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Mercedes 500 GE : les débuts de la démesure !

PAUL CLÉMENT-COLLIN - 7 avr. 2020

En ce début des année 90, Mercedes avait décidé de quitter son costard-cravate un peu étriqué pour une tenue plus casual chic : sans tomber dans le survêtement Tachini façon BMW, la marque à l’étoile préférait rester dans une posture un brin bourgeoise, mais plus cool, en glissant lentement vers plus de sportivité. Les 190 E 2.3-16 puis 2.5 avaient montré la voie en fin de décennie précédente, mais c’était sans doute un peu trop voyant pour Mercedes. Au lieu de cela, en 1990, c’était la 500 E qui étrennait un gros V8 sous une robe quasi inchangée pour 320 chevaux sous le capot, tandis qu’AMG préparait en douce une C36 capable de dynamiser la Classe C sans tomber dans l’exubérance de la bavaroise M3. Seule entorse à cette ligne de conduite, l’étonnante 500 GE présentée en mars 1993 qui sonnait le top départ d’une dangereuse dérive vers le bling-bling.

Du sport, oui, mais discrètement

Revenons en 1990. Cette année-là, les dirigeants de Daimler-Benz entraînent Mercedes vers un peu plus de punch. Certes, la 190 E 2.5-16 est encore au catalogue, mais la gamme manque cruellement de sportivité. À Munich, grâce à son département Motorsport, BMW glisse de plus en plus vers le sport et n’hésite pas à le montrer. M3 et M5 dynamisent la gamme du bavarois et, à Stuttgart, on décide de réagir. La stratégie adoptée s’avèrera pourtant différente. Mercedes n’a pas de division sportive et doit, pour apporter plus de niaque à ses modèles, passer par des partenaires. Avec la 500 E (qui deviendra par la suite E 500), c’est Porsche qui sera mis au boulot pour produire une berline aux atours de bourgeoise, mais avec 320 chevaux sous le capot et 8 cylindres en V.

Discrètement, Mercedes envoie un message à BMW, mais aussi à la clientèle : alors que la M5 (E34) de l’époque propose 315 chevaux d’un 6 cylindres en ligne, la 500 E offre donc 5 chevaux et deux cylindres de plus. Le tout bénéficiant de l’aura de Porsche. Certes, la M5 est plus vive, et sans doute plus alerte, mais la 500 E, plus coupleuse, distille plus de souplesse. Cette première étape permet à Mercedes d’entreprendre la suivante : concurrencer la M3 avec une voiture elle aussi puissante, mais dans la même veine que la 500 E : une autre philosophie en somme. Cette fois-ci, c’est avec le préparateur AMG que Daimler-Benz va s’allier (AMG ne deviendra une filiale que plus tard) pour préparer la future C36.

Glisser un V8 dans une G W463

Mais en attendant, cette montée en puissance donne des idées aux ingénieurs et cadres de Stuttgart : alors que le Range Rover dispose d’un V8 sous le capot depuis sa création, pourquoi ne pas faire la nique aux Anglais en glissant un tel bloc sous le capot du “G-Wagen” produit à Graz depuis 1979 ? Le chiffre “500” semble faire rêver la clientèle, tant sous le capot d’une E W124 que sous celui d’une SL W129 voire d’une S W140 récemment sortie ! Pourquoi ne pas proposer une nouvelle locomotive pour entraîner la gamme G W463 et faire rêver la populace ?

À cette époque, le marché du 4×4 n’est pas ce qu’il est aujourd’hui : on ne parle pas encore de SUV et sur ce créneau, on ne trouve guère que les Japonais, le Range, et bien entendu Mercedes. La folie n’est pas encore totalement là et chez Mercedes, l’opération ne peut être qu’un coup d’image sans trop de risques industriels : on se contentera donc de faire une série limitée à 500 exemplaires, conscient que la cible visée est encore réduite. Et qui dit série limitée dit quasi-artisanat.

Équipement pléthorique

AMG avait déjà proposé une drôle de version du G dotée d’un V8, le 280 GE V8, à destination d’une clientèle du Golfe un peu excentrique. Cette fois-ci Mercedes y a mis du sien pour rester raisonnable : extérieurement, le 500 GE ne diffère pas beaucoup du 300 GE le plus haut de gamme, si ce n’est le pare-buffle et les marche-pieds chromés, ainsi que des jantes alu spécifiques de 16 pouces . En revanche, à l’intérieur, tout y est. Le cuir à foison, du bois un peu partout (tableau de bord, certes, mais aussi pommeau de BVA, et, comble du luxe, poignée de frein à main), et la totale en matière d’équipement.

Le Classe G était fabriqué en Autriche chez Steyr-Puch qui le distribuait sous la marque Puch… Trois exemplaires du 500 GE reçurent le badge « P » pour le marché autrichien.

Ce n’est pas compliqué, tout est en série : BVA, ABS, climatisation, Radio K7, régulateur de vitesse, rétros électriques, sièges chauffants, toit ouvrant et vitres électriques. Cela semble un équipement standard aujourd’hui, mais à l’époque, peu de voitures pouvaient se targuer d’une telle panoplie, encore moins un 4×4 ! Mais tout cela a un coût : panoplie complète + fabrication artisanale = tarif démentiel ! Il faut à l’époque débourser la coquette somme de 674 000 francs pour s’offrir ce summum. N’oubliez pas que le principal concurrent, le Range Rover, dans sa version la plus haut de gamme Vogue LSE, avec un V8 de 200 chevaux et autant d’accessoires, ne coûte “que” 350 000 francs, presque deux fois moins.

Cet exemplaire autrichien est l’un des 3 « Puch » 500 GE (la totalité de la gamme était disponible sous ce label)… Regardez le blason !

D’autant que, côté moteur, Mercedes la joue pingre. Pas question de mettre le M119 des 500 E ou SL : le 500 GE devra se limiter au M117, un V8 de 5 litres, mais qui date de 1971, et qu’on trouvait auparavant sur les SL R107 ou les Classe S W126 rangées au placard depuis quelques années. Avec 231 chevaux et seulement 2 soupapes par cylindres, on est loin des 320 du M119. Cela dit, à ce moment-là, on doute encore de la pertinence de plus de 300 chevaux pour un 4×4.

La course à la puissance

Cher, le 500 GE fera rêver les gamins, mais n’arrivera pas à atteindre l’objectif fixé : seuls 446 exemplaires sortiront des usines autrichiennes de Steyr-Puch, à Graz. Une rareté qui fait de lui désormais un collector, mais un semi-échec à l’époque. Enfin, pas tout à fait car ce premier essai permettra à Mercedes de peaufiner son projet : désormais, le G allait quitter le domaine de l’utilitaire pour devenir une référence du luxe. À partir de 1997, le G 500 fera son apparition dans la gamme comme un modèle standard, avec 292 chevaux, donnant le top départ de la surenchère : G55 AMG, G63 AMG V12 pour commencer avant d’arriver à nos années modernes où les puissances dépassent allègrement les 400 chevaux voire même les 600 pour les récents G55 AMG. Des voitures désormais plutôt destinées aux footballeurs qu’aux gentlemen farmers.

La 500 GE est intéressante en collection car elle est justement l’origine de cette surenchère, tout en restant relativement sobre et de bon goût (ce qui n’est pas toujours le cas aujourd’hui). Son look intemporel fait toujours son petit effet, tout comme le logo 500 à l’arrière et le son à l’échappement. Enfin, elle conserve cette aura des séries limitées et du titre de 4×4 le plus cher du monde à son lancement. Si vous cherchez d’autres raretés du même genre, sachez qu’à la même époque AMG proposa une version G36 (dotée du 6 en ligne de la C36) tandis que Brabus gonflera le V8 à 6 litres sur 13 exemplaires de 500 GE. Encore mieux : le Puch 500 GE illustrant cet article n’a, lui, été produit qu’à 3 exemplaires pour les marchés autrichiens et suisses !

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