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SPORTS CARS

Ferrari 512 TR : la meilleure des Testarossa

PAUL CLÉMENT-COLLIN - 12 août 2022

Dans les années 80, de nombreuses chambres d’adolescents furent ornées de posters à la gloire d’une voiture rouge devenue mythique : la Ferrari Testarossa. Moderne héritière de la 512 BB, elle proposait un style moderne et strict, remplaçant les rondeurs convenues des Ferrari d’alors par des lignes et des angles reflétant l’époque et ringardisant une concurrence vieillissante. Testarossa : les jeunes garçons d’alors n’avaient plus que ce mot à la bouche pour décrire la sportive de leurs rêves. À cause sans doute de son changement de nom (et de l’abandon d’une appellation mythique), on oublie trop souvent qu’elle eut une descendance encore plus désirable : la Ferrari 512 TR.

Vue de face de la Ferrari 512 TR

Oui, la 512 TR est une Testarossa, ses deux lettres finales en témoignent. Il suffit d’ailleurs de regarder sa ligne pour s’en convaincre. Cependant, cette 512 TR (qui par son nom fait aussi référence à la 512 BB) n’est pas qu’un restylage de circonstance, histoire de prolonger la vie d’un modèle en fin de carrière, mais bel et bien une voiture nouvelle cultivant une ressemblance frappante avec sa devancière, tant le travail et les modifications ont été profondes. C’est sans doute cette évolution majeure qui justifia au yeux de Ferrari un changement d’appellation, tout autant que la volonté d’unifier la gamme : la Testarossa était alors la seule à porter un patronyme plutôt qu’un chiffre.

Vue de profil de la Ferrari 512 TR

Une Testarossa revisitée

C’est en novembre 1991 que la Testarossa tire sa révérence après huit ans de carrière et 7 177 exemplaires produits : difficile pourtant pour Ferrari d’abandonner son icône, qui reste globalement tout à fait dans le coup stylistiquement, mais dont la rudesse et le côté “sans filtre” montrent le poids des années. L’heure n’est plus à autant de virilité dans les années 90 : on veut de la performance mais aussi une certaine facilité de conduite, de la polyvalence. C’est à cela que vont s’attaquer les ingénieurs de Maranello : retravailler moteur, châssis, transmission et aérodynamique pour transformer la rude Testarossa en une douce (façon de parler) 512 TR, tout en gagnant en performance et en conservant la sonorité si attachante du 12 cylindres à plat !

Vue intérieur de la Ferrari 512 TR Vue large intérieur de la Ferrari 512 TR

Pininfarina va d’abord s’attaquer au design de façon légère mais bienvenue. Sans révolutionner le style de la Testarossa, on s’attache à lui apporter des touches de rondeur revenant à la mode (et plus cohérente avec le reste de la gamme, notamment la toute nouvelle 456 GT) et une aérodynamique améliorée grâce à la présence d’un extracteur à l’arrière. L’ensemble est très (plus ?) cohérent tout en restant discret : d’ailleurs, les passants ne s’y trompent pas en l’appelant spontanément Testarossa dans la rue, malgré la présence du monogramme 512 TR.

Vue du dessus de la Ferrari 512 TR Coffre de la Ferrari 512 TR

12 cylindres qui chantent

La pièce centrale d’une Ferrari, c’est le moteur. Si la base reste la même (le 12 cylindres à plat conservant une cylindrée de 4,9 litres), elle est profondément retravaillée : nouveaux pistons, soupapes plus grosses, rapport volumétrique plus important, entre autres. Mieux, le moteur passe désormais les nouvelles normes anti-pollution (catalyseur). L’admission est aussi modifiée. Bref, malgré le passage des normes, le moteur gagne des chevaux (428 au total) et du couple, tout en étant plus progressif et souple sans perdre sa rage et sa sonorité. Le châssis est lui aussi modifié (le moteur y est soudé, abaissant encore le centre de gravité et améliorant la tenue de route), conservant à la 512 TR son appellation de sportive tout en la rendant plus utilisable au quotidien. Même la transmission est revisitée pour faciliter le passage des rapports, jusqu’alors délicats sur la Testarossa. C’est mieux, mais cela reste viril et demande toujours un bon mollet. Le freinage est lui aussi modifié pour une plus grande efficacité.

Vue trois quarts arrière de la Ferrari 512 TR

À l’intérieur, la 512 TR reçoit un petit coup de jeune aussi, histoire de rester dans l’air du temps. C’est sobre et ne cherche pas l’esbroufe. De toute façon, à l’époque, peu importait du moment que le son du Boxer vous titillait les oreilles par l’arrière. Une chose est sûre : la 512 TR est parfaitement dans le coup… et dans le coût, puisqu’il faut débourser 1 197 666 francs (pour 28 CV fiscaux) pour s’offrir la bête à son lancement en 1992 (elle est cependant moins chère que la nouvelle 456 GT de 34 000 francs).

Vue arrière de la Ferrari 512 TR

Désir Désir

La Ferrari 512 TR restera au catalogue seulement trois petites années avant d’être remplacée par la F512 M, défigurée par un restylage très profond (adieu les phares pop up) en 1994. Au total, la 512 TR se vendra à 2 261 exemplaires, ce qui, eu égard à sa courte carrière, se révèle dans la même veine que la Testarossa. D’une certaine manière, la 512 TR est donc la plus désirable des Testarossa. Malgré le poids des ans (la Testarossa initiale date de 1984), elle rivalisait parfaitement avec la récente Lamborghini Diablo tout en se montrant plus civilisée. Une réussite qu’on retrouvera ensuite avec la 550 Maranello (dont le V12 passera à l’avant). Si vous rêvez depuis votre jeunesse de la “Testa”, comme on disait à l’époque, et que votre compte en banque vous le permet, c’est donc la 512 TR qu’il faut viser.

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