Personne ne comprend pourquoi cette Aston Martin à 252 000 € rivalise avec une Vanquish à deux fois son prix
Dans la famille Aston Martin actuelle, la DB12 occupe une place à part. Elle descend de cette lignée DB qui a façonné l’image de la marque, de la DB5 associée à James Bond jusqu’aux DB7, DB9 et DB11, souvent citées parmi les plus élégantes GT de leur époque. Depuis la grande mise à jour engagée à partir de 2023, elle reçoit désormais une variante S, plus puissante et plus démonstrative, sans renoncer à ce qui fait son charme : une silhouette spectaculaire, une vraie vocation de voyage et un prix inférieur à celui de la très élitiste Vanquish.
Une fiche qui la rapproche du sommet
Cette Aston Martin DB12 S annonce 700 ch, un poids à sec de 1 685 kg et un 0 à 100 km/h réalisé en 3,5 secondes. Le coupé débute à 252 100 €, tandis que le cabriolet réclame 268 300 €. Ces chiffres la placent dans une zone très sérieuse de la gamme. Elle reste moins exclusive que la Valhalla, volontairement mise à part, mais elle se rapproche dangereusement de la Vanquish sur le terrain des performances. Voilà ce qui rend cette version intéressante : elle promet beaucoup du prestige et du rythme du haut de gamme, tout en conservant une approche moins radicale et moins coûteuse.
Une même base pour toute la famille deux portes
En dehors de la Valhalla, les Aston Martin deux portes actuellement commercialisées partagent toutes un socle technique commun. Cette architecture de châssis est apparue en 2016 avec la DB11, avant de servir à la Vantage puis à la DBS Superleggera.
Depuis, la marque a changé de cap, de direction et d’actionnariat. Autour de Lawrence Stroll et d’Adrian Hallmark, désormais patron de Gaydon, Aston Martin continue pourtant de miser sur cette famille de modèles profondément revue. Les évolutions introduites depuis 2023 concernent le châssis, l’électronique intérieure, le moteur, les amortisseurs adaptatifs Bilstein DTX et le différentiel arrière actif.
Une gamme désormais bien redistribuée
La Vanquish, lancée en 2024, a pris la place de la DBS Superleggera au sommet des grandes GT de la marque. La Vantage, améliorée un peu plus tôt, conserve le rôle de porte d’entrée sportive. La DB12, apparue à la fin de l’année 2023, reste le modèle central en configuration 2+2. Elle affronte directement des références comme la Bentley Continental GT, la Ferrari Amalfi ou la Maserati GranTurismo. Cette version S vient donc renforcer une auto déjà stratégique pour Aston Martin.
Le label S gagne du terrain
Depuis quelques mois, Aston Martin décline aussi ses Vantage et DB12 en version S. Le DBX essayé plus tôt cette année suit la même logique. L’idée est simple : offrir davantage de puissance, une présentation plus offensive et une identité plus musclée à des clients qui veulent une Aston moins sage. Sur une DB12, cette démarche pouvait pourtant inquiéter. Toucher à la ligne d’une grande GT Aston Martin revient presque à marcher sur du verre. Cette voiture existe justement parce qu’elle sait mélanger beauté, prestance et sportivité sans tomber dans l’excès visuel.
Une agressivité qui ne gâche pas l’élégance
La DB12 S mesure 4,72 mètres de long et reçoit plusieurs détails spécifiques. Les boucliers avant adoptent des extrémités plus travaillées, les grosses doubles sorties d’échappement sont disposées en étages, une lèvre en carbone prend place sur la malle arrière et les jantes adoptent un dessin propre à cette version. Ces ajouts auraient pu déséquilibrer la ligne. En réalité, ils ne détruisent pas l’élégance de l’ensemble. La DB12 reste probablement l’Aston Martin la plus séduisante du moment, celle qui incarne le mieux cette idée très britannique du Grand Tourisme, entre distinction et puissance. Face à une Ferrari Amalfi, une Bentley Continental GT ou une Maserati GranTurismo, elle garde de solides arguments à l’applaudimètre.
Des détails de style aussi présentés comme techniques
Aston Martin ne présente pas seulement ces changements comme des éléments décoratifs. Les équipes de communication de la marque expliquent que certaines modifications répondent aussi à des besoins mécaniques, notamment pour améliorer le refroidissement de plusieurs organes.
L’approche reste donc cohérente avec l’esprit de cette version S. Elle doit paraître plus affûtée, mais sans devenir caricaturale. C’est probablement là que la DB12 S marque des points : elle montre les muscles sans oublier qu’une Aston Martin doit d’abord savoir séduire.
Un habitacle connu, luxueux, mais pas parfait
À bord, la DB12 S reprend la planche de bord de la DB12 classique. Celle ci est identique à celle de la Vanquish et proche de celle de la Vantage. L’ensemble conserve une présentation moderne, avec une interface numérique développée par Aston Martin.
Cette interface reste toutefois seulement correcte en matière de réactivité et d’agrément. Elle accepte Apple Carplay Ultra, inauguré sur le DBX, mais l’expérience ne transforme pas réellement l’usage au quotidien. En revanche, la qualité des matériaux demeure superbe, comme souvent chez Aston Martin.
Une vraie voiture pour deux
Comme beaucoup de GT de ce niveau, la DB12 S promet officiellement une configuration 2+2. Dans les faits, les places arrière ne permettent pas d’installer correctement des adultes. Bentley Continental GT et Maserati GranTurismo font mieux sur ce point.
Le coffre de 262 litres sauve en revanche la vocation voyageuse de l’auto. Deux personnes peuvent réellement partir loin avec leurs bagages, quitte à utiliser les sièges arrière pour quelques affaires supplémentaires. Cela rappelle que la DB12 S n’est pas seulement une machine de performance, mais aussi une vraie compagne de route.
Avec sa ligne intacte, ses 700 ch et son positionnement plus raisonnable que celui de la Vanquish, la DB12 S pourrait bien être l’Aston Martin la plus désirable du moment.
