Cette Dacia Logan a tenu tête à la Mercedes de Verstappen au Nürburgring, puis elle a perdu une roue
Les 24 Heures du Nürburgring ont offert ce week end l’un de ces moments que seule l’endurance peut produire. Max Verstappen, quadruple champion du monde de Formule 1, venait défier la Nordschleife au volant d’une Mercedes AMG GT3 engagée avec Jules Gounon, Lucas Auer et Dani Juncadella. Tout semblait réuni pour transformer cette participation très attendue en démonstration, mais la course allemande, considérée par certains comme la plus difficile au monde, a rappelé qu’elle ne se laissait jamais dompter facilement.
Verstappen venait pour confirmer
Avant cette grande épreuve, Max Verstappen avait déjà fait beaucoup parler de lui sur la Nordschleife. Il s’était illustré dans plusieurs courses au volant d’une Ferrari 296 GT3, puis d’un Porsche Cayman GT4. À chaque apparition, il avait donné l’impression de découvrir la discipline avec une facilité presque insolente. Ces prestations avaient aussi permis au pilote néerlandais de répondre aux sceptiques. Ses chronos et ses dépassements ne relevaient pas d’une quelconque tricherie, mais bien d’un talent brut capable de s’adapter très vite à un circuit aussi exigeant. Pour ses débuts aux 24 Heures du Nürburgring, l’enjeu était donc clair : confirmer sur la durée.
Une Mercedes déjà redoutable
La Mercedes AMG GT3 engagée portait le numéro 3. Ce modèle n’était pas une inconnue pour Verstappen, puisqu’il s’agissait de la même voiture avec laquelle il avait dominé une course plus courte quelques semaines plus tôt sur ce circuit. Cette victoire avait ensuite été retirée à cause d’un problème technique banal, mais la performance avait marqué les esprits.
Dès les premières heures, la numéro 3 a montré qu’elle jouait bien la gagne. Verstappen a encore impressionné par son agressivité maîtrisée, avec des dépassements spectaculaires et un moment très chaud où la voiture a semblé lui échapper. La Mercedes a régulièrement occupé la tête à partir du samedi soir, tout en surveillant l’autre auto exploitée par la même structure.
La Logan d’Ollis Garage entre dans la légende
Puis est arrivée la séquence que personne n’avait imaginée. Alors que Jules Gounon était au volant de la Mercedes AMG GT3 de l’équipe de Max Verstappen, il est revenu sur la Dacia Logan d’Ollis Garage. Cette petite berline roumaine avait déjà gagné la sympathie du public, notamment parce qu’elle avait été entièrement reconstruite après un très gros accident.
Le timing a tout changé. La Mercedes a rattrapé la Logan sous double drapeau jaune, une procédure durant laquelle les dépassements sont interdits. Gounon n’avait donc pas le droit de passer, même avec une voiture infiniment plus rapide. Il a dû rester derrière la Dacia, non sans lui envoyer quelques appels de phares qui disaient assez bien son impatience.
Soixante kilomètres heure au mauvais moment
La scène a pris une dimension encore plus étrange car la Dacia roulait à 60 km/h par erreur. À cet instant précis, cette limitation ne lui était pas imposée. Voilà pourquoi Jules Gounon s’est retrouvé piégé dans une situation absurde, derrière une Logan qui avançait à un rythme très éloigné de celui d’une GT3 en route vers la victoire. L’image était irrésistible. D’un côté, une Mercedes de pointe, pilotée par l’équipier d’un champion de Formule 1. De l’autre, une familiale bon marché devenue héroïne populaire. Sur l’enfer vert, la hiérarchie mécanique venait de se faire bousculer par les règles de course et une petite erreur d’interprétation.
La victoire s’échappe pour la numéro 3
Pendant longtemps, ce contretemps n’a pas semblé suffisant pour faire perdre la Mercedes. À trois heures de l’arrivée, la numéro 3 dominait encore l’épreuve avec deux minutes d’avance. Verstappen et ses équipiers avaient pratiquement tout bien exécuté. La mécanique en a décidé autrement. Un arbre de transmission cassé a immobilisé la voiture au stand et détruit ses chances de victoire. La Mercedes du Verstappen Racing a finalement terminé classée 37e, très loin de ce que son rythme promettait.
Winward gagne, BMW surprend
La victoire est tout de même revenue à une Mercedes AMG GT3. C’est l’autre voiture préparée par Winward Racing qui s’est imposée, sauvant l’honneur de la marque à l’étoile dans une édition riche en rebondissements. Autre curiosité de cette course, la M3 Touring 24h a terminé à une remarquable cinquième place. Ce break GT3 improbable avait d’abord été imaginé comme un poisson d’avril par BMW. Le voir aussi bien placé à l’arrivée ajoute une autre touche surréaliste à cette édition.
La Dacia perd une roue, mais pas son statut de star
La Logan d’Ollis Garage n’a pas non plus traversé la fin de course sans douleur. Dans les dernières heures du dimanche, elle a perdu une roue en pleine piste. Cela n’a pourtant pas empêché la petite Dacia d’être classée. Elle apparaît finalement à la 107e position. Ce classement importe presque moins que son rôle dans le récit de la course. La Logan a marqué ces 24 Heures du Nürburgring autant par sa fragilité que par sa capacité à se retrouver, l’espace d’un moment, au centre de l’attention mondiale.
Une image que les fans de Verstappen n’oublieront pas
Les supporters de Max Verstappen étaient venus nombreux pour assister à cette première grande tentative aux 24 Heures du Nürburgring. Ils espéraient voir une victoire. Ils repartiront surtout avec une image impossible à fabriquer : la Mercedes AMG GT3 du clan Verstappen collée au pare choc d’une Dacia Logan. La petite roumaine devrait retrouver l’enfer vert l’année prochaine. Reste à savoir si Max Verstappen sera lui aussi de retour, car après un tel rendez vous manqué, le Nürburgring semble encore avoir des comptes à régler avec lui. Au Nürburgring, une Dacia peut suffire à transformer une victoire annoncée en souvenir inoubliable.


