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Mitsuoka Viewt: Jaguar nippone en réduction

PAUL CLÉMENT-COLLIN - 30 janv. 2018

J’adore la Jaguar 240 de mon beau-frère, version « low cost » de la Mk2 (lire aussi : Jaguar 240), mais il faut bien l’admettre : la bébête de 1968 consomme un max, fait grave les bras sans direction assistée, pue l’essence, a une tendance à l’immolation, rouille un peu partout et souffre de divers petits maux récurrents faisant la fortune du spécialiste des anglaises de la banlieue Nord de Bourges. Aussi, parfois, je me demande si mon cher beau-frère, attaché au look, n’aurait pas mieux fait de s’offrir une Mitsuoka Viewt, plus moderne, plus pratique, et finalement pas si ratée que cela côté look.

Les BUBU501 et 502, premières réalisations de Mitsuoka dans les années 80

Les amoureux du « bizarre automobile » ne peuvent être passés à côté de la Viewt, qui, même présentée en toute petite vignette dans « Toutes les Voitures du Monde » ou « Spécial Salon », saute aux yeux par son originalité. Une voiture qu’on voit année, après année, toujours vendue depuis 1993 et renouvelée à nouveau à chaque nouvelle génération de Nissan Micra/March (K11, K12, K13, et j’imagine bientôt K14). Une telle longévité prouve une réelle compétence (j’espère) et surtout qu’il existe une clientèle.

La BUBU SSK, évocation lointaine d’une Mercedes d’avant-guerre

D’ailleurs, à l’origine, l’officine japonaise créée par Akio Mitsuoka n’était pas spécialisé dans la transformation de berlines classiques en « création néo-rétro ». C’est avec une sorte de voiturette sans permis à 3 roues dénommée BUBU501 et dotée d’un petit 50 cc que l’animal s’était véritablement lancé en 1982. Un Aixam nippon, en quelque sorte, qui fera son beurre avec la BUBU502 (un cube) ou la BUBU504, à 4 roues ! Oui mais voilà, rapidement, Akio San s’est dit qu’il y avait un créneau sur le marché des répliques plus ou moins fidèles, d’autant que la nouvelle législation sur les minicars condamne ses premières BUBU. Il lance alors, en 1985, la BUBU505-C, sorte de minicar singeant un roadster Mercedes sur base Volkswagen Cox. Enhardi, Mitsuoka décida de passer à la vitesse, mais surtout à la gamme supérieur, avec en 1987 une « vraie » voiture dénommée SSK, toujours ouvertement inspirée par les Mercos d’avant-guerre.

Mitsuoka, c’est aussi une réplique de qualité de la Porsche 356 sur base Cox

Et là, c’est l’escalade : en 1989, Mitsuoka s’attaque à la Porsche 356, rien que cela (toujours sur base VW). Une réplique de bonne facture qui se vendra tout de même à une centaine d’exemplaires entre 89 et 90. Entre temps, Akio a eu vent – un peu tard – de la folie des américains pour les voitures rococos, type Excalibur (lire aussi : Excalibur), Zimmer, Stutz (lire aussi: Stutz) ou Clénet (lire aussi : Clénet Coachworks). Aussitôt dit aussitôt fait, notre ami nippon s’y colle, pour proposer en série limitée la Le Seyde, dont les 500 exemplaires seront commandés en 4 jours seulement… Suivra une série de déclinaisons rococo-baroques éponyme ou sous le nom de Done jusqu’en 2001, mais aussi des répliques de Lotus Seven appelées Zero1 ! Bref, revenons à notre Viewt.

La Baroque Le Seyde, ici dans l’une de ses dernières versions

Constatant le goût de ses compatriotes pour le néo-rétro, Akio Mitsuoka se décide à offrir au plus grand nombre une voiture originale et fleurant bon la nostalgie, le passé, bref, les années 60. Et quelle voiture l’incarne le plus dans un pays relativement anglophile dans ses références automobiles : la Jaguar Mk2 pardi ! D’une certaine manière, le physique rebondi de la Nissan March K11 (connue chez nous sous le nom de Micra) s’y prête particulièrement : Akio Mitsuoka va donc transformer la March en Mk2, ne conservant que la cellule centrale (reconnaissable à tous les coups) pour ne modifier que les parties avant et arrière.

La Viewt K11, la plus répandue des Mitsuoka

Le coup de génie de Mitsuoka sera d’abord d’obtenir un résultat visuel tout à fait satisfaisant, bien qu’à prendre au second degré : il s’agit d’évoquer plus que de singer, et d’une certaine manière, le dessin old school va à merveille à la petite March. Ensuite, les modifications ne seront qu’esthétiques, laissant la partie mécanique strictement d’origine, permettant le suivi classique chez Nissan, et conservant la fiabilité du grand constructeur. Mieux, le travail est extrêmement soigné, à mille lieux du bricolage dans un atelier de banlieue. Ce soin apporté à la réalisation du véhicule permet à Mitsuoka d’aller plus loin, en offrant une transformation intérieure « de luxe » faisant de la Viewt une citadine premium originale et décalée : tout ce que les japonais adorent !

une rare version Convertible de la Viewt K11

Mitsuoka, sentant le créneau, déclinera le concept sur d’autres véhicules de la gamme Nissan, avec la Ray, la Galue (I, II et III),la Ryoga, la Yuga, la Nouera, mais seule la Himiko, déclinaison néo-rétro de la Mazda MX-5 rencontrera vraiment sa clientèle, avec la Viewt. La petite marque japonaise tentera de se faire une place sur le marché des supercars avec l’Orochi (oulala, Akio s’était endormi sur la table à dessin ce jour là, lire aussi : Mitsuoka Orochi), mais il faut bien l’admettre : c’est dans l’évocation « des classiques » que le maître est le meilleur.

La Viewt K12

Mais revenons à la Viewt. Si la première génération dite K11 est la plus vendue, c’est qu’elle sera produite durant près de 20 ans, en version « neuve » sortie d’usine jusqu’en 2002, puis en transformant des véhicules d’occasion jusqu’en 2013. Elle sera déclinée en version 3, 4, 5 portes et en cabriolet dit « convertible » en 1997, un véhicule presque aussi désirable que la Nissan Figaro (lire aussi : Nissan Figaro). Au total, cette première génération de Viewt K11 se vendra, en neuf comme en occasion, à 9500 exemplaires tout de même !

La Viewt 3 et son intérieur design et luxueux

En 2005, place à la Viewt K12, qui ne sera quand à elle disponible qu’en version 4 portes ! Elle se base logiquement sur la nouvelle March K12, dont elle reprend les caractéristiques, mais elle s’offre un pavillon de toit retravaillé à l’usine de Toyama. Malgré la concurrence de la Viewt K11 toujours transformée en occasion, elle se vendra tout de même à 1300 exemplaires jusqu’en 2010. Alors que la K11 assurait toujours l’intérim, elle ne sera remplacée par la K13 qu’en 2012.

La Viewt K13 dérive de la March K13 qui cette fois n’est plus fabriquée chez Nissan à Oppama, mais en Thailande chez Thai Nissan. Contrairement à la K12, elle sera disponible en 4 portes puis, à partir de 2015 en version 5 portes. Encore en production, la K13 a été fabriquée à 740 exemplaires !

Une voiture très Boîtier Rouge puisqu’il s’agit de la série limitée à 15 exemplaires Viewt « Rouge »

Au total, toutes générations confondues, les Viewt ont été produites à 11 540 unités environ. Autant dire qu’elles ne sont pas rares dans l’Archipel, un peu plus ailleurs même si nos amis british amateurs d’exotismes automobiles en ont souvent importé discrètement, à la manière des Figaro. On retrouve des Viewt outre-Manche dans les ventes aux enchères. Un modèle de 1995 de 95 000 miles s’est vendu aux enchères en 2016 à … 448 £, autant dire peanuts (voir : Viewt vendue aux enchères).

L’Himiko, sur base Mazda MX5

Il y a donc sûrement moyen de s’offrir une Viewt à moindre frais (sauf peut-être pour l’homologuer). Sachez que la Himiko a été un temps importée officiellement en Grande Bretagne (et une MX5 ressemblant à une Morgan Aero 8, c’est cool, lire aussi : Morgan Aero 8), et que Mitsuoka dispose de filiales aux USA et en Thailande. Enfin, au Japon, Mitsuoka, c’est aussi un réseau de concessionnaires (dont VW-Audi) qui représente 54 % du chiffre d’affaire du Groupe (la production de voitures ne pèse, elle, que pour 7 %).

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