Gillet Vertigo : le dernier constructeur belge

Dimanche 2 juillet 2017
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L’amateur averti d’automobiles exotiques, le lecteur compulsif des « Salons » de l’Auto-Journal ou de « Toutes les voitures du Monde » de l’Automobile Magazine, le joueur invétéré de Gran Turismo, ou tout simplement le lecteur de Boîtier Rouge (qui est un peu tout cela à la fois) connaissent évidement la petite marque belge Gillet et sa fabuleuse Vertigo qui sévit depuis presque 25 ans. A force de la voir en photo dans les magazines, on avait fini par croire qu’il s’en produisait un paquet : pourtant, Gillet est bien depuis le temps l’un des plus petits constructeurs d’automobiles encore en activité !

Les premières Vertigo, au style un peu torturé

Pensez-donc : entre 1992 (et sa présentation au salon de Bruxelles) et 2011, seuls 28 exemplaires de la Vertigo auront été produit. Et aujourd’hui, en 2017, on doit avoir dépassé la trentaine, voire atteint les 40 ! Pas plus. Incroyable de voir la notoriété d’une voiture produite en si petite quantité. Sa longévité explique sans doute cela, tout comme le record du Monde du 0 à 100 (dûment validé par le Guinness des Records en 1994), avec 3,2 secondes, ou bien ses participations en GT2 (3 fois championne du Monde en 2006, 2007 et 2008), ou bien encore tout simplement parce qu’il s’agit de la seule marque véritablement belge ?

Tony Gillet, le fondateur, était un pilote bidouilleur, qui, sans atteindre la gloire sur les circuits, se débrouillait pas mal (il gagnera le championnat belge de course de cotes deux années de suite). Au début des années 80, il raccrochait son casque pour devenir importateur de la petite marque néerlandaise Donkervoort. A l’époque, le petit constructeur produisait essentiellement des kits. C’est ainsi que Gillet va faire son apprentissage de l’assemblage en montant les Donkervoort de ses clients. Mais l’industrialisation de la marque batave au début des années 90 allait le priver de ce petit plaisir, et Tony décidait donc de produire sa propre voiture.

La « Streiff », apparue en 2002, est sans doute la plus équilibrée en terme de style

Le concept ? Pousser le concept de la Donkervoort (inspirée de la Lotus Seven, lire aussi : Lotus Seven) encore plus loin : light is right, certes, mais avec de la puissance en plus, et de l’aérodynamisme. C’est le designer Charles Van den Bosch qui va dessiner la première Vertigo. Le premier proto est prêt en 1991, et présenté en 1992. Pendant 2 années Gillet va produire deux proto supplémentaires, et une première voiture de série destinée à l’homologation et au crash test. La production commence réellement en 1995. Cette année-là, soutenu par le prince Albert II, Tony Gillet fera une démonstration de la Vertigo en ouverture du Grand Prix de Formule 1 de Monaco, devant 100 000 personnes : encore un beau coup de pub pour la petite marque belge.

La Vertigo était à ses débuts équipée du 2 litres Ford Cosworth de la Sierra RS (lire aussi : Ford Sierra RS Cosworth), fort de 220 chevaux. Mais la fin de production de ce moteur (qui de toute façon ne passait pas les nouvelles normes) obligea Gillet à changer son fusil d’épaule en 1996 et à opter pour le fabuleux V6 Alfa de 3 litres et 226 chevaux. A peine plus de puissance, mais une mélodie bien plus entêtante !

En 2002, la voiture va un peu évoluer : le design se modernise, tandis que le V6 Alfa passe à 3.2 litres et 250 chevaux. Elle prend alors le nom de Vertigo Streiff, en l’honneur de Philippe Streiff, ancien pilote français de Formule 1, importateur de Gillet pour la France, et devenu paraplégique après un accident. En 1996, Tony Gillet lui avait réalisé une Vertigo adaptée, dotée d’un joystick et dépourvu de pédales.

En 2008, la .5 eut droit elle aussi à sa version GT2

En 2008, Gillet présente une nouvelle évolution : la Vertigo .5 (point 5), dont le V6 Alfa passe à 3.6 litres et 300 ch. Mais dès 2009, la .5 troque le V6 contre un V8 Maserati de 4.2 litres et 420 ch. En 2011, elle est renommée Vertigo .5 Spirit, s’approchant de plus en plus de la Supercar avec un programme de personnalisation permettant de faire passer le poids de 990 à 940 kg, et le moteur de 420 à 500 ch.

La .5 Spirit aujourd’hui

Mais, me direz-vous, comment fait-on pour survivre en vendant aussi peu de voitures sur une aussi longue période ? Tout simplement parce que Gillet ne fait pas que ça. Importateur de Donkervoort, il l’est resté tout au long de ces années. Mais l’expérience du châssis en carbone des différences Vertigo a permis à l’entreprise de se diversifier dans le prototypage de pièces en carbone pour Airbus, notamment, ou d’autres constructeurs automobiles. En outre, la petite entreprise belge fait de la restauration de voitures anciennes. Comme le dit Tony Gillet lui-même : « lorsqu’on fabrique une Vertigo, c’est la cerise sur le gâteau » !

 

 

La Vertigo aura, durant ses 25 ans de carrière, connu quelques propriétaires célèbres : Albert II bien sûr, mais aussi Johnny Hallyday ! Aujourd’hui, comptez au minimum 200 000 euros pour une Vertigo 5, mais avec la personnalisation, il n’y a pas de limites.

Le site de la Gillet Vertigo

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8 commentaires

Vinnie

Le 02/07/2017 à 18:50

C’est pas GT2 mais G2, sinon très bel article sur une voiture qui me fait depuis beaucoup d’année rêver !

Utopiaboy

Le 02/07/2017 à 19:35

Merci pour cet article. Incroyable longévité en effet ! Je ne me souviens plus bien mais j’ai probablement découvert cette voiture dans un Option Auto de l’époque.

On dirait bien que la « .5 », ayant piqué le V8 de la Maserati Quattroporte, en aurait profité pour lui chiper également les 3 ouïes sur les ailes, et en ajouter une sur les portes !

Dubby Tatiff

Le 02/07/2017 à 20:19

Hallo vrienden,

Histoire de faire mon petit monsieur-je-sais-tout, je signale la société belge EDRAN qui produit, produira (biffer la mention inutile) la ENIGMA.
Bref, c’est officiellement un constructeur automobile belge et donc le titre de l’article est sujet à caution ; voilà où je voulais en venir avec mon petit sourire narquois et mon QI de poule réformée.

http://www.edran.be/fr/The_story_fr.htm

Paul

Le 02/07/2017 à 20:33

J’attends de voir l’arlésienne Imperia… 😉

Paul

Le 02/07/2017 à 20:34

Et aussi l’énigma

Guillaume D.

Le 03/07/2017 à 00:05

Il y a 10 ans tout juste, j’étais aux abords du circuit de Spa pour les 24h et cette fameuse Gillet m’a définitivement hantée. Outre sa plastique particulière, elle pouvait compter sur la musicalité exceptionnelle de son moteur. Rien que d’y penser, j’en frissonne encore!
Cette année-là, l’écurie avait réussi à faire parler d’elle grâce à l’expérimenté Bas Leinders et à la toute jeune (la plus jeune du circuit cette année-là) Sarah Bovy. Malheureusement, la Vertigo aura été assez rapidement contrainte à l’abandon sur sortie de piste… dommage!

Choco

Le 03/07/2017 à 16:43

Je ne l’ai jamais trouvé belle. Mais à chaque fois que je la vois en photo (parce que je ne l’ai jamais vu en vrai) je ne peux pas m’empêcher de penser quelle gueule ! On la dirait sortie d’un cartoon ou d’un manga.

lesur

Le 17/02/2018 à 02:42

pour moi la plus belle était vertigo de johnny moteur Ford 2l turbo et premier version . ci quel q un ces mais ou et la voiture maintenant je crois quel a était vendu au enchère pas sur . un véritable bijou le 2l turbo pousser plus que Romeo. enfin ci quel qun ces ce quel et devenue je serait content de savoir ou et passer ce super bolide bleu flamme orange . cordialement a vous passionné.

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