Et si cette supercar oubliée avait changé toute l'histoire de McLaren ?
Bien avant que la F1 ne symbolise le génie routier de McLaren dans les années 1990, une autre supercar destinée à la route avait vu le jour dans l’imaginaire de Bruce McLaren. Le prototype M6GT, conçu initialement pour démontrer tout le savoir-faire acquis sur les circuits, vient d’être restauré dans ses moindres détails, réveillant ainsi une part méconnue de l’histoire de la marque et de son fondateur, disparu trop tôt.
Aux origines d’un rêve contrarié
La M6GT ne doit pas seulement son mystère à sa rareté mais aussi à sa genèse. L’idée remonte à la fin des années 1960, bien avant la McLaren F1 conçue par Gordon Murray. Bruce McLaren lui-même, en pleine maîtrise de son art, envisageait de transposer les succès Can-Am de la M6A vers la route. Son ambition était de montrer que le savoir-faire de la compétition pouvait se vivre au quotidien. Le plan initial prévoyait la fabrication d’une cinquantaine de M6GT, mais la destinée allait en décider autrement.
Un projet stoppé par la fatalité
La production ne dépassera jamais le stade de prototype. Seuls trois exemplaires verront le jour avant le drame : en 1970, à l’âge de 32 ans, Bruce McLaren perd la vie lors d’une séance d’essai au volant d’un M8D sur le circuit de Goodwood. Cette disparition précipitée met un terme définitif à ce projet prometteur qui portait les espoirs de la marque au-delà des circuits.
Renaissance selon l’esprit d’époque
Récemment, McLaren Special Operations a choisi de relever le défi de l'authenticité extrême, sans céder aux tentations de la modernisation. Pour cette reconstitution fidèle, l’équipe s’est appuyée sur les moules de carrosserie originaux, des plans d’époque et des archives photographiques précieusement conservées. Des mécaniciens présents lors de la conception des premiers prototypes ont même été associés à cette reconstruction méticuleuse.
Des choix techniques fidèles à l’histoire
La restauration de la M6GT repose sur un châssis issu d’une véritable M6A de course. Les suspensions intègrent des composants d’origine restaurés, tandis que des spécialistes en provenance du secteur aéronautique ont posé à la main des rivets en aluminium comme autrefois. Sous la carrosserie, la mécanique reste authentique grâce à un V8 Chevrolet small-block d’époque, accouplé à une boîte de vitesses conforme au projet initial.
Une ambiance seventies retrouvée
L’intérieur ne laisse aucune place à l’improvisation. Le pommeau de vitesse réalisé dans du noyer tourné à la main, le vert de la moquette très typique des années 1970 et la sellerie en vinyle sur mesure forment un ensemble spécifiquement pensé pour coller à l’esprit original. La teinte blanc crème du modèle, nommée Colnbrook, rend hommage à l’usine où Bruce McLaren posa les premières bases de son concept.
Une pièce de mémoire dévoilée à Goodwood
Cette M6GT restaurée n’a pas pour vocation de réapparaître sur le marché. Son intérêt repose bien davantage sur l’histoire qu’elle retrace que sur une perspective commerciale. Sa mise en lumière au Festival of Speed de Goodwood prend ainsi une résonance toute particulière, puisque c’est précisément sur ce circuit que Bruce McLaren disparut tragiquement.
Séquence émotion et héritage
Jon Simms, responsable de McLaren Special Operations, décrit ce travail de restitution comme un témoignage palpable de la volonté de Bruce McLaren d’étendre l’aura de la marque bien au-delà des compétitions. Face à cette voiture unique, difficile de ne pas imaginer quelle trajectoire aurait pris McLaren si la M6GT était devenue réalité en série.
Par son retour, la M6GT fait revivre tout un pan d’une histoire que l’on croyait à jamais figée.
