Il gare sa Porsche 911 dans son salon comme une œuvre d'art, et ce n'est pas un hasard
Derrière la façade en briques d’une ancienne caserne, un loft au cœur de Manhattan propose une expérience singulière : un univers où l’art, le design industriel et la passion automobile se rencontrent. Imaginé par Daniel Arsham, artiste reconnu pour sa manière singulière de détourner les objets du quotidien, ce lieu réinvente le rapport entre l'espace domestique et l'exposition automobile. Le caractère de cette résidence, inscrite au patrimoine, séduit aussi bien les amateurs d’architecture atypique que les connaisseurs d’automobiles de caractère.
Un passé de caserne pour un présent haut de gamme
C’est en 1887 que la bâtisse voit le jour pour accueillir le personnel de la FDNY Engine Company No. 55. Après avoir servi durant cent ans les pompiers new-yorkais puis abrité leurs équipes, l’édifice accompagne la transformation du quartier de SoHo, d’abord industriel puis devenu l’un des repaires des artistes et amateurs de lieux hors norme. Aujourd’hui, si sa structure d’origine subsiste, l’intérieur s’est mué en une maison-atelier répartie sur plusieurs niveaux.
Un agencement pensé autour d’une Porsche
Dès l’accès par l’imposante porte métallique, l’ancienne remise s’impose par son sol en béton et une hauteur sous plafond de 4,6 mètres, offrant la possibilité rare d’introduire un véhicule directement depuis la rue, ce qui demeure exceptionnel dans Manhattan. Ce rez-de-chaussée, au charme brut, devient le point focal pour tous amateurs d’automobiles, car c’est ici qu’une Porsche 911 verte est exposée, prenant des allures de sculpture vivante, accompagnée d’une étonnante œuvre inspirée de la culture pop, un R2-D2 monumental. L’endroit se transforme ainsi en galerie, studio et garage où la sportive incarne le cœur visuel du projet.
Une œuvre d’art signée Daniel Arsham
Daniel Arsham, maître de maison et artiste, se distingue par ses créations revisitant les objets du quotidien, s’interrogeant notamment sur leur devenir à travers sa série "Voitures archéologiques", dans laquelle il explore l’aspect futuriste et la mémoire de nos véhicules modernes sur plusieurs siècles. Sa collaboration avec Hot Wheels a aussi permis de décliner certaines visions en miniatures. L’ensemble de la résidence à 185 Lafayette Street reflète cette volonté : traces industrielles, matériaux bruts, vieilles colonnes en fonte et éléments contemporains s’y répondent, tout en intégrant l'automobile comme un véritable objet d’art et non plus un simple moyen de déplacement.
Du rez-de-chaussée à la terrasse, une circulation verticale inédite
En remontant l’escalier en colimaçon qui relie chaque plateau, on découvre un premier étage dédié à la cuisine et aux espaces de rangement. Vient ensuite un vaste salon inondé de lumière, tandis que les étages supérieurs accueillent, respectivement, la seule chambre, la salle de bains puis une grande terrasse sur le toit, offrant un panorama sur le quartier animé de SoHo. À chaque niveau, l’esprit atelier demeure, ponctué par ce fil conducteur qu’est l’escalier, à la fois structure centrale et point d’ancrage physique de la maison.
Une adresse unique qui inspire
Proposée à la vente par Compass pour 8 995 000 dollars, soit environ 7,87 millions d’euros, cette résidence historique met autant en avant l’architecture originelle que la relecture audacieuse de son espace par Arsham. À noter cependant, ni la Porsche 911 ni les pièces d’art ne font partie de la transaction, laissant au futur propriétaire le soin de réinventer la scène d’entrée selon ses propres coups de cœur. Pousser la porte de ce loft, c’est pénétrer dans un monde où chaque détail sublime la passion automobile et l’esprit créatif.


