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Peugeot 508 PSE : un nouveau jalon pour Peugeot

PAUL CLÉMENT-COLLIN - 22 sept. 2020

Les commentaires aperçus sous les publications Facebook ou d’ailleurs présentant la future Peugeot 508 Peugeot Sport Engineered sont affligeants : alors qu’enfin Peugeot sort du bois avec un modèle réellement sportif de sa récente berline, les ingénieurs de comptoir sont de sortie pour asséner leurs vérités souvent lapidaires et surtout rarement argumentées. Biberonnés à l’Allemande depuis des décennies, ils en viennent à rejeter toute tentative hexagonale tant l’étoile, l’hélice ou les anneaux ont atrophié leurs cerveaux. Il faut bien l’admettre cependant : les marques françaises ont tout fait pour en arriver là, refusant toute velléité sportive à leurs grandes berlines, sauf exception, abandonnant tout moteur de plus de 4 cylindres et laissant la place, in fine, aux constructeurs d’Outre-Rhin qui n’en demandaient pas tant. Aussi, il semble important de soutenir cette initiative venue de Sochaux : parlons donc de cette 508 PSE.

Ce week-end, dans la Sarthe, Jean-Philippe Imparato, le dynamique DG de Peugeot, annonçait le retour de la marque en endurance en général et aux 24 Heures du Mans en particulier. Sur la grille de départ du circuit manceau, la 908 vainqueur en 2009 côtoyait la 508 PSE, futur haut de gamme du Lion. Cette dernière avait déjà été présentée en février 2020, annonçant un couple de 500 Nm sans préciser la puissance réelle de l’auto. Une indication avait pourtant filtré à l’occasion du communiqué de presse de présentation de la nouvelle DS9 : la berline premium précisait le mix d’un 1.6 PureTech de 225 chevaux et de deux moteurs électriques pour une puissance totale de 360 chevaux (et quatre roues motrices). C’était a minima ce que l’on pouvait espérer pour la Peugeot 508 PSE. Certains attendaient plus, il faudra s’en contenter.

Commentateurs de comptoir face aux décisions stratégiques

Évidemment, la horde des commentateurs ne s’est pas privée de dire tout le mal qu’ils pensaient d’une telle initiative, confirmant une bonne fois pour toutes que, décidément, la France n’est pas un pays de “bagnolards”. Là où le véritable amateur se réjouirait d’une montée en gamme et en puissance salutaire, menée par des “car guys” tels que Carlos Tavares ou Jean-Philippe Imparato, les “yakafokon” du Net préfèrent nettement cracher dans la soupe, montrant sans cesse du doigt “l’exemple” allemand qui maintient encore des V6 ou des V8 sous les capots de ses berlines haut de gamme. Mais pour combien de temps ?

Qu’une berline haute performance de cette gamme apparaisse chez Peugeot est en soi un signe. La marque sochalienne s’était souvent contentée de sportives compactes, comme la 104 ZS, la 205 GTi, la 309 GTi-16 ou la 306 S16. La 405 dans ses versions Mi16 ou T16 fut une parenthèse, quand la grande berline 605 se contentait de 200 chevaux au maximum pour sa SV24. Pendant les années 2000, le sport fut mis au placard, et il faudra attendre le RCZ puis la 308 GTi pour voir Peugeot revenir avec un peu d’ambition. Côté haut de gamme, ni les 604 (même dans sa version GTI), ni les 505 (que ce soit en V6 ou en Turbo Injection), ni les 607 plus tard (malgré une fausse promesse avec la 607 Pescarolo) n’osèrent réellement affronter les allemandes sur le terrain de la puissance.

Le choix dans l’air du temps du sport et de l’écologie

À l’heure du tout SUV, Peugeot avait déjà fait le choix audacieux de parier aussi sur une berline, la 508. Mais cette dernière plafonnait à 225 chevaux soit en tout essence, soit en hybride. Avec cette proposition PSE, la marque montre clairement son ambition : face à une réglementation de plus en plus rigide et pénalisante pour les gros moteurs, Peugeot fait le pari du sport à faible émission. La 508 PSE émet moins de 50 g/km de CO2, échappant ainsi à tout malus autre que celui du poids qui se profile avec le projet de Barbara Pompili. Les Cassandre abonnées aux commentaires ne manqueront pas de dire : “cela ne se vendra jamais”. Et alors ? Audi ne s’est pas plus faite en un jour que Rome. Il a fallu d’abord se gameller, monter patiemment en gamme, avec ses Audi 100200 ou V8 d’abord, puis consolider avec l’A6 et l’A8, avant de petit à petit s’imposer dans le premium/sportif.

Avec un système hybride permettant d’échapper au malus et procurant puissance et transmission intégrale, avec 360 chevaux et un look encore d’actualité, rehaussé par un kit sportif d’assez bel effet, la 508 PSE viendra, comme en son temps la 308 GTi, dynamiser la gamme et accentuer encore la progression réelle ou ressentie de Peugeot, une marque qui, selon un récent sondage, dépasse en termes d’image et sur le marché français les fameux constructeurs allemands qui, pour certains, semblent avoir du mal à envisager la transition inéluctable vers le downsizing et l’hybridation (voire le tout électrique).

Une marque avec le vent en poupe

En quelque sorte, Peugeot pose un jalon. Jamais la marque n’avait proposé de série quelque chose d’aussi puissant. Jamais elle n’avait dégagé autant d’assurance malgré un épisode COVID-19 dévastateur pour bien des trésoreries de concurrents, et la très probable fusion avec FCA valide les capacités de PSA à bien faire, à redresser des marques pourtant réputées structurellement déficitaires (Opel) tout en préservant une certaine identité. La 508 PSE n’est pas un enjeu de volume, mais bel et bien d’image et de technologie.

Bref, réjouissons-nous qu’une telle proposition soit rendue publique et commercialisée prochainement au lieu de nous plaindre sur le mode “c’est mieux ailleurs” ou “c’était mieux avant”. Beaucoup aujourd’hui regrettent la Safrane Biturbo mais combien étaient-ils pour oser en acheter une ? Renault à cette époque a sans doute manqué de persévérance alors que Peugeot, aujourd’hui, semble dans une tout autre dynamique. Le simple fait d’avoir investi dans le renouvellement de la 508 prouve la confiance en l’avenir qu’ont Tavares ou Imparato malgré un marché de la berline en déconfiture. Face à la timidité d’une Talisman, la 508 se débrouille, aide à vendre du SUV, tout comme la PSE offrira en plus du premium une image plus dynamique et sportive, quels que soient les volumes de vente de cette dernière.

Le début d’une nouvelle ère ?

Les oiseaux de mauvais augure ne savent, sur le Net, que tirer à boulets rouges, à la manière des millions de sélectionneurs de l’Équipe de France accoudés au comptoir et tweetant plus vite que leur ombre. Laissons faire les passionnés qui savent très bien quels sont les enjeux. Le pari n’est pas gagné, mais ce n’est pas une raison pour descendre Peugeot. Au contraire, cela laisse présager de belles choses à l’avenir, pour peu que la 508 PSE apporte ce petit supplément d’âme, cet indéfinissable charme, qui construisent patiemment l’image d’une marque. Ajoutez à cela le retour de Peugeot en catégorie Hypercar et vous obtenez une entreprise qui prend, selon moi, la bonne direction avec les moyens disponibles.

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