Volkswagen Passat W8 : luxe, puissance et discrétion !
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Volkswagen Passat W8 : luxe, puissance et discrétion !

Par Paul Clément-Collin - 30/10/2015

Si j’ai beaucoup de souvenirs de jeune adulte à bord d’une Volkswagen Passat B3 break, et si je reconnais à la Passat B4 une certaine originalité, à défaut d’être belle, je vous l’avoue tout de go : la Passat B5 (et ses descendantes par la même occasion) m’ennuie. C’est sûrement une bonne voiture, mais elle représente pour moi le début d’une certaine banalisation du design, tendant vers l’uniformisation et la standardisation des canons automobiles, un reflet de notre époque moderne, dont Audi et Volkswagen se sont faits les champions, entraînant dans leur sillage quasiment tous les autres constructeurs.

La Passat B5 est donc jolie, mais sans âme, et pour cette raison, ne m’a jamais séduit. Jamais ? Ce n’est pas tout à fait vrai je l’admets, car une Passat de cette génération (1996-2005) a réussi à me faire envie grâce à une configuration rare, performante, originale et pourtant discrète : la Passat W8 ! Même si Volkswagen suivait (et suit toujours) une politique consensuel, elle savait pourtant faire des exceptions avec des modèles résolument sportifs, ou des motorisations hors du commun !

Entre 1991 et 1998 déjà, VW nous avait pondu une Golf VR6 fort séduisante (lire aussi : VW Golf VR6). Mais en ce début des années 2000, alors que le groupe VAG (son nom à l’époque avant de devenir Volkswagen Group) est en pleine bourre (rachat de Bugatti, de Bentley, explosion d’Audi en tant que marque premium), et pour continuer sa montée en gamme, il décide l’étude de nouveaux moteurs « multi-cylindres » avec une drôle d’architecture en W : un W12 pour l’Audi A8 (puis pour la VW Phaeton), un W16 pour Bugatti… mais aussi un W8 pour VW et sa Passat pourtant en fin de vie.

Je ne suis pas un spécialiste des moteurs, mais pour faire simple, repartons vers le fameux VR6 sous le capot de la Golf. Ce 6 cylindres en V disposait d’un angle de 15° (contre 60° pour un V6 normal, voire 90° dans le cas du PRV). En l’amputant de deux cylindres, on obtenait alors un VR4 (logique jusque là). En accouplant deux VR4 ensemble en forme de W justement, on obtenait alors un W8 ! Chez Volkswagen, ce W8 cubait 4 litres, et développait 275 chevaux. Le W12 lui résultera de l’accouplement de deux VR6. Le W16 de la Veyron n’est pas – quand à lui – le fruit de deux W8, mais de deux VR8 ! Vous suivez toujours ? L’avantage : des moteurs plus compacts que leurs équivalents en V, avec plus de couple, et moins de vibrations.

Avec un tel moteur, on allait donc pouvoir donner à la Passat un vraie porte étendard. Pour compléter le tout, l’équipement devenait grand luxe, of course, et recevait la transmission intégrale 4Motion. Extérieurement, il faut être un expert pour distinguer la variante W8 : à part le logo sur la calandre et à l’arrière, et ses 4 sorties d’échappement, la Passat W8 reste très discrète.

La Passat W8 est lancée en 2001. La même année, l’Audi A8 reçoit son W12, tandis que la Golf reçoit sa version R32 l’année suivante (lire aussi : VW Golf R32). C’est festival à Wolfsburg. Pourtant, si le W12 de l’A8 et la Golf R32 ont marqué les esprits, la Passat W8 reste assez méconnue. Sûrement parce que VW n’en a pas vraiment fait la promotion, qu’elle était moins spectaculaire que la R32, et même si la W8 profitait du restylage de la Passat (type B5.5), elle restait trop anonyme pour un haut de gamme, et relativement chère, la faisant rentrer en concurrence avec des modèles autrement plus sexy.

La W8 existait aussi en break, encore plus désirable

Elle ne sera donc produite que durant 3 millésimes, de 2001 à 2003. Volkswagen n’a jamais officiellement dévoilé les chiffres réels des ventes : elles sont estimées à 10 000 exemplaires par an. Les seuls chiffres connus sont ceux des Etats-Unis/Canada, avec 4931 exemplaires vendus en 3 ans. A mon avis, entre 10 et 15 000 exemplaires maxi auront été fabriqués en tout, ce qui rend cette Passat W8 particulièrement rare et donc désirable. Surtout, la Passat B6 n’eut pas le droit à sa version W8, puisque le moteur ne rentrait plus sous le capot en position transversale !

Aussi, quitte à rouler dans une voiture anonyme, autant choisir cette version performante qui, soyez en sûrs, deviendra collector le jour où les amateurs se souviendront de son existence. C’est sûrement le moment de se mettre en chasse d’un tel modèle !

Paul Clément-Collin

Paul Clément-Collin

Paul Clément-Collin est une figure reconnue du journalisme automobile français. Fondateur du site culte Boîtier Rouge, sacré meilleur blog auto aux Golden Blog Awards 2014 et cité parmi les médias auto les plus influents par Teads/eBuzzing et l’étude Scanblog Advent, il a ensuite été rédacteur en chef de CarJager et collaborateur de Top Gear Magazine France. Journaliste indépendant, spécialiste des voitures oubliées, rares, iconiques ou mal-aimées, il cultive une écriture passionnée et documentée, mêlant culture auto, design, histoire et anecdotes authentiques, et intervient également sur des événements majeurs comme le Mondial de l’Auto.

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