“Pas la moindre menace” : pourquoi il reste serein face aux supercars chinoises
L’irruption de la Chine sur le marché des supercars, via des modèles électriques et hybrides de plus en plus puissants, fait couler beaucoup d’encre. Mais alors que certains concurrents s’inquiètent de cette vague venue d’Asie, le patron de Lamborghini, Stephan Winkelmann, affiche une confiance constante. Pour lui, la marque italienne évolue dans une autre sphère, celle où la passion mécanique et l’aura du constructeur jouent un rôle déterminant, bien au-delà de la seule performance brute.
Supercars chinoises : la poussée des chiffres choc
Récemment, l’offensive des constructeurs chinois de sportives électriques s’est concrétisée à grande vitesse. La Denza Z, présentée lors du Festival of Speed de Goodwood, incarne cette nouvelle génération extrême. Dotée de près de 1 600 chevaux, capable d’atteindre 100 km/h en moins de deux secondes et visant une vitesse de pointe de 350 km/h, elle débarque sur le marché français à partir de 156 300 euros. À première vue, l’écart de tarif est saisissant face à la Lamborghini Revuelto, affichée autour de 550 000 euros, malgré ses 1 015 chevaux issus d’un V12 hybride rechargeable.
Technique et software : la nouvelle partition des marques chinoises
La Denza Z n’est pas une exception. Au sein du groupe BYD, Yangwang a récemment impressionné avec l’U9. Cette supercar électrique de 1 300 chevaux n’est pas encore proposée en France, mais fait déjà parler d’elle grâce à ses suspensions actives capables de véritables sauts. Ces nouveaux modèles dessinent le portrait d’une Chine qui sait rivaliser sur la fiche technique, tout en conservant un avantage tarifaire certain.
Lamborghini : cap sur les émotions, pas sur la fiche technique
Pour Stephan Winkelmann, interrogé par Auto Express, les supercars électriques venues d’Orient ne peuvent pas encore prétendre inquiéter le constructeur de Sant’Agata Bolognese. À ses yeux, les motorisations électriques les placent dans une catégorie à part. Il concède que certains fabricants chinois ont une longueur d’avance sur le plan logiciel, mais il insiste sur un point fondamental : ces modèles ne parviennent pas à retranscrire « la sonorité, les sensations et l’image » patiemment élaborées par Lamborghini.
L’attachement à l’ADN Lamborghini oriente la stratégie
Ce positionnement se reflète aussi dans la prudence affichée par la marque italienne quant au passage au tout électrique. Le concept Lanzador, dévoilé en 2023 comme prélude à un futur modèle à batterie, donnera finalement naissance à une variante hybride rechargeable. La première Lamborghini 100 % électrique ne fera pas son apparition avant 2030. Selon la direction, la technologie actuelle n’offre pas encore le raffinement attendu par la marque pour tenir son rang.
Un luxe à part face à l’évolution du marché
La sérénité de Lamborghini n’est pas sans fondement. Dans le secteur du luxe, les dynamiques échappent aux logiques du volume ou des simples performances. Le PDG en a conscience : alors que des pans entiers de la population se paupérisent, le nombre de milliardaires continue d’augmenter, ce qui soutient la demande pour des automobiles d’exception. Les carnets de commandes qui débordent chez Ferrari, malgré la chute de sa valorisation boursière ou le lancement mitigé d’un nouveau modèle, illustrent cette tendance. De nouveaux clients fortunés prennent progressivement la relève des anciennes générations.
Des incertitudes reconnues, mais une confiance maintenue
Lamborghini n’ignore pas qu’un bouleversement est toujours possible. Stephan Winkelmann reconnaît lui-même que l’avance des acteurs chinois en design, en châssis et surtout en logiciels pourrait changer la donne. Mais tant que la magie propre à la marque italienne continuera de séduire, ses dirigeants ne perçoivent aucune menace immédiate.
Dans le monde fermé des supercars, la domination ne se joue pas uniquement à coups de puissance ou d’accélérations fulgurantes, mais dans la subtilité des sensations et de l’image qui, pour Lamborghini, restent hors d’atteinte de l’offensive chinoise actuelle.
