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Bricklin SV1 : du rêve à l'arnaque, il n'y a qu'un pas !

PAUL CLÉMENT-COLLIN - 23 juin 2014

Quelques années avant le fiasco DeLorean (lire aussi : DeLorean DMC12) une tentative de création d’une voiture sportive révolutionnaire canadienne tourna elle aussi à l’imbroglio politico-financier. La Bricklin SV-1 partage avec la DeLorean DMC 12 ses portes papillons, ses idées révolutionnaires et sa fin aux parfums de scandale !

La Bricklin SV1, révolutionnaire (soi-disant).La Bricklin SV1, révolutionnaire (soi-disant).

Il faut croire que devenir constructeur automobile est un rêve que beaucoup caressent. Malcom Bricklin fait partie de ceux-là. Présenté par Wikipédia comme un millionnaire grâce à l’importation de la marque Subaru aux Etats-Unis, Bricklin est en fait un peu plus trouble que cela. Son parcours professionnel est émaillé de petits scandales étouffés. Après avoir lancé une chaîne de magasins de bricolage en franchise (Handyman), il encaisse l’argent des franchises sans pour autant assurer sa partie du business, empochant 4,5 millions de dollars et organisant son insolvabilité. Il importe ensuite la Subaru 360 et réussit à en vendre 10 000 à prix cassés avant de revendre à Subaru sa société, faisant là encore une petite culbute d’un million de dollars. Cet avant-goût donne un éclairage sur le personnage et explique en partie la fin de l’histoire.

La Bricklin partage avec la DeLorean ses portes papillon et une histoire rocambolesque !La Bricklin partage avec la DeLorean ses portes papillon et une histoire rocambolesque !

L’idée de Malcom Bricklin ? Proposer une voiture de sport révolutionnaire, notamment en terme de sécurité. Les lettres SV désignant le modèle veulent d’ailleurs dire : « safety vehicule ». Elle propose notamment des pare-chocs rétractables absorbant les chocs à moins de 45 km/h. Sa carrosserie en fibre de verre et acrylique est supposée anti-rouille. Enfin, ses portes papillons lui donnent un look inimitable.

L'adversaire désigné de la SV1: la Chevrolet Corvette !L’adversaire désigné de la SV1: la Chevrolet Corvette !

La société General Vehicule (un clin d’oeil à General Motors?) est créée en 1971. Lors des la génèse de la SV-1, Malcom Bricklin mène grand train, confie le projet à Bruce Meyers, puis plus sérieusement à Marshall Hobart. La firme est financée par l’emprunt que Bricklin garantit grâce à des valeurs fictives. On reconnaît en lui le filou du début. Pourtant, l’argent vient à manquer, et c’est vers le Canada, et l’état du Nouveau Brunswick qu’il va se tourner. En pleine période électorale, le chef du gouvernement Richard Hatfield y voit un bon moyen de redorer son blason dans la lutte contre le chômage.

Malgré le côté "amateur" de la SV1, elle a quelque chose de plaisant !Malgré le côté « amateur » de la SV1, elle a quelque chose de plaisant !

En échange de 67 % du capital, la province du New Brunswick avance 4,5 millions de dollars, garantit 12 millions de prêt, et le Canada himself rajoute au pot 3 millions de dollars. L’aventure Bricklin peut enfin commencer. Une usine est achetée (par la province), et 500 salariés sont embauchés. Bricklin voit grand, et prédit, études de marché à l’appui, un volume de 10 000 voitures par an, voire plus. La cible désignée est clairement la Chevrolet Corvette, et Bricklin utilisera intelligemment la parabole de David contre Goliath pour se faire de la publicité.

La production lancée en catastrophe, la SV1 fut un nid à emmerde pour les propriétaires.La production lancée en catastrophe, la SV1 fut un nid à emmerde pour les propriétaires.

Pourtant, début 1974, la voiture n’est toujours par prête, et les « politiques » s’impatientent. La SV-1 est présentée en catastrophe à la presse en juin, et les premiers modèles « pré-financés » par les concessionnaires sont livrés dans la foulée, mais pleines de défauts (portes ne s’ouvrant pas, étanchéité etc). Si des améliorations sont faites (remplacement du V8 AMC par un V8 Ford pour les modèles post 74 notamment), la voiture ne sera jamais véritablement fiable. En tout, 2900 SV-1 seront fabriquée entre 1974 et 1976 avant que l’édifice ne s’écroule et que la General Vehicule ne soit déclarée en faillite.

l'usine est maintenue sous perfusion grâce aux largesses du Nouveau Brunswick, qui paiera les pots cassés.l’usine est maintenue sous perfusion grâce aux largesses du Nouveau Brunswick, qui paiera les pots cassés.

L’ampleur des dégâts est énorme : près de 40 millions de dettes. Mais comme Malcom Bricklin a habilement manoeuvré, c’est l’Etat du New Brunswick, actionnaire à 67 % qui devra raquer. Et pendant ce temps là, Bricklin retournera à ses amours automobiles le plus tranquillement du monde. On le retrouvera à la tête de la société International Automobile aux USA, important les Fiat / Pininfarina Spider (lire aussi : Fiat 124 Spider) et les Bertone X1/9.

Les camions chargent les SV1 produites à cadence forcée !Les camions chargent les SV1 produites à cadence forcée !

C’est à lui aussi que les américains doivent l’importation de la fameuse Yugo (lire aussi : les Yugo américaines). A cette occasion, Bricklin refit le même coup qu’avec Subaru en son temps, revendant ses parts pour 40 millions de dollars en 1988, 3 ans à peine avant la faillite. Quel flair ce Bricklin !

Une excellente infographie sur la Bricklin SV1 : bricklin


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