Maserati 3500 GT : le renouveau du Trident
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Maserati 3500 GT : le renouveau du Trident

Par Paul Clément-Collin - 13/11/2019

Au milieu des années 50, Maserati, malgré le soutien financier de la famille Orsi, propriétaire de la marque depuis 1937, est en difficulté. Trop artisanale et plombée par la compétition, la petite marque de Modène doit se réinventer sous peine de disparaître. Omer Orsi, qui dirige l’entreprise, décide de prendre une nouvelle direction avec l’abandon de la compétition automobile et le lancement une toute nouvelle voiture orientée Grand Tourisme capable de d’augmenter sensiblement les volumes de production : la Maserati 3500 GT.

Le prototype de la 3500 GT, dessiné par Touring en 1957

Jusqu’à présent, Maserati est mondialement reconnue dans le sport grâce à ses victoires en compétition, en Formule 1 en particulier. En 1957, la marque italienne remporte le championnat du monde grâce à un Juan Manuel Fangio survolté. Paradoxalement, ce succès sera le dernier, et pour Maserati, et pour Fangio. Maserati ne produit pas assez de voitures “civiles” pour financer les dépenses d’une écurie compétitive. Sans regret, Omer Orsi décide de quitter la compétition. Les Maserati continueront de courir, mais sous les couleurs d’écuries privées. La production de voitures de route devient le cœur de l’activité de Maserati, là où elle n’était qu’annexe jusqu’alors.

Se relancer dans le Grand Tourisme

L’idée est assez simple : concevoir une voiture moderne, belle, puissante et performante, capable d’affronter Ferrari sur les marchés commerciaux. Orsi va demander à l’ingénieur Alfieri de concevoir cette Grand Tourisme idéale, fiable, facile à fabriquer en nombre. Côté style, deux carrossiers sont mis en compétition : Touring et Alemano. Au Salon de Genève 1957, les deux propositions sont présentées sur le stand Maserati. C’est celle de Touring, particulièrement réussie, qui sera finalement choisie.

Équilibrée, légère et aérienne grâce à la technique Superleggera (une technique qui sera aussi appliquée aux Aston Martin DB5 et DB6), le prototype de Touring sera quasiment inchangé pour le passage à la série tant il était réussi. La production commence réellement en janvier 1958 (seuls 3 exemplaires furent produits en 1957). Il a fallu réorganiser la production pour assumer l’évidente hausse de production mais aussi et surtout la distribution pour mieux diffuser cette nouveauté.

De nouvelles ambitions

Jusqu’alors les ventes restaient confidentielles et l’on s’adressait directement à l’usine. Désormais, des importateurs représenteront Maserati dans tous les pays stratégiques. Cette réorganisation industrielle et commerciale intervient malgré de graves difficultés financières faisant passer la marque à deux doigts de la faillite. La sortie (et le succès) de la Maserati 3500 GT est un véritable tour de force, imprimant une nouvelle dynamique.

La 3500 GTI dispose d’injecteurs indirects Lucas

La voiture est belle, certes, mais pas seulement. Elle est aussi efficace. Grâce à son 6 cylindres de 3,5 litres (d’où son nom) développant 220 chevaux. C’est Alfieri qui a développé ce bloc à partir de celui de la 350S, une voiture de compétition destinée à l’endurance. Grâce à ce moteur rageur, agréable à conduire mais surtout très fiable, la 3500 GT s’avère une excellente routière dans la définition même du Grand Tourisme : pouvoir rouler vite, loin et longtemps. La clientèle ne s’y trompe pas et 133 exemplaires sont vendus dès l’année 1958. En 1959, on dépasse les 200 unités (207 pour être précis). Il faut dire que la 3500 GT est aussi moins chère que ses concurrentes de Maranello.

La version Spyder, dessinée par Michelotti chez Vignale

Le Spyder complète la gamme

En 1959, Maserati présente une version Spyder, la 3500 GTS, dessinée par Giovanni Michelotti pour Vignale. La version définitive est présentée à Paris en 1960 et la production commence en 1961. En 1960, la 3500 GTI abandonne les carburateurs Weber par des injecteurs Lucas, gagnant 15 chevaux tandis qu’en 1961, la boîte manuelle à 4 rapports en gagne un cinquième. Cette année-là, le coupé atteint son pic de production avec 351 exemplaires. Ce chiffre peut paraître faible aujourd’hui, mais pour Maserati à l’époque, c’était une révolution. Le grand coupé 5000 GT produit de 1959 à 1965 ne le sera qu’à 34 exemplaires au total.

La 3500 GT fait vraiment rentrer Maserati dans une nouvelle ère. Avec 2 228 exemplaires produits (dont 242 Spyders) jusqu’en 1964, elle ouvre la voie à des modèles plus variés (Mexico, Sebring, Mistral mais surtout au chef d’œuvre des années 60, la Ghibli). Aujourd’hui, la 3500 GT est particulièrement recherchée, particulièrement dans sa rare version Spyder Vignale dont la cote s’envole. Pour les 105 ans de Maserati, le Salon Epoqu’Auto 2019 mettait d’ailleurs à l’honneur la marque et la 3500 GT considérée comme la mère des Maserati modernes. Hasard du calendrier : c’est aujourd’hui la fin de la production de la GranTurismo pour laisser la place à un nouveau modèle, hybride ou électrique.

Paul Clément-Collin

Paul Clément-Collin

Paul Clément-Collin est une figure reconnue du journalisme automobile français. Fondateur du site culte Boîtier Rouge, sacré meilleur blog auto aux Golden Blog Awards 2014 et cité parmi les médias auto les plus influents par Teads/eBuzzing et l’étude Scanblog Advent, il a ensuite été rédacteur en chef de CarJager et collaborateur de Top Gear Magazine France. Journaliste indépendant, spécialiste des voitures oubliées, rares, iconiques ou mal-aimées, il cultive une écriture passionnée et documentée, mêlant culture auto, design, histoire et anecdotes authentiques, et intervient également sur des événements majeurs comme le Mondial de l’Auto.

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