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Citroën Ami 6 : la pièce manquante entre 2CV et DS !

PAUL CLÉMENT-COLLIN - 7 août 2014

Dans les années 60, les gammes des constructeurs français étaient bien plus simple qu’aujourd’hui. Citroën, filiale de Michelin à l’époque, n’avait en 1960 que deux modèles à son catalogue, la populaire 2CV et la statutaire DS (lire aussi : DS) et son pendant « moins technologique » ID (lire aussi : ID).

Entre ces deux voitures ô combien mythiques (et totalement antinomiques), il n’y avait rien pour faire le lien. A cette époque, l’idée de gamme (et de segments de marché) prend corps, et sur les quais de Javel, on réfléchit à une voiture de taille moyenne, intermédiaire entre la deux pattes et la déesse. Ce sera l’Ami 6, produite à partir de 1961 et jusqu’en 1969.

L’origine du nom de cette berline de milieu de gamme est très pragmatique selon « wikipédia » : le projet de véhicule de milieu de gamme de Citroën dans les années 50 portait le nom de AM. Le i serait revenu pour la facilité de prononciation, et rappellerait le concept initial : Automobile de MIlieu de gamme. D’autres interprétations penchent pour le jeu de mot « à l’italienne », Amici voulant dit amitié. Je pencherais vers cette hypothèse là. J’irais même plus loin, les Citroën de l’époque étant très « féminine » (DS, puis plus tard la Dyane), j’y vois un clin d’oeil au prénom Amicie, qu’une de mes petites nièces porte aujourd’hui. Chacun y trouvera son compte !

L’Ami 6 est une sorte de super 2CV, partageant son chassis avec elle, bien qu’étant plus grande et plus longue, et elle utilise un moteur issu de sa petite sœur, réalésé à 603 cm3 (3CV) et développant la bagatelle de 22 ch (la course à la puissance n’est pas encore d’actualité). Cela dit, un poids de 620 kg seulement le rend suffisant.

La grande originalité de l’Ami 6, il faut la chercher dans son look (qu’elle perdra en 1969 avec le lancement de l’Ami 8) dû à Flaminio Bertoni : cette 3CV est née sous le signe du Z, avec un vitrage arrière inversé du plus belle effet. Au début des années 80, il en circulait encore beaucoup dans ma campagne berrichonne, et ce profil atypique suffisait à me la faire aimer. Pour le reste, c’est une grosse 2CV, ce qui n’est déjà pas si mal.

L’Ami 8 qui la remplacera en 1969 perdra cet avantage stylistique (qui à l’époque ne l’était pas tant que ça). Moi, c’est justement cette audace qui m’attire chez elle. Elle s’intègre totalement dans « ma » mythologie chevronnesque, et avouez qu’il fallait être sacrément culotté pour avoir dans sa gamme trois modèles totalement atypiques (la 2CV, l’Ami 6 et l’ID/DS) et réussir à truster les places d’honneur du marché français.

Aujourd’hui, Citroën est rentré dans le rang, et ose sous le patronyme (pas innocent) de DS. Mais ne boudons pas notre plaisir, la marque aux chevrons est beaucoup moins « fadasse » que pendant les années 90, où seule la XM sentait bon le délire d’ingénieur (et encore, pas tant que ça, lire aussi : XM V6). J’ai envie de croire que le Cactus aujourd’hui cherche à renouer avec cette glorieuse époque en créant de toute pièce le désir automobile et surtout en surprenant (lire aussi : C4 Cactus 2018) !

Lire aussi: Citroën M35


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