Avec 630 ch et un look ravageur, cette nouvelle Maserati pourrait bien redevenir une vraie rivale de Ferrari
Article

Avec 630 ch et un look ravageur, cette nouvelle Maserati pourrait bien redevenir une vraie rivale de Ferrari

Par Camille Delcourt - 29/05/2026

La MC20 change de nom, mais pas seulement d’écusson. Avec la MCPURA, Maserati promet surtout une évolution subtile de sa supercar, sans révolution technique annoncée. Pourtant, volant en main, cette Cielo de 630 ch paraît plus sérieuse, plus cohérente et plus rassurante qu’avant. Une bonne nouvelle, surtout quand le V6 Nettuno envoie 730 Nm aux roues arrière.

La Maserati MCPURA prend le relais de la MC20 avec une discrétion presque trompeuse. Officiellement, la supercar du Trident se contente d’un nouveau nom, de quelques retouches esthétiques et d’un habitacle légèrement revu. Mais sur la route, cette version Cielo découvrable donne une impression différente : celle d’une voiture plus homogène, mieux tenue et plus facile à exploiter à bon rythme, sans renier son tempérament très performant.

Une MC20 devenue MCPURA

Lorsque Maserati présente la MC20 en 2020, le message est clair : le constructeur italien veut revenir dans le monde des supercars. La marque n’y avait plus vraiment occupé le terrain depuis 2005 et l’extraordinaire MC12, étroitement liée à la Ferrari Enzo et animée elle aussi par un V12. Le nom MC20 signifiait Maserati Corse 2020. Il rappelait l’ancrage sportif de la maison, mais aussi son envie de renouer avec son histoire en compétition. Pour réussir ce retour, Maserati n’avait pas choisi la facilité. Sous une silhouette élégante, latine et musclée, la MC20 cachait une vraie architecture de haut niveau.

Sa coque en composite renforcé de fibre de carbone avait été développée avec Dallara, un spécialiste bien connu des voitures de course. De nombreux éléments de carrosserie et d’habillage utilisaient également ce matériau. Les trains roulants reposaient sur des doubles triangles superposés, une solution sérieuse pour une sportive de ce niveau.

Le V6 Nettuno reste au centre du jeu

La pièce maîtresse demeure le moteur Nettuno. Ce V6 3,0 litres biturbo développe 630 ch et 730 Nm dès 3 000 tr/mn. Il s’est distingué dès son lancement par une technologie encore rare sur un bloc essence de série : des préchambres de combustion.

Cette solution aide le moteur à respecter les normes de dépollution, tout en dépassant les 200 ch par litre. Sur le papier, le résultat reste impressionnant. La fiche technique de la Maserati MCPURA Cielo 2025 annonce une alimentation au sans plomb 95, 630 ch, 730 Nm et un poids de 1 475 kg. A l’heure du restylage de mi carrière, Maserati n’a pas touché à ces fondamentaux. La situation économique de la marque n’incitait d’ailleurs pas à engager de lourds développements. La MCPURA conserve donc la base technique de la MC20, en coupé comme en découvrable.

Des retouches visibles, mais mesurées

La transformation extérieure reste légère. Maserati a principalement revu les boucliers. A l’avant, la MCPURA adopte un profil en nez de requin inspiré de la GT2 Stradale, variante plus radicale arrivée à la mi 2025.

L’arrière évolue davantage. Les sorties d’échappement sont désormais plus espacées, afin d’aider l’extracteur inférieur à mieux fonctionner. L’ensemble reste proche de la MC20, mais le dessin gagne un peu en présence.

Pour ceux qui veulent affirmer davantage le caractère sportif de la voiture, Maserati propose aussi un imposant aileron en carbone. L’option coûte 4 800 € et s’inspire elle aussi de la GT2 Stradale. La personnalisation extérieure ne s’arrête pas là. De nouvelles teintes apparaissent, avec des prix très élevés : de 6 000 à 20 400 € pour les plus spéciales. Le pack carbone extérieur, qui ajoute de la fibre apparente sur les bas de caisse et certaines zones des boucliers, réclame 34 800 €.

Un habitacle plus Alcantara que cuir

Les portes en élytres restent l’un des grands moments de cette Maserati. Spectaculaires, elles ont aussi un avantage pratique : elles facilitent l’accès à bord et la sortie de la voiture mieux que des ouvrants classiques.

A l’intérieur, la MCPURA évolue surtout par ses matières. L’Alcantara remplace désormais le cuir de série. Ce dernier reste disponible via la finition Fuoriserie, à partir de 8 280 €. Le volant change lui aussi. Il adopte des méplats censés améliorer la vision vers la route. En pratique, ce dessin n’est pas forcément idéal sur les parcours sinueux, où il faut beaucoup manipuler le volant dans les virages serrés.

Heureusement, Maserati a conservé les longues palettes fixes derrière le volant. Elles commandent la boîte double embrayage à 8 rapports fournie par Tremec, équipementier mexicain. Comme une grande partie de l’habitacle, ces palettes peuvent passer en fibre de carbone via un pack facturé 4 800 €. La liste d’options reste immense, avec une personnalisation très poussée et des tarifs souvent vertigineux. Selon Maserati, les évolutions s’arrêtent là. Aucun changement technique n’est officiellement revendiqué.

Un V6 toujours plein, mais pas très lyrique

Sur route, la mécanique ne surprend pas vraiment. On retrouve le V6 Nettuno tel qu’on le connaissait. Il pousse déjà fort dès 2 000 tr/mn, devient franchement agressif à partir de 2 400 tr/mn, puis continue de grimper avec vigueur jusqu’à 8 000 tr/mn. Malgré les 1 475 kg annoncés pour cette Cielo découvrable, un chiffre vraisemblablement donné à sec, les performances restent féroces. Maserati promet un 0 à 100 km/h en 2,9 secondes avec le launch control activé.

La motricité n’est toutefois pas le plus grand talent de cette supercar. Même avec d’énormes Bridgestone Potenza Sport en 305/30 R20 à l’arrière, le train arrière doit composer avec un couple très généreux. Ce V6 de seulement 3,0 litres impressionne par son allonge et sa force. Il convainc moins par son caractère sonore. Très linéaire et doté d’une voix rauque, il ne procure pas l’envolée musicale que l’on associait aux grands V8 Maserati. Même toit ouvert sur la Cielo, il manque cette part d’opéra mécanique qui faisait autrefois la magie de la marque.

Une boîte rapide, douce et bien calibrée

La transmission, elle, reste convaincante. La boîte double embrayage à 8 rapports sait se montrer très douce lorsque l’on roule tranquillement. En mode Sport, accélérateur largement ouvert, elle devient nettement plus rapide. En mode manuel, elle ajoute même un petit à coup volontaire lors des passages de rapports à pleine charge. Cela donne une sensation plus course, sans tomber dans la brutalité gratuite. Sur ce point, la MCPURA conserve les qualités de la MC20. La différence ne vient donc pas de la mécanique ni de la transmission, mais bien du comportement routier.

Des réglages de suspension qui changent tout

C’est là que cette MCPURA surprend. Maserati ne l’annonce pas, mais les suspensions semblent avoir évolué. La direction reste trop assistée, ce qui limite la lecture de l’adhérence. Sur une voiture aussi rapide, un peu plus d’information dans le volant ne ferait pas de mal. En revanche, l’amortissement paraît bien mieux tenu. La MC20 pouvait sembler trop souple lorsque le rythme augmentait. En usage GT, ce réglage offrait un bon confort grâce à l’amortissement piloté. Mais dès que l’on exploitait le moteur, la voiture avait tendance à rebondir sur les déformations et à perdre de l’adhérence.

Avec la MCPURA, l’équilibre paraît plus abouti. Comme si les ingénieurs s’étaient inspirés de la GT2 Stradale, plus rigoureuse, les ressorts et l’amortissement semblent moins orientés grand tourisme. En modes Sport et Corsa, la voiture se tient mieux et supporte davantage une conduite dynamique.

Plus de confiance, plus d’efficacité

Mieux contrôlée dans ses mouvements de caisse, la MCPURA garde plus facilement ses roues au contact de la route. L’ABS intervient moins vite, l’adhérence en courbe paraît plus constante et la voiture inspire davantage confiance.

Elle ne rejoint pas encore la rigueur d’une Ferrari, d’une Lamborghini ou d’une McLaren en conduite sportive. Ces rivales restent plus affûtées et plus efficaces lorsque l’on hausse vraiment le ton. Mais la Maserati progresse nettement. Elle peut désormais être menée très vite avec moins d’arrière pensées. Il faut simplement garder en tête que les 730 Nm du Nettuno peuvent encore bousculer le train arrière en sortie de virage si le pied droit manque de finesse. Cela reste vrai même avec le différentiel arrière piloté optionnel à 2 400 €.

Toujours capable de jouer les GT

Le plus appréciable, c’est que cette amélioration dynamique ne détruit pas son côté grand tourisme. En mode GT, la MCPURA Cielo sait encore se montrer douce et agréable pour une promenade tranquille. Le toit vitré ajoute une touche particulière. On peut rouler à ciel ouvert, le refermer si la météo se gâte, ou l’opacifier grâce à sa fonction électrochromatique lorsque le soleil devient trop présent. L’ouverture du toit demande 20 secondes et peut se faire jusqu’à 50 km/h.

Tout n’est pas parfait pour autant. L’écran central de 10,25 pouces est placé un peu bas, et il impose de passer par de nombreux menus et sous menus. Chauffage, climatisation, toit, obscurcissement du vitrage : trop de fonctions passent par cette interface, ce qui complique inutilement l’usage.

Une splendeur à prix très Maserati

La MCPURA Cielo reste une machine magnifique. Sa ligne conserve l’élégance de la MC20, son moteur garde des performances impressionnantes et son comportement gagne en sérieux. Reste la question du tarif. Maserati annonce un prix de départ à 263 550 €, avant les options, souvent très coûteuses, et avant l’énorme malus. Avec quelques choix de personnalisation, l’addition peut vite s’envoler. La Maserati MCPURA Cielo ne réinvente pas la MC20, mais elle la rend plus aboutie, plus exploitable et finalement plus désirable.

Autos similaires en vente

Barnes Exclusive
Maserati Ghibli Spyder 4.7
Maserati Ghibli Spyder 4.7
Maserati Ghibli Spyder 4.7
Maserati Ghibli Spyder 4.7
Maserati Ghibli Spyder 4.7
Barnes Exclusive
Maserati 3500 Gt Vignale Spyder
Maserati 3500 Gt Vignale Spyder
Maserati 3500 Gt Vignale Spyder
Maserati 3500 Gt Vignale Spyder
Maserati 3500 Gt Vignale Spyder
Barnes Exclusive
Maserati Mexico 4.7 Coupé Frua
Maserati Mexico 4.7 Coupé Frua
Maserati Mexico 4.7 Coupé Frua
Maserati Mexico 4.7 Coupé Frua
Maserati Mexico 4.7 Coupé Frua
Barnes Exclusive
Maserati Khamsin Série 1
Maserati Khamsin Série 1
Maserati Khamsin Série 1
Maserati Khamsin Série 1
Maserati Khamsin Série 1

Carjager vous recommande

Nicolas Fourny / 12 nov. 2025

Maserati Shamal : flamboyante apothéose

« La Shamal était censée couronner la gamme en retrouvant le prestige du V8 »
Italienne
Maserati
V8
Nicolas Fourny / 12 nov. 2025

Maserati Indy : une Ghibli pour la famille

« L’Indy séduit aujourd’hui une petite tribu de connaisseurs qui savent apprécier sa noblesse et son ardeur mécanique »
Classic
Italienne
Maserati
Nicolas Fourny / 12 nov. 2025

Maserati Quattroporte I : la discrète épopée d'une pionnière

« Contrairement à ses concurrentes, la Quattroporte n’a pas eu besoin d’aller chercher son moteur sur les triviales étagères de Detroit »
Classic
Italienne
Maserati
Nicolas Fourny / 12 nov. 2025

Maserati Mistral : les charmes ambigus de l'obsolescence

« La Mistral se singularise par une ligne de caisse inhabituellement basse, autorisant des vitrages particulièrement généreux »
Classic
Italienne
Maserati
Nicolas Fourny / 12 nov. 2025

Maserati Ghibli : il n'y a pas que la Daytona dans la vie !

« Grâce à l’importance du couple disponible, la Ghibli se plie sans sourciller à tous les styles de conduite, du plus paisible au plus impétueux »
Classic
Ghibli
Maserati
Nicolas Fourny / 12 nov. 2025

Maserati Quattroporte II : en avant toute (mais pas longtemps)

« La Quattroporte II apparaît tout à la fois comme l’une des Maserati les plus énigmatiques et comme l’une des Citroën les plus secrètes »
Citroën
Classic
Italienne
Nicolas Fourny / 12 nov. 2025

Maserati Merak : une GT à bout de souffle

« Quand on les compare de l’extérieur, les différences stylistiques entre la Merak et la Bora relèvent du détail et le béotien les confondra volontiers car, jusqu’au montant B, les deux autos sont à peu près identiques, au design de leurs jantes près »
Italienne
Maserati
V6
Nicolas Fourny / 12 nov. 2025

Maserati MC12 : ne l’appelez pas Ferrari !

« Bien plus rare qu’une Enzo construite à 400 exemplaires, la supercar de chez Maserati n’a, contrairement à sa cousine, connu aucune descendance »
Citroën
F40
Ferrari

Vendre avec CarJager ?

Voir toutes nos offres de vente