie fin 1971 (lire aussi : VW SP2).

Il faudra 3 ans et 40 prototypes pour finaliser la Brasilia, qui sort sur le marché en mai 1973. Deux carrosseries sont alors proposées, 3 ou 5 portes, mais la 5 portes restera très anecdotique dans les ventes (elle sera d’ailleurs produite sous cette forme en CKD au Nigeria à partir de 1976 sous le nom de Volkswagen Igala). La première année (1973), 34 320 exemplaires sont vendus, mais dès l’année suivante, les ventes passent à 82 393 unités, et 1978 verra la Brasilia atteindre son record de 157 700 ventes. Entre 1973 et 1982, Volkswagen vendra 931 204 Brasilia au Brésil, et en exportera 133 212 exemplaires (essentiellement en Amérique Latine, mais aussi aux Philippines et au Portugal). Dès 1973, la filiale mexicaine produira aussi la Brasilia, mais avec moins de réussite : seuls 72 377 voitures seront produites là-bas.

L’une des clés du succès de la Brasilia sera une petite astuce légale : pour profiter de taxes allégées, la version 3 portes étaient à l’origine vendue comme un utilitaire léger. Cela explique aussi pourquoi la 5 portes ne rencontrera jamais son public. Grâce à ce stratagème, la Brasilia va participer à l’essor de Volkswagen au Brésil, sans pour autant vraiment remplacer la Fusca. Il faudra attendre 1980 et la Gol pour trouver une vraie héritière 100 % brésilienne (lire aussi : VW Gol).

Aujourd’hui, c’est surtout sa ligne qui séduit les amateurs : une délicieuse plongée dans les années 70, une gueule atypique, avec ces grandes surfaces vitrées, son lourd popotin et sa face avant à 4 phares qui lui donne un air étonné. Elle a d’ailleurs les faveurs des « tuners » brésiliens, et fait même fureur dans le rat’s style à la mode aujourd’hui. Mais rouler en Brasilia, c’est aussi afficher sa différence : pur modèle du VW pré-Golf, avec son moteur à l’arrière , et peu diffusée en Europe, elle permet de se la jouer puriste sans pour autant taper dans l’éternelle Cox devenue bien convenue. Un peu d’exotisme et d’originalité sur nos routes ne peut pas faire de mal !

Paul Clément-Collin

Paul Clément-Collin

Paul Clément-Collin est une figure reconnue du journalisme automobile français. Fondateur du site culte Boîtier Rouge, sacré meilleur blog auto aux Golden Blog Awards 2014 et cité parmi les médias auto les plus influents par Teads/eBuzzing et l’étude Scanblog Advent, il a ensuite été rédacteur en chef de CarJager et collaborateur de Top Gear Magazine France. Journaliste indépendant, spécialiste des voitures oubliées, rares, iconiques ou mal-aimées, il cultive une écriture passionnée et documentée, mêlant culture auto, design, histoire et anecdotes authentiques, et intervient également sur des événements majeurs comme le Mondial de l’Auto.

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